‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 161 sur 335 · Valéry, xv, 33. — D’Agincourt, l. c., pi · texte numérisé non relu

Valéry, xv, 33. — D’Agincourt, l. c., pi

9. Valéry, xv, 4; xx. 5; etc. — D’Agincourt, Endlicher, etc.; passim. Il se trouve même des diplômes et jusqu'à des registres illustrés, comme on dit; par exemple à Sienne.

MINIATURE AU MOYEN AGE. 153

certain air de copie s’y trahisse même quand nous ne pouvons désigner les originaux .La sève

franche et spontanée ne s’y faitjour ni par l’expression des personnages (attitude ou gesle),

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

ni par l’ornementation même qui est plus riche que vigoureuse. Vous diriez souvent que l’artiste possédait un vaste portefeuille bien g’arni de motifs compilés pour toute occurrence, mais qu’il en fait usag’e en industriel jaloux de vider ses cartons pour en tirer bon parti avant sa mort. Nature morte ou vivante, joaillerie et bijouterie s’y coudoient on ne sait trop pourquoi ; et la pensée seule est à peu près hors de cause, sauf ce qui s’en peut apercevoir dans de jolies images qui caressent le regard sans guère fixer Famé. En ce que les ateliers qualifient de tire-l’œil , j’accorde volontiers une éclatante supériorité à l’Italie du xvc siècle et de Léon X, pour la miniature; comme simplicité saisissante, généralement non. Notre J. Fouquet et les bons imagiers de nos livres d’heures ont une bien autre puissance; et qu’ils représentent des personnes, des insectes ou des végétaux, cela semble toujours pris sur le vif sans préoccupation industrielle. L’artiste paraît beaucoup plus songer à satisfaire son propre idéal qu’à toucher son salaire ou à terminer sa tâche.

L’idée de faire servir l’étude des miniatures à l’histoire des arts du dessin n’est point nouvelle, bien qu’elle n’ait pas encore été réalisée complètement; cependant il existe déjà des tentatives remarquables à ce sujet, et nous en donnerons plus tard quelque notion. Ce qui a été plus négligé jusqu’à nos jours, et ce qui n’est guère encore qu’à l’état d’ébauche, c’est la recherche de l’histoire civile et des antiquités du moyen âge, dans ces monuments curieux des mœurs et des coutumes de nos pères (je disais cela en 1839, et dois-je me rétracter beaucoup aujourd’hui?). Les planches de Willemin1, enfin complétées par un texte sérieux et plein d’érudition; la publication du musée de M. du Sommerard père2, et autres ouvrages à figures, avanceront singulièrement ce genre d’étude. Mais en attendant l’achèvement de ces travaux, on peut, sans crainte de venir trop tard, se permettre quelques détails sur ce sujet.

L’antiphonaire de Saltzbourgg publié en partie par M. K. Lind, renferme plusieurs détails curieux dont les analogues se retrouveraient encore aujourd’hui en pays allemand. Ainsi, dans le repas des noces de Cana (pi. 30), on voit sur la table une espèce de pain ou de gâteau en forme de lemniscate (approximativement). C’est encore de nos jours une friandise germanique assez semblable, sauf la forme, à ce qui s’appelait gimbelettes chez nous il y a soixante années. L’Allemagne a nommé cela Bretzeln ou Bræzeln, et à raison de trois courbes plus ou moins nettes qu’affecte cette pâtisserie, il est de bonnes âmes qui en ont fait un symbole de la Très-sain te -Tri ni té. Cela prouverait au moins que c’était pain en usage dans les repas des jours de fêtes depuis une époque très-reculée.

Un manuscrit du xme siècle, à Scheyren, peut nous donner l’idée du parti qu’on tirerait aisément des miniatures pour l’histoire littéraire. Le calligraphe, voulant y représenter (dans V [Jistoria scholastica) les diverses sciences par des figures allégoriques, peint l’Astronomie accompag’née dePtolémée, qui examine les astres au moyen d’un tube ou d’une lunette à quatre coulants3. U II or lus deliciarum de l’abbesse lierrade retraçait tout simplement l’As-

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