‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 196 sur 335 · Même Revue, ibid. p · texte numérisé non relu

Même Revue, ibid. p

10. Un Ordre moins enseveli dans l’obscurité, celui des Camaldules, ne nous a pourtant pas éclairés beaucoup sur ceux de ses enfants que l’on aimerait à connaître en ce genre. Ses annalistes, Mittarelli etCostadoni, sont à ce sujet d’une brièveté presque avare, quoiqu’ils eussent de grands noms à nous citer.

11. Storia... del patriarca S. Brunone e del suo ordine cartusiano, t. VIII, p. 268, sg. Tromby emprunte aux auteurs du Traité de diplomatique ces paroles assez singulières pour un Ordre qui avait produit S. Anselme, par exemple : « Les moines, accoutumés à copier et à faire leurs délices des livres saints et des ouvrages des Pères, n’eurent pas le même attrait pour les spéculations métaphysiques. » Ce ne devait pas être précisément saint Augustin dont la transcription aura éteint le go ù t de la métaphysique.

MINUTEURS AU MOYEN AGE

arrive à l’époque où l’imprimerie vient relever les pauvres copistes. Alors même il emprunte tout bonnement à l’histoire des autres moines quelques noms fort clair-semés. D’après plusieurs pages empruntées par M. L. Gurmer à divers manuscrits provenant des chartreux, il semblerait que leur Ordre avait certaines traditions qui se mettaient peu en peine de la mode. A les comparer avec leurs contemporains, on se tromperait d’âge en plus d’un cas. Leurs manuscrits ne paraissent presque jamais avoir été destinés à sortir de l’enceinte du cloître, tant le copiste s’y enquérait peu de ce qui courait le monde. L’imitation du règne végétal y domine généralement beaucoup plus que dans les ornementations adoptées par d’autres scriptoria; et alors même on ne semble pas se piquer de miniatures proprement dites et l’on est sobre de couleurs.

Quant à la miniature véritable, D. Lorenzo, élève de Taddeo Gaddi, est le Raphaël de cette peinture si soignée, si finie, que les loisirs et la patience du cloître pouvaient seuls exécuter. Il traita pourtant aussi la grande peinture, et forma dans son monastère des Anges une école qui s’y conserva longtemps L A ce même siècle appartient Fra Benedetto du couvent de Saint-Marc à Florence, le dernier héritier peut-être des traditions de Giovanni Ang’elico; et qui mourut âgé de soixante-dix-huit ans 1 2, en 1530.

On a cru reconnaître le talent du Pérugin dans la magnifique bible latine des ducs d’Urbin 3. Les fig’ures , les arabesques, les paysag’es et autres ornements qui la décorent, ne peuvent avoir pour auteur qu’un des plus habiles maîtres de cette époque. Mantoue posséda une quantité de miniaturistes durant les xiv°, xve et xvic siècles. Jean (ou Franco) de’ Russi et Taddeo Crivelli y exécutèrent vers 1455, pour le duc Borso d’Este, une belle bible couverte à chaque pag’e de riches et élégantes miniatures4. Guillaume di Magri et Ziraldi travaillèrent vers le même temps pour les ducs de Modène5. Francesco dai libri , le vieux (vers, 1470), distingué par cette dernière qualification d’avec son petit-fils, et qui dut ce surnom à sa profession de miniateur pour les livres d’église. Il sera parlé tout à l’heure de son fils Maestro Girolamo. Un autre Girolamo Padoano imita la manière de D. Barthélemi délia Gatta. Il paraît avoir enluminé des livres pour Santa Maria Nuova de Florence6. Atlavante (ou Vante), de Florence, fut employé par Mathias Gorvin, et enlumina pour lui quantité de livres dont plusieurs ont passé dans les bibliothèques d’Italie. Son Marcianus Capella, de la bibliothèque de Saint-Marc, annonce une poésie de composition, un coloris et une finesse que les amateurs n’ont pas assez remarqués, dit Lanzi.7. Vasari cite de lui les figures d’un Silius Italicus, dont il fait une description où nulle expression ne paraît suffire à son enthousiasme 8. Notre Bibliothèque royale possède de cet artiste un livre

Page 1