‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 217 sur 335 · Per idem tempus (a. C. 720), Fpedoarius · texte numérisé non relu

Per idem tempus (a. C. 720), Fpedoarius

Accitanæ scdis episcopus,

Urbanus Toletanæ sedis urbis regiæ cathedralis veteranus

[melodicus...

Nimium doctrina et sapientia, sanctitate quoque Et in omni secundum scripturas spe, fide, et char'itate,

Ad confortandam ecclesiam Dei clari habentur. »

(Id. , ib., c. 49).

b. J’ai résumé fidèlement en ces quelques lignes l’acte d’accusation dressé par M. Amdor de Los Rios au chapitre X° de la première partie de l’ouvrage cité précédemment. Voir surtout aux pages 426, 429 (texte et note I), 431-435 de l 'édition originale espagnole.

6. Je les appelle gratuites, soit parce quelles sont dénuées de preuve, soit, et c’est le cas le plus ordinaire, parce que l’auteur les étaie d’arguments qui se retournent contre lui et démontrent la proposition contraire. Qu’on en juge par quelques exemples : a) M. de Los Rios affirme qu'à la période finale de leur existence (a. 650-721), l’Église et la société hispano-gothiques étaient une abominable sentine de vices (p. 429) ; et il le prouve par les nombreux canons disciplinaires des derniers conciles de Tolède (ib., note 1). b) Pour bien établir que la responsabilité des désordres flétris par ces canons remonte à la portion gothique du clergé, l’auteur cite trois évêques de cette nation convaincus ou accusés: l’un (Sisebert) du crime de lèse-majesté , l’autre (Oppas) d’infâme trahison; le troisième (Sindérùde), de zèle

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nière et à la plus étrang-e, je me bornerai à rappeler que, cet assoupissement scientifique, dont on parle sans le prouver (eût-il existé, ce qui n’est pas), il serait souverainement injuste de l’attribuer à l’influence du clergé wisig-oth; et pour deux raisons : d’abord, dans l’Église espagnole, le nombre et par conséquent l’influence a toujours été du côté des Hispano-romains1 ; en second lieu, le clergé catholique wisigoth fournit à cette même Église, du vie au vme siècle, autant de littérateurs et de savants, toute proportion gardée, que leurs compatriotes d’origine hispano-romaine. Il se pourrait même que dans la comparaison des mérites respectifs de ces deux races, j’eusse, à mon insu, fait tort à la première au bénéfice de la seconde. Car si, pour les personnages illustres de l’Espagne gothique dont les historiens du temps taisent la nationalité, il nous est facile de déterminer avec certitude à quelle race tels ou tels d’entre eux appartiennent, cela nous est impossible pour une foule d’autres. Je m’explique : il n’existe pas d’exemple qu’un seul Hispano-romain ait, du ve siècle à la fin du ix°, pris un nom de provenance barbare. Donc, tout porteur d’un nom de ce genre, peut et doit sans autre preuve être réputé Goth ou Suève 2. Il est au contraire historiquement certain qu’à la même époque un grand nombre de Goths espagnols3, soit pour compléter leur assimilation aux anciens habitants du pays, soit pour tout autre motif, cachaient leur origine étrangère sous des noms latins ou gréco-latins. Tels furent Jean de Valclara, Fructueux de Brag’a, Rénovât de Mérida, Sinticius Deidomum (Deidonum ?) dont nous ne connaissons que l’épitaphe4, ce duc Paul, que les Wisigoths de l’Espagne orientale, révoltés contre Wamba, choisirent pour leur roi 5 ; et bien d’autres sans doute, dont l’histoire n’a

inconsidéré et de lâcheté devant les Arabes (p. 434, 433). A merveille! Voyons maintenant la thèse contraire démontrée par le même procédé d’argumentation. Donc, a ) l’Église et la société purement hispano-romaines étaient une sentine de vices infâmes, qui ne s’est partiellement désinfectée que grâce à l’introduction dans son sein de l’élément régénérateur du gothisme catholique; et je le prouve par les canons des conciles d’Elvire (fin du nie siècle), de Tolède (aa. 397, 527, 587), de Tarragone (a. 516) et de Lérida (a. 546), où l’on trouve condamnés et flétris tous les crimes, moins le suicide d'origine probablement allemande, signalés dans les canons des conciles hispano-gothiques, et bien d'autres, plus odieux encore, contre lesquels ces derniers synodes n’eurent jamais à sévir. 6) Les quelques prélats goths cités par M. de Los Rios n’ont fait, hélas! que suivre, dans la voie du désordre, des évêques ou clercs hispano-latins, Habentius d'Écija, condamné pour calomnie, subornation de témoins et usurpation de siège (Conc. Tolet. VI, a. 638), Eusèbe de Barcelone, entrepreneur de jeux scéniques ou de tauromachies et, pour cette cause, déposé par Sisebut, entre 612 et 621 (Ep. Siseb. regis VI a), Pothamius de Braga convaincu d'incontinence en 656 (Conc. Tolet. X), et enfin ce clerc Justus, parasite effronté qui payait son écot à la table des grands par ses chants lubriques rehaussés des accords de la lyre, et qui parvint au sacerdoce par cette voie peu canonique (S. Valerii Opp., n. 33; Esp. sagr., t. XVI). Au fond, il n’y a qu'une conclusion à tirer de tout ce qui précède : l'Eglise d'Espagne , comme toutes les Églises du monde, vit à toutes les époques de son existence éclater de tristes scandales, que le zèle de ses évêques travailla toujours énergiquement ou à réprimer ou à prévenir.

