Cf. Maffei. — 10. AA. SS. Jun. t. I , p
MINUTEURS DU MOYEN AGE
lng-bert, qui sig-ne la bible de Saint-Paul, et s’y pique de laisser l’art italien derrière lui’. Il semble s’y déclarer peintre et calligraphe à la fois. Dag“ulf, déjà cité comme calligraphe, et dont on a un psautier à la bibliothèque impériale de Vienne2. Milon de Saint-Amand était contemporain de l’abbé Folcuin qui vivait à Lobes3.
Xe siècle. Godemann4, dont le bénédictional (pour Ethelwold, évêque de Winchester) est regnrdé, par les connaisseurs, comme une des plus gracieuses et des plus délicates productions des scriploria saxons. J’ai parlé des auteurs du Codex vigilanus, et de la collection de canons compilée ou transcrite à San Millan de la Cog’olla. A cette même époque appartiennent encore Marcellus, moine de Saint-Gall; Heldric, abbé de Saint-Germain d’Auxerre, mort en 1010 ; Adélard, abbé de Saint-Tron5; et saint Dunstan, dont il nous reste quelques ouvragées6. A Saint-Gall encore, Notker, le médecin, était peintre aussi7. S. Godehard (d’Hildesheim) laissa des œuvres de sa main à Niederaltaich 8. A Saint-Bertin , le moine Odbert Verig’g’o historiait de traits à la plume un psautier avec g*lose conservé aujourd’hui à la bibliothèque de Boulogne. Un beau ms. vu par le P. Arthur Martin entre les mains de M. de Horsbach, à Aix-la-Chapelle, s’annonce comme présenté à quelque empereur de la Maison de Saxe (Otto) par le moine Lutbar (. Liutharius ). Mais n’y faudrait-il pas voir l’abbé qui avait commandé l’œuvre, plutôt que l’artiste employé à l’exécution? Le monastère en aura bénéficié sans doute, mais le miniateur peut bien avoir été relégmé dans l’ombre de son atelier pour qu’il ne s’en fit pas trop accroire; on n’a point inventé cela de
à Chatsworth). — Mores ccitholici, 1. III, c. n. 15. Cf. Nouveaux Mélanges, t. I, p. 15-46; et Ij. t. pl. I
Godemann avait été chapelain de l’évêque de Winches- (p. 117, sv.).
ter, et devint en 970 abbé de Thorney. Voyez l’ouvrage de 10. Ibid., t. III, p. x-xij.
MÉLANGES d’aRCHÉOLOGIE.
mais parce qu’il n’est pas démontré (sans préjudice de l’avenir) si elle a vraiment mis la main ou seulement fait apposer son nom à des pages exécutées dans son monastère ’. Nous rencontrons dans l’histoire certains abbés, même très-illustres, auxquels la prélalure n’a pas fait oublier les travaux d’art exercés par eux avant leur élévation aux honneurs. Conclure de là que calligraphie et miniature fussent occupation quasi habituelle (et comme de plein droit) pour abbesses, c’est aller vite en besogne; et ce pas-là n’est pas le mien. Quoi qu’il en soit, le S. Matthieu (pl. YI) ci-joint1 2 donnera encore un échantillon fort curieux de l’école (atelier si l’on veut) qu’employait ou présidait la nonne en question. Notre évangéliste, comme celui de la pl. Il (§ xxiv, p. 134), est accompagné d’un fleuve du paradis terrestre; sur quoi l’on peut voir le n° 1328 du musée de Cluny, où une couverture d’évangéliaire porte l’agneau pascal entouré du Gyon (ou Geon), Phison, Tigris et Eufrates. Les trois vers de l’inscription gravée sur cuivre, disent :
« Carnales actus tulit Agnus hic liostia factus.
Fons paradisiacus per flumina quatuor exit.
Hæc quadriga levis te, Cliriste, per omnia vexit. »
Les autres détails de ma miniature ne demandent pas absolument place dans ce texte, où je vise un but différent; qui voudra les examiner, s’en rendra compte sans peine. Dans notre pl. III (p. 146) ce sont les quatre évangélistes et les quatre sources des fleuves, qui entourent Notre-Seigneur.
XIIe siècle. Le moine Frédéric, représenté dans la dédicace du pontifical de l’archevêque de Cologme3, Christian Ier. La miniaturiste Guda4, déjà citée à l’article des calli graphes, et que nous soupçonnons d’être une ex-reine. L’abbé Alt est représenté au frontispice d’un manuscrit de Virgile et d’Horace, exécuté à Weihenstephan5. On l’y voit offrant ce livre au patron du monastère; mais avait-il exécuté, ou seulement commandé ce livre?
A Saint-Germer, à Saint-Amand, à Saint-Wandrille, etc., on nomme des peintres6, mais étaient-ce des miniateurs? Cela est du moins fort probable pour ces temps où l’on ne se cantonnait pas dans une spécialité fort exclusive. Quant à Oisbert et Anscher de Saint-Waast, ils étaient certainement miniaturistes7. Je ne trouve point de détails biographiques en ce g'enre sur l’Ordre de Cluny; mais les cisterciens, qui se laissaient pourtant donner d’assez beaux livres, trouvaient fort mal que les Clunistes perdissent leur temps à moudre de l’or pour peindre des manuscrits8.
Une collection in-folio d’environ deux mille miniatures sur des sujets bibliques se trouve aujourd’hui à la bibliothèque d’Amiens, et fut exécutée pour Sanche VII, roi de Navarre 9, par un peintre qui signe Ferrandus Pétri (Perez) de Frenes (ou Fîmes). Il la terminait en 1197.
Un Raban Maur de la bibliothèque de Douai (n° 786) est dû à Olivier d’Anchin. Le même monastère avait aussi Baudouin, Jean, Ailrède, Sigerus (ou Suregis)10. A Saint-Amand,