Waagen, I, 402, sur la collection d’Ottley
7. Parent probablement de Paris Bordone, élève du Titien. J’ai déjà fait remarquer que la miniature et la calligraphie ornée ont été plus d’une fois employées pour décorer les diplômes. Citons encore à cette occasion le titre de la fondation d’un Ordre du Saint-Esprit, par le roi de Sicile, Louis (1352); pièce in-folio qui se trouve à la Bibliothèque royale : la Vallière, 36 bis (ci-devant 5293).
MÉLANGES d’âRCHÉOLOGIE.
tableaux du Titien, par Vasari. La perfection infinitésimale de ses nombreuses compositions donne à ses peintures l’air d’une petite représentation naturelle de chambre obscure, plutôt que celui d’un travail de l’art. D’abord chanoine régulier à Mantoue, il fut arraché à ce genre de vie par le cardinal Grimani1, qui, voulant l’avoir auprès de lui, obtint du pape la sécularisation d’un artiste si bien fait pour le monde élégant. Yasari, parlant des figurines de Clovio, cite un livre d’offices destiné au cardinal Farnèse, et où des figures de personnages, qui n’atteignent pas la grandeur d’une fourmi, sont pourtant si parfaites de tout point, qu’elles semblent une féerie2. Aussi cet ouvrage coûta-t-il neuf années de travail au peintre. L’écriture y était de la main de Monterchi, dont je ne saurais dire s’il était ecclésiastique ou laïque, religieux ou séculier. M. Waagen regarde comme trèsvraisemblable qu’un psautier in-folio de la Bibliothèque royale3 est dù à la main de Jules Clovio.
Au dire des Espagnols, un hiéronymite de la même époque, frey Andres de Léon (mort à l’Escurial en 1580) rivalisait d’habileté avec le Paclre pittorino d’Italie4. Je m’en rapporte à ce qu’il en est, convaincu par quelques expériences que plus d’une apothéose est sujette à révision.
Bernardo Buontalenti, élève de Clovio pour la miniature, étudia aussi la peinture sous Salviati, Yasari et le Bronzino ; mais il fut en outre sculpteur, architecte et ingénieur5. Apollonio Buonfratelli (vers 1560) imita Clovio pour sa perfection à rendre l’effet des camées antiques, et pour la manière michelangélesque6. Liberale de Yérone (vers 1535), peintre et miniateur comme son compatriote Girolamo dai libri, a laissé des livres dans sa ville natale et à Sienne7. J. -B. Stefaneschi, religieux du mont Senario (1582-1659), élève de Commodi, excella dans un g’enre où il était si difficile désormais de se distinguer, et surpassa même Clovio pour le coloris, selon quelques connaisseurs8.
Pour en finir dès maintenant avec ITtalie, où les cloîtres demeurent jusqu’au bout en possession du premier rang dans ce g’enre, citons encore Félix Ramelli, chanoine régulier de Latran, qui appartient au xvn° siècle, ainsi que son maître Denis Rho, de la même congrégation.
1. On voit que ce cardinal recourait aux grands moyens pour embellir sa bibliothèque. Si donc son célèbre bréviaire a vraiment été fait par ses ordres, ce ne serait pas merveille que diverses mains fort différentes eussent été mises en réquisition pour le compléter (peut-être après l’achat qui l'aura mis en possession d’un si beau livre destiné d’abord à un autre). Car je persiste à penser que ce bréviaire n’a pas été encore analysé avec tout le soin qu’il y faudrait mettre pour s’en rendre bien compte ; et j’en donnerais plus d’une preuve, si je n’avais ici d’autre but à viser.
2. Voici comment s’exprime Vasari, en parlant des fêtes du mont Testaccio (singulier sujet pour un livre d’office!), placées par Clovio dans les bas-reliefs d’une décoration architecturale qui orne la scène d’une de ses miniatures :
« Vi ha fatto... Salomone adorato dalla regina Saba, con
« fregiature..., ricche e varie; e denlro a questa ( storia ),
« da piè condotto di figure manco che formiche (ailleurs il « dit : Non più grandi che unu ben piccolo, formica ), tutta la <( festa di Testaccio, che è cosa stupenda a vedere che si
« minuta cosa si possa condur perfetta con una punta di
« pcnuello; cheê delle gran cose che possa fare una mono, e
« vedere un occhio mortale. » Et ailleurs : « Laquai diversità
« di cose spargono per tutta quel!’ opéra tanta bellezza, « che ella pare cosa divina e non umana.... Per non dire « nulla di mille varie sorte d’alberi tanto ben fatti, che « pajono fatti in paradiso..., che par impossibile che siano « condotti per mano d’uomini... Onde possiam dire che « Don Giulio abbia... superato in questo gli antichi e mo- « demi, e che sia stato a’ tempi nostri un piccolo e nuovo « Michel Agnolo. » Ces louanges, avec une légère teinte d’extravagance, m’ont paru devoir être conservées dans la langue de leur auteur pour ne pas tourner tout-à-fait. au ridicule. On voit du reste çà et là que, dans cet éloge, le nu a une forte part à l’admiration du peintre florentin. Quelle joie, en effet, de voir le sensualisme de Jules Romain intronisé dans les livres d’église ! Et Vasari ne pouvait manquer d’y applaudir.