Cf. S. Braul. Epist. o supr. cit. (p. 237, not
4. 11 s’agit, je crois, d’un manuscrit de cette provenance dans le passage suivant d’une lettre de saint Braulion a Réceswinthe : « Quotiens de emendatione ejus ( codicis ) desperaverim, quotiensque... cessaverim, et rursus... ad opus
interdimissum redierim in ejus versuum additamenta vel litterarum abolimenta, Gloriæ vestræ patebit. Nam tantis obrutus est ncgligentiis scribarum, ut vix reperiatur sententia quæ emendari non debeat; ac sic compendiosius fuerat denuo scribi, quam possit scriptus emendari. » Braul. Epist. 38. J'ai dit « je crois » par égard pour le personnel du scriptorium royal, qu'il me déplairait de le supposer capable de tant d’étourderie ou de négligence.
5. Voir parmi les inscriptions de la bibliothèque Isidorienne, le Titulus Scriptorii. (Esp. sagr., IX, 379.)
0. « Notitia ilia diu perdita, