‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 195 sur 335 · Vasari. — Lanzi, Scuolu ftorentina. — Rio · texte numérisé non relu

Vasari. — Lanzi, Scuolu ftorentina. — Rio

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MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

fita sans doute pour peindre les livres de l’abbaye de Florence*. Dom Barthélemi délia Gatta (1378-1461), camaldule de Florence, devenu abbé de Saint-Clément d’Arezzo; il. s’essaya à la grande peinture, et y réussit au point de former des élèves distingués1 2. Il était en outre musicien et facteur d’orgmes3. Solario {il Zingaro ) peignit des miniatures pour les œuvres de Sénèque4. Decio et Ag’osto Ferranti , père et fils, dont on conservait à Yig’evano plusieurs livres d’égJise, ornés de miniatures5 6. Sainte Catherine de Bologne (1413-63), élève de Lippo Dalmasio, peigmait en miniature et à l’huile. Il est surprenant que les Bollandistes ne disent rien de son habileté en peinture; d’autant plus qu’elle a été prise pour patronne par l’académie Clémentine , et qu’un petit tableau de l’enfant Jésus, peint par elle, a la réputation d’avoir été l’instrument de plusieurs miracles15. Cet exemple aura-t-il laissé trace profonde chez les Clarisses? De fait, on rencontre plusieurs livres cl’ég-lise évidemment franciscains où la touche d’artiste est ravisante ; M. Ambroise Firmin-Didot avait dans son beau cabinet un petit psautier qui doit avoir cette orig-ine. Exécuté pour Bonne de Luxembourg*, première femme de notre roi Jean, il est historié de dessins où la finesse et la fermeté sont merveilleuses; et la sobriété de couleur y tient comme le milieu entre un simple trait (surprenant de distinction) et la grisaille. Cela est à coup sûr d’école française ou walone ; bien que pour préciser il fût important de connaître le faire de quelque artiste limbourgrois dont l’influence s’apercevrait peut-être.

1 est certain, en somme, que plusieurs dames de haute naissance ou d’éducation distingriée (comme sainte Catherine de Bologne) embrassèrent la règ-le de saint François. Pour un Ordre qui faisait généralement profession d’étroite pauvreté, ce travail de femmes pouvait devenir une ressource importante; soit comme moyen de subsistance, soit pour reconnaître la protection des bienfaiteurs distingués. On a vu ces années dernières , à une exposition d"’ Amiens, le bréviaire des princesses, qui paraît avoir une origine de ce g*enre. Du reste, on cite aussi un franciscain, fra Antonio da Monza7.

A Nuremberg1, une Marguerite, religieuse dont je ne connais pas l’Ordre, doit avoir copié, enluminé même plusieurs volumes in-folio 8. Mais Plautilla Nelli, élève de fra Bartolomeo, était dominicaine à Florence9.

Sur les chartreux de cet àg,e et des autres, j’ai bien peu de renseignements ; et l’humilité de cénobites si amoureux du silence le plus complet peut avoir caché avec affectation bien des noms qui importeraient à des recherches comme les nôtres *°. Leur historien Tromby 11 se contente d’exprimer le sentiment d’un grand débarras au nom de ses confrères, quand il

1. Vasari, Vita di Gherardo. On a quelques petits détails sur lui et sur un frère Laurent de Florence, dans les Annales Camaldulenses, t. VI, p. 278, sq. Dom Barthélemi travailla pour d’autres monastères encore que le sien, et pour Sixte IV.

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