T. I, Scuola fiorentina. Cf. Valéry, VI
8. Vasari, Vita di Giovanni da Fiesole. Après s’être étendu sur la description de ces miniatures, il termine ainsi un éloge qui occupe deux grandes pages : « Per cosc « di que’ tempi non si puù di minio veder meglio, nè lavoro « fat to con più invenzione, giudizio, c disegno. Esopratutto « i colori non possono essere più belli, nè più dclicala- « mente ai luoghi loro posti con graziosissima grazia. » Mais il s’est trouvé que ce Silius Italicus n’était point d’Attavante. Voyez l’ouvrage deM. Rio, p. 189.
J’ai donné çà et là quelques ornements (ou vignettes , cidsde-lampc , etc.) copiés par le P. Arthur Martin sur un mis-
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
d'église1, terminé en 1485. Vingt-neuf autres miniateurs travaillèrent également pour le roi de Hongrie, mais leurs noms ont presque tous été dérobés à la postérité.
e laissons point passer ce qui vient d’être dit sur des expressions emphatiques de Vasari, sans couronner l’énumération des miniateurs du xvc siècle par l’admirable Fra Giovanni da Fiesole2, surnommé le Bienheureux, à cause de la sainteté qui respire dans toutes ses œuvres, et connu sous le nom de Santi Tosini avant d’entrer dans l’ordre de saint Dominique. 11 commença par la miniature, et conserva toujours dans ses plus grands ouvragées un fini et une délicatesse qui remémoraient son premier g-enre. Nicolas V l'appela à Rome, où il lui fît peindre à la fois des miniatures de livres, et les fresques de la chapelle de saint Laurent, au Vatican, que Bottari trouva si remarquables et si bien conservées3. Seulement, à en juger par ce que raconte cet amateur, et par des relations récentes, il semblerait que ce précieux ouvrage ne produisit pas un grand enthousiasme sur les Romains des derniers temps. Faute de pouvoir indiquer au public français des miniatures de ce grand artiste qui lui soient accessibles, nous signalerons du moins son tableau du Couronnement de la sainte Vierge, au musée du Louvre, accompagné de la Vie de saint Dominique 4, en cinq compartiments. Ce chef-d’œuvre a été publié en 1817 avec un texte de Schlegel s. Avant
sel exécuté pour je ne sais plus quel évêque de Dol par Attavaute, dit-on ; et il en a bien l'air fin, riche, neuf, puissant. Que serait-ce si nous eussions reproduit plusieurs grandes miniatures, avec leur aspect vif, original, élégant, et cependant solennel à propos de Florentin. Plus d’une page y est signée Actavantes de Adavantibus ?
1. Waagen, 111, 366. Suppl, lut. 627. (Bréviaire de l’évêque de Gran).
2. Vasari pousse l’accumulation des éloges au sujet de Jean An gelico, jusqu’à devenir divertissant pour son lecteur. J’en rapporterai seulement quelques échantillons : « Este sendo non meno stato eccellente pittore e miniatore, che « ottimo religioso, mérita per l’una e per Paîtra cagione tt che di lui sia fatta onoratissima memoria... Sono di mano a di Fra Giovanni nel suo convento di S. Marco di Firenze, « alcuni libri da coro miniati, tanto belli che non si puô dir « di pii t. Ed a questi simili sono alcuni altri che lasciô in <i S. Domenico di Fiesole, con incredibile diligenza lavorati. » Le couvent de Saint-Marc rappelle naturellement Fra Bartholomeo di S. Marco ( Baccio délia Porta), de qui Raphaël trouvait à emprunter; et les noms de ces deux maîtres, rapprochés du grand caractère des constructions gothiques dues aux Dominicains, montrent s’il est vrai que la vie du cloître étouffe le génie, et soit incompatible avec les hautes pensées. Bottari, dans Fédition romaine de Vasari (Vita di Fra G iocondo ed altri), ajoute à la vie de Jean de Fiesole une note sur les artistes dominicains du moyen âge, qui mérite d’ètre indiquée à cette occasion. Mais quant à l’art chrétien, c’est le Bienheureux lui-même qu'il faut entendre, lorsque Vasari rapporte de lui cette sentence dont il se servait pour s’animer à l’esprit de sa profession (de religieux et. d’artiste) : « Chi fa cose di Cristo, con Cristo cleve star sempre. » Aussi M. de Rumohr est-il d’avis que YAngelico est redevable à la vie du cloître, du développement de ses belles qualités. Cf. Rumohr, op. cit., t. 11, p. 252; t. 1, p. 65, 66. — Vasari,
ed. cit., t. 1, p. 83. — Rio, op. cit., p. 88, 89. Fra [Giovanni, né en 1387, mourut en 1455.
Vraiment Vasari eût bien fait de ne jamais donner carrière à son enthousiasme pour pire cause. Mais ne confondrait-on pas çà et là notre Angelico (pour les miniatures) avec son frère, dominicain aussi?
3. « Le pitture son fresche corne se fossero fatte un anno « addietro, e cosi belle in ogni parte, che poco ne manca « per giungere ail' ultima eccellenza. » Dans le fait, si l’on peut parfois reprocher à ses draperies une simplicité un peu monotone, où trouvera-t-on l’âme peinte d’une façon plus immatérielle et plus touchante que dans ces têtes si bien faites pour réaliser la naïve expression italienne : volto dipciradiso ! Quant aux procédés de la partie matérielle, il paraît les avoir possédés a un degré singulier, au point de fondre merveilleusement ses couleurs, malgré la sécheresse presque inévitable de la détrempe. Pour ce qui est de l’admirable expression de ses ouvrages, elle s’explique aisément par l’inspiration d’un artiste religieux, qui ne prenait jamais le pinceau sans avoir prié; qui se mettait à genoux par respect pour son sujet, lorsqu’il peignait ses délicieuses miniatures, et qui ne représenta jamais les traits de Notre- Seigneur sans répandre de pieuses larmes. Vasari, parlant encore des miniatures de ce Padre veramente angelico, cite deux grands livres de Sainte-Marie-del-Fiore, miniati divinamente. Voyez encore l’ouvrage de M. Rio, sur la peinture chrétienne, p. 90-94.
4. Waagen, III, 304, 264. Ce tableau a été placé avec les dessins, dans la galerie ad hoc.
5. Le P. Arthur Martin avait commencé une sorte de seconde édition pour ce travail; et plusieurs feuilles de dessins en lithographie ont paru avec un texte plus court, je crois, que ne se l’était proposé d’abord mon ancien collaborateur. Depuis lors une bonne chromolithographie réduite a été mise dans le commerce.
MINUTEURS AU MOYEN AGE
de terminer ce qui regarde Jean Angelico, ajoutons qu’il fut aidé dans ses miniatures par Bernard, son frère aîné.
Jérôme Fiorini, religieux du monastère de Saint-Barthélemi à Ferrare, au commencement du xve siècle1, paraît avoir eu pour élève Corne Tura ou Turra ( Cosmè ), qui travailla aux livres de la cathédrale et de la Chartreuse de cette ville, terminés vers 1470; ouvrage préféré par beaucoup de connaisseurs aux célèbres livres d’église de Sienne2. Je ne sais s’il faut regarder comme miniateur Barthélemi Gambagnola de Crémone, indiqué plutôt comme copiste dans une vie de Louis le More en dialecte milanais3, qui est datée de 1490.
aestro Girolamo dai libri (1472-1555) de Vérone, peintre et miniateur4, dont le père a déjà été mentionné, et près duquel le célèbre Clovio trouva quelque chose à recueillir pour se compléter 5. François dai libri le jeune, également peintre et miniateur, fut en outre architecte. Girolamo est cité par Vasari comme le plus habile miniaturiste de son temps , et sa grande réputation aussi bien que sa longue vie (83 ans) le mit à même de multiplier extraordinairement ses peintures, recherché qu’il était par les plus considérables communautés de toute l ltalie.
M. Waagen6 croit pouvoir lui attribuer les enjolivements qui accompagnent l’acte de douaire signé par Louis Sforza (le More), pour sa femme Béatrice d’Este, en 1494. Dans la même collection, ii signale une miniature de Benedetto Bordone 7, au commencement d’une instruction officielle du dog-e de Venise, Pietro Lando.
1 ne faut point séparer du maestro Girolamo un élève dont il développâ tes talents pour la miniature, durant son séjour chez les chanoines réguliers de Saint-Sauveur à Candiana, où il travaillait pour la communauté. C’était dom Jules Clovio, Croate, le Michel-Ange de la miniature (comme on a dit), qui mourut octogénaire en 1578. Jules Romain, son premier maître, lui reconnaissant une aptitude extraordinaire pour le fini et les détails de patience, lui indiqua la direction qui le fît nommer plus tard il padre pittorino. Mais dans cette nouvelle carrière il n’oublia point la grande manière de l’école romaine; ses petits tableaux offrent même parfois, dans certains détails, une fierté qui rappelle Michel-Ang’e, et à laquelle il a dù son autre surnom. A cette vigueur de dessin, il unissait une grâce de coloris qui a fait comparer ses portraits microscopiques ( ritrattini ) aux