‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 152 sur 335 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Miniatures des manuscrits : Ancienneté de cet art comme embellissement bibliographique, et notice de plusieurs monuments remarquables, qui nous en restent, — - Importance historique des miniatures, considérées comme témoins des coutumes contemporaines de l’artiste; comme produits des légendes, eldes formes qui ont prescrit à diverses époques.

Les ornements calligraphiques passent souvent à la peinture par une transition presque insensible. Parmi les majuscules que les Bénédictins nomment anthropomorphiques , il en est qui ne sont point de pures fantaisies, mais que l'imagination du dessinateur a mises en rapport avec le texte. C’est ainsi que, dans les beaux manuscrits de Saint-Pierre de Salzbourg1, on trouve 1 1 capital du mot Johannes formé par une hgrire en pied de l’apôtre saint Jean, à laquelle sa tête symbolique d’aigle, environnée de l'auréole, semble servir de point. D’Agincourt2 en a transcrit d’autres, empruntées à un manuscrit grec du xi° siècle, où les petites scènes qui figurent les contours des initiales sont généralement relatives au sens du discours. D’autres fois, et même le plus souvent, le tracé de la lettre n’est qu’un cadre pour un petit tableau d’histoire. Mais, sans rechercher cette espèce de prétexte, le peintre réserve souvent des pag’es entières, ou les encadrements du texte, à des sujets où son imagination se donne carrière.

Cet usage, connu de l’antiquité3, fut appliqué de bonne heure par le Christianisme, et par les moines surtout, à la décoration des livres saints. La bibliothèque Laurentienne de Florence possède un évangéliaire syriaque, exécuté en 586 dans le monastère de Saint-Jean, en Mésopotamie, par le calligraphe Rabula. On y voit vingt-six de ces curieuses peintures4 5, conservées merveilleusement après douze siècles 3.

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