Id. , ibid., p
Je n’ai pu consulter ses œuvres, publiées neuf ans et davantage après que ces lignes s’imprimaient. Le bonhomme (pas si bonhomme, pourtant, qu’on l’a bien voulu dire) était certainement assez désœuvré en politique (bien malgré lui, ce semble), et assez amateur de beaux passe-temps pour avoir aimé les arts. Ce qu’il faudrait prouver, c'est qu’il s’y
soit adonné personnellement avec un succès acceptable. Or M. Sulpice Boisserée (très-germanique du reste, j’en conviens) pensait pouvoir réduire à peu de chose les titres du roi René comme peintre. Cf. Bulletin du comité historique des arts, 8e n° (Décembre 1840), p. 108. Des recherches toutes récentes doivent avoir éclairci une question où l’enthousiasme s’était donné trop d’aise, l’our moi, je suis peu compétent sur cet article.
5. Mss. franc. 6891. Cf. Waagen, t. III, 371, 372. Cet ouvrage est en 12 tomes; les 9 derniers, dit l’inscription, sont de Jehan Foucquet; et les trois premiers, de l’enlumineur du duc Jean de Berry.
MINUTEURS AU MOYEN AGE
célébrités bien établies qui appartiennent aux instituts religieux. C’est ce qui nous a fait choisir plus d’un personnage séculier, pour ne pas trop écourter cette liste au moment où la peinture s’émancipe.
g'og’ne1, semble avoir été simple copiste et tout au plus calligrapbe ; mais, qu’il fût miniaturiste, on n’en voit pas de preuves bien concluantes. Jean Gossard (Gossaert) de Maubeug*e, le Zeuxis et l’Apelle de cette époque, au dire d’un historien d’alors2.
Les frères Van Eyck, protég’és par Philippe II, le Bon 3. Leur sœur Marguerite 4 les aida souvent dans leurs délicieuses peintures, si pleines de fraîcheur et de délicatesse, mais où la matière commence déjà à étouffer l’âme. M. Waag’en trouve la manière des frères Van Eyck ( Hubert , 1360-1426; Jean, mort en 1445) dans le bréviaire du duc de Bedfort 5. En Flandre encore, Hans Hemmelinck (Hemling*, Memmling*), Liévin d’Anvers, et Gérard van der Meire, etc., qui peignirent, dit-on, vers 14.79, le magnifique bréviaire connu sous le nom du cardinal Grimani. Ce chef-d’œuvre de peinture chrétienne (tant soit peu surfait) est aujourd’hui à la bibliothèque de Saint-Marc à Venise6. Avant de quitter le Nord, citons l’unique miniaturiste distingué dont je me souvienne pour l'Allemagne de cette époque. Jean Freybeck, de Koenig-sbrück , terminait en 1480 une bible in-folio, dont Gercken admirait les miniatures à Salzbourg* 7. Gabriel Mattéo, servile, et le bénédictin du Mont-Gassin, son collaborateur, ont été cités précédemment pour les livres de chœur qui sont à la cathédrale de Sienne. Gherardo, qui enlumina une infinité s de livres d’ég’lise, et qui, employé par Mathias Corvin, a laissé en outre des tableaux, des fresques, des gravures et des mosaïques. Son élève Stefano, abandonnant la miniature de bonne heure pour se livrer à l’architecture, laissa toutes ses études entre les mains du vieux Boccardino, qui en pro-
1 . Voyez les mémoires de l’académie de 1 urin, Littérature et beaux-arts , 1809-1810 (1811), p. S94, 595. — Waagen, III, 361. Bibl. royale, Suppl, franc. 640, 2. Peut-être même Miélot aura-t-il tout simplement été traducteur ou compilateur de la Iiclle légende de sainte Catherine; sans avoir contribué en rien au ms. pour son exécution ultérieure, soit comme calligraphe, soit comme peintre. Cf. Biblioth. de l’École des chartes, nte série, t. I, p, 260.
2. Mémoires... de Turin, Ibid. p. 396. C’est le Mabuse de. la prétendue école flamande (avec un nom moins déguisé que celui du soi-disant Van der YVeiden), et dont l’œuvre me parait assez peu flamand quoi qu’on die. Faute d’étudier avec soin Part xvalon, un historien des peintres se trouve conduit à recruter pour la Flandre des bataillons un peu bariolés. Le drapeau des Flandres aurait besoin d’être bien large pour couvrir tout cela de ses plis.
11 est vrai que les guides à leçon apprise et les chemins frayés sont assez commodes ; reste à savoir s’ils mènent aux résultats que désire un curieux qui ne se paie pas de formules stéréotypées.