1. Dans tous les conciles nationaux ou provinciaux célébrés en Espagne, de Récarède à Witiza, |les évêques de race go-

thique certaine, présents ou représentés par des délégués, furent toujours en minorité; de plus, sur une cinquantaine de métropolitains qui, dans le même espace de temps, occupèrent les cinq grands sièges de la Péninsule, quinze seulement sont Goths de naissance. Au seizième concile de Tolède (a. 693), sur cinq métropolitains, quatre étaient, au moins de nom, d’origine hispano-romaine.

2. C’est donc bien à tort que M. A. de Los Rios (1. c., p. 432) classe S. Hildephonse parmi les Hispano-Romains.

3. Ajoutons et de Juifs convertis ou fils de convertis, témoin S. Julien, primat de Tolède, dont il est écrit :

« lu cujus [Ervigii] tempore jam Julianus episcopus,

Ex traduce Judæorum, ut flores rosarum

De inter vepres spinarum

Productus,

Omnibus mundi partibus

In doctrina Christi manet præclarus. »

(Isid. Pac., Chron., c. 25.)

Je cite ce passage parce que, en dépit de cette affirmation à peu près contemporaine, je vois S. Julien inscrit, au tableau des grands hommes hispano-romains du vu® siècle (A. de Los Rios, I, p. 432).

4. Cf. S. Isid. Ilisp. CataJ. VV. ill., c. 44; S. Val., Vit. S. Fructuosi, n. 2; Paul. Emerit., VV. FF. Emerit., n. 50; Hiibner, 1 user. Ilisp. Christ., inscr. 2. — L’historien de S. Fructueux dit simplement que ce saint était de race royale, d’où je crois pouvoir conclure qu’il était né de parents goths ou suèves; mais les charges importantes confiées à son père par les rois de Tolède me portent à le croire wisigoth d’origine.

5. Les nombreux fauteurs ou complices de Paul étant Goths de nom et par conséquent de race (moins deux ou

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pas g*ardé le souvenir. Il suit de là que si le nom du personnage d’origine inconnue est latin, on ne saurait sans chance d’erreur conclure du nom à la nationalité *.

Ce mouvement littéraire se propagea jusque chez les Suèves refoulés en Galice par les Goths, et revenus au catholicisme avant leurs vainqueurs. Ils durent, eux aussi, se romaniser peu à peu au contact des anciens habitants du pays; et surtout, après leur conversion, sous l’action éminemment civilisatrice de l’Eglise catholique. Mais ici les détails nous manquent. Ce que nous pouvons affirmer de cette transformation se borne au peu que nous en apprennent indirectement les trop rares écrits de saint Martin de Dume, apôtre de cette nation. Ils nous autorisent à croire que, parmi les Suèves, le clergé et les grands s’étaient promptement rendu le latin littéraire assez familier, pour permettre à saint Martin, soit de correspondre en cette lang’ue avec les rois et les évêques d’origine barbare 2, soit de composer, toujours dans la même langue, quelques traités aussi sagement pensés que correctement écrits : l’un de pure morale, à l’usage du roi et des personnes de sa maison 3, les autres destinés à l’instruction et à la direction de ses frères dans le sacerdoce 4.

Il est à peine besoin d’ajouter que ce développement de vie intellectuelle, dans ce qu’il avait de purement littéraire ou scientifique, ne s’étendit pas aux classes populaires. La cherté excessive des livres ne mettait qu’à la portée des riches et du clergé l’enseignement écrit, sans lequel il est difficile de devenir un vrai lettré ou un savant de quelque valeur 5. Ouvriers des villes et paysans, sauf toutefois ceux d’entre eux qu’une vocation spéciale poussait dans les rangs du clerg’é séculier ou régulier, restaient donc complètement étrangers à

trois) ne pouvaient évidemment songer à se donner un roi hispano-romain; ajoutons que Paul fut un des électeurs de Wamba, ce qui me paraît compléter la démonstration. Cf.

