‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 192 sur 335 · C. Stengel, Monasteriologia, V. Ursinium · texte numérisé non relu

C. Stengel, Monasteriologia, V. Ursinium

Une mention d’orfévre assez semblable (Évrard à Saint- Waast d’Arras) se voit dans un inventaire du trésor de Saint- Vaast. vers le xue siècle ; et, alors surtout, un orfèvre était presque nécessairement habile dessinateur. Cf. Bulletin du biblioph. belge, t. VI, p. 213. — - A.Didot, Aide Manuce, etc., p. 42, 77.

De même Jean Ilocss, abbé de Füssen vers 1480, est cité par Stengel (dans sa Monasteriologia) comme peintre en même temps que mathématicien. Mais s’occupait-il de la peinture des livres? Voilà ce que notre curiosité de chercheurs eût aimé à savoir.

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

Miniateurs principaux des xvc et xvie siècles. — Couvertures des livres et application de l'art toreutique à leur

embellissement.

XVe siècle. Le monge des îles d Or (moine des îles cl’Hyères), François d’Oberto, bibliothécaire de Lérins, qui tira de sa bibliothèque et copia pour Louis II, père du roi René, le recueil des poètes provençaux compilé jadis par Hermentaire pour Alphonse IL « Il écrivait « divinement bien, dit Nostre-Dame ', de toute façon de lettres; quant à la peinture et « illuminure, il était souverain et exquis. » Entre autres ouvrages, il avait exécuté pour Yolande d’Aragon, mère du roi René, des heures de la Sainte Vierge, richement enluminées d’or et d’azur, dont les peintures correspondaient au texte de la lettre. La trace de ce curieux volume s’est perdue depuis 1804, époque où Millin le décrivit, en l’attribuant par erreur au roi René lui-même. Du reste, on a fait bien d’autres prêts à ce roi si vanté. Hugues de Saint-Césari, moine de Montmajour2, remania plus tard cette compilation d’Hermentaire en y ajoutant les vies des troubadours, et l’écrivit en beaux caractères rouges, illuminés d’or et d’azur, pour l’offrir au roi René, fils de Louis II, la première année de son règme 3.

ené (le bon roi) semble pouvoir aussi prendre rang parmi les pein-

^ t-res ^es miniateurs. On croit conserver de lui, outre des ta-

\ f \ bleaux d’Église , plusieurs manuscrits ornés4. Jean Fouquet,

de Tours, 1 e bon paintre et enlumineur du roi Louis XI, travailla au manuscrit de Josèphe qui se trouve à la bibliothèque royale3. Mais ce n’est plus de la peinture monastique, bien que le sentiment chrétien éclate en pages tout à fait charmantes dans ses Heures de maistre Estienne Chevalier reproduites avec tant d’amour par M. L. Curmeren 1866; et cela ressort vraiment aux scriptoria d abbayes, tout œuvre séculière que ce soit.

Aussi bien, les rangs des miniateurs de communautés s’éclaircissent-ils beaucoup vers ce temps-là, quoiqu’on y aperçoive divers noms illustres. Raison de plus pour ne pas omettre le peu de mentions exhumées pour ce temps par le Cabinet des mss. (t. II, p. 44, sv.). Sauvons donc de l’oubli Louis de Prioribus, bénédictin de Nice en Provence. Après quoi nous n’aurons plus guère de

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