‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 2 sur 335 · partie de h · texte numérisé non relu

partie de h

verses pièce Mélanges, t.

:ur s ei

ment (chez Bœrésor depuis que nous en avions dimension beaucoup plus grande passim ), et avec un texte qui ne

AVANT-PROPOS

attributs des saints, où mes deux gros volumes de 1866-67 ( Caractéristiques des Saints dans Fart populaire, encore plus in-4°) ne sont pas censés avoir jamais vu le jour? J’en adresse mes compliments... de condoléance à l’auteur germanique, puisqu’il est d’un pays où l’on veut passer pour être fort en bibliographie ( Literatur ). Peut-être, cependant, que son prédécesseur welche aurait eu par hasard de quoi épargner à cet inventeur tardif bien des recherches et plus d’une bévue. On n’a pas daigné croire que ce fût possible, tout en se mêlant d’études ardues où les populations de la droite du Rhin ont quelque besoin de nous autres Français et Belges à plus d’un titre (ne leur en déplaise !) :

« Non ragioniam’ di lor, mà guarda e passa. »

Au surplus, je ne prétends en aucune façon connaître tout ce qui aura pu être publié à l’occasion de mes travaux récents ou anciens, dans l’isolement où je vis confiné à cette heure. Rien d’étonnant non plus si un aristarque de parti pris glisse aisément sur les qualités , pour appuyer d’autant sur les défauts. Mais qui n’a pas de défauts, et pourquoi les cliarg'er si une autre face peut être mise aussi en lumière? La perfection n’est pas tellement commune qu’on puisse la requérir habituellement comme denrée exigible chaque jour.

n mien confrère qui a déjà publié ou réédité avec soin et additions des ouvrages sérieux du xvne et du xvme siècle1, et que j’excitais depuis des années à montrer enfin ses propres travaux, a bien voulu m’offrir un complément pour ce volume. C’est lui qui donne ici, en manière d’appendice, un travail sur l’Espagne du haut moyen âge; et je désire que ce lui soit un commencement pour livrer au public plus d’un ouvrage qu’il conserve en portefeuille trop longtemps. Sa monographie régionale, à la fin de ce volume, pourra corriger ce qu’il y avait d'insuffisamment neuf et de trop vague dans mon livre qui, sans lui, n’aurait été qu’un voyag’e bien rapide à travers toute l’Europe latine2 durant une dizaine de siècles, pour le moins; et je serais heureux que son exemple suscitât d’autres études locales sur le sujet si brièvement ébauché par moi, laissé même encore à mi-chemin, comme je le déclare tout le premier, p. 215 de ce volume.

Ainsi se compléterait, avec le temps, une réponse définitive à maintes faussetés outrageu-

1. Theologia virceburgensis. ■ — Kilber, Analysis biblica. — Nicolas Perrot, Mémoires sur les... sauvages de l’Amérique septentrionale ( Bibliotheca americana, 1864); sans compter divers articles semés çà et là. Mais je lui connais des réserves que je voudrais voir entrer en ligne.

2. Ce mot latine est pour indiquer la quasi-exclusion donnée ici à l’Église grecque se qualifiant d 'orthodoxe,

c'est-à-dire séparée des successeurs du prince des apôtres. Mais on doit comprendre que, jusqu’au xvir siècle, l’Église romaine (avec ses Ordres religieux) embrasse toutes les races germaniques et une grande portion de la Slavie ; à plus forte raison, les Magyars, chez qui le latin était devenu langue d’Étal (ou législative). La Russie pourrait également y être un peu comprise, même après Michel Cérulaire.

AVANT-PROPOS

ses qui ont abusivement couru les livres, et dont commencent à se lasser les hommes sérieux. M. Ambroise Firmin-Didot, par exemple, tout fils qu’il était du siècle de Voltaire, n’admet pas à Renouardle droit d’inculper les moines ( incjlobo ) pour la perte des manuscrits anciens qui ne sont pas venus jusqu’à nous. Or il écrivait cela dans son dernier livre {Aide Manuce...., 1875, p. 357). Heureux qui ne prolonge sa vie que pour se rendre chaque jour plus indépendant des préjugés recueillis à la légère sur la route des prétendus axiomes frayée par une mode aussi impérieuse qu’aveugle !