Juliani Tolet., Ilist , Wamb. Régis, un. 6-8, 4 2 , 33,

1. Donc: 1° l'argument tiré du nom gréco-latin du premier roi des Asturies contre l’origine gothique de ce prince (A. de Los Rios, II, 23, note 1), est absolument sans valeur; 2° les noms germaniques, qui figurent en si grand nombre au bas des plus anciennes chartes de la Galice et des Asturies dans les vme et ixe siècles (Append. de VEsp. sagr., t. XL et XXXVII), donnent un démenti formel à ces historiens qui ne veulent guère voir dans les héroïques adversaires du fanatisme musulman au nord-ouest de l’Espagne que des Hispano-romains (A. de Los Rios après Burriel, II, p.20, not. I).

2. V. Epist. seu Libellas de Ira Martini Episc. ad Vitimirum Ep. ( Esp . sagr., t. XV, p. 400), et la préface du traité de ce même saint, dont il est question dans la note suivante.

3. Formida'Vitæ honestæ (ibicl., p. 383, svv). Dans sa dédicace au roi, le saint indique en ces termes ceux auxquels son ouvrage s’adresse spécialement : « Quem ( libellum ) non vestræ specialiter institutioni , cui naturalis sapientiæ sagacitas præsto est; sed generaliter his conscripsi, quos, ministeriis tuis adstantes , hæc convenit legere , intelligere et tenere (p. 384).

4. De Pascha ; De Trina mersione ad Bonifacium. Dans cette lettre dogmatique, S. Martin défend énergiquement la licéité du baptême par triple immersion que bon nombre d’évêques catholiques d’Espagne attaquaient déjà pour le

motif que j’ai précédemment indiqué (supr., p. 223, not. 1) ; De Correctione Rusticorum, où l'on trouve de curieux détails sur les superstitions populaires des ruraux de la Galice; de Jactantia, de Superbia ; Exhort. humilitatis; de Moribus; ce dernier traité me paraît être la continuation ou le complément du Traité sur la colère précédemment cité ; Ægyptiorum PP. sententiæ; ce recueil est traduit d'un écrivain grec inconnu. A ces ouvrages, qu'on ne trouve réunis que dans Florez, il faut, pour avoir les œuvres complètes de l’apôtre des Suèves, joindre la collection dgs canons de l’Église d’Orient , traduits également du grec par le saint et dédiés par lui à Nitigius et au concile de l’Eglise de Lugo. Elle est annexée aux actes du deuxième concile de Braga. Cf. Collée, de Conc. de Esp., II, 031.

o. Le roi Récesvinthe fixe à 400 sous (d’argent évidemment, bien qu’il n'en dise rien) le prix maximum de sa recension du code wisigoth (For. Jud., V, iv, 12). Or ce code, tel [qu’il était alors, ne remplirait pas trois cents pages d’un de nos in-octavo. On peut juger par là de ce qu’il en coûtait pour devenir 1 heureux propriétaire d'un petit nombre de manuscrits, et combien peu. même parmi les clercs, pouvaient se donner ce luxe. C’est ce que saint Isidore confirme dans le passage de son traité de Officiis, où il recommande à son clergé d’écouter avec la plus grande attention les lectures faites publiquement dans l’église, et de n’y jamais manquer sous le spécieux prétexte de vaquer à la prière; car, ajoute-t-il, on ne peut lire quand on veut, tandis qu’on a toujours la facilité de prier : « Obtentu orationis, ne perdiderislectionem : quia non semper eam quilibetparatam potest habere, cum orandi potestas in promptu sit (lib.I, c.x, n.2) ».

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ces études d’ordre supérieur. La plupart ne songeaient même pas à profiter des écoles ouvertes en si grand nombre pour y apprendre les premiers éléments de la lecture ou de l’écriture. A quoi bon se munir d’un instrument scientifique condamné d’avance par la force même des choses à rester sans emploi, parce que cet emploi eût été trop dispendieux1 ? Mais ils ne méritent pas pour cela d’être confondus avec les barbares. L’enseignement oral de l’Eglise leur communiquait la science des devoirs du chrétien et, par conséquent, du parfait honnête homme et du bon citoyen ; ces devoirs connus, ils pouvaient librement les remplir sous la protection d’un gouvernement régulier, et sous la direction de cette même Eglise; ils jouissaient donc sinon des raffinements, au moins du nécessaire de la vraie civilisation.

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