Le supplément hispanique par lequel se complète mon volume, en fera beaucoup moins une quasi-répétition d’ouvrage imprimé déjà précédemment; et servira d’excuse très-suffisante, pour cette fois, au défaut de répertoire alphabétique réclamé çà et là dans les comptes rendus de mes livres. Ailleurs, peut-être, cette abstention sera expliquée si Dieu me prête encore vie et santé. Aujourd’hui sa légitimité paraît évidente ; valait, ce semble, multiplier les matériaux que de les étaler par le menu en t au soupçon de g’ioriole qui veut se faire valoir par ostentation vaniteuse, ommes et œuvres seront passablement représentés dans mon travail et dans celui de ce nouveau collaborateur, par les listes de bibliophiles anciens, de calligraphes et miniateurs, que nous ne prétendons pas donner au complet, car j’en rencontre encore chaque jour. On y pourra du moins trouver des points de repère utiles pour l’histoire littéraire, et nous ne prétendions pas davantage. Sans nous donner l’air de dire précisément, ni l’un ni l’autre :

* « Oyez une merveille, »

nous croyons avoir rendu service à des études qui pourront se développer utilement sur la voie ici tracée. Des successeurs futurs condenseront mieux les documents et les multiplieront; soit! Nous les y convions, et applaudirons de grand cœur à leur réussite qui était notre vœu; trop heureux même d’avoir suscité ce progrès auquel nous travaillons courageusement jusqu’à nouvel ordre.

Comme arrivait enfin à son terme l’impression de ce volume, deux tomes posthumes de M. le comte Ch. de Montalembert sur les Moines d Occident viennent d’être publiés, qui ajoutent déjà plusieurs recherches aux miennes, même sur le terrain que j’avais choisi et parcouru avec attention il y a trente-huit ans. Elles devancent en outre quelques-unes de celles que je tenais en réserve pour l’avenir douteux qui m’a fait défaut, lorsque je me permettais d’y tailler d’avance en plein drap1. Mais je n’ai pas à faire l’éloge de ce travail d’autrui si

1. Cf. Infra, p. 215, sv.; croquis d’une continuation jadis une espèce de canevas tissé à l’aise où devaient se caser échafaudée provisoirement pour mener à meilleure fin ce avec ordre les notes et aperçus nés de lectures quotidiennes, mémoire, lorsque je ne prévoyais pas les interruptions qui d’observations progressives, etc.; et qui aurait pu se modiont fait dévier mes études depuis lors. J'y fixais, sans plus, fier plus tard.

AVANT-PROPOS

bien recommandé par ses antécédents et sa propre valeur, d’autant que l’illustre écrivain m'y donne des louanges qui pourraient passer pour avoir enflé mon admiration envers lui. L’ayant très-peu flatté, ou même fréquenté de son vivant, il ne me sied plus que de remercier Dieu pour ce que j’aurais suggéré par hasard de projets ou de chapitres à un homme si ostensiblement et si véritablement catholique , quoi qu’on ait pu dire de lui sous certains prétextes que je n’ai pas à discuter en ce moment. Ses assertions, si bien autorisées, s’accordaient trop avec les miennes pour me permettre de passer ce grand nom sous silence. Car grand nom, ce l’est à coup sûr pour notre siècle, qui n’en compte pas beaucoup de cette lignée-là; et je ne pense pas que, tout bien pesé, la postérité loyale me démente jamais en ce point. Sans en faire précisément un saint ou un sage accompli , il doit être permis d’affirmer que ses quelques défauts semblent imputables à des influences étrangères subies cà et là par une amitié trop confiante, mais que ses hautes et rares qualités sont bien siennes; et donnent, à vrai dire, la note tout à fait dominante de sa belle vie dont c’est la réelle unité, le fond véritable sans conteste. C’est aussi ce qui en restera par-dessus tout, pour son perpétuel honneur.

Page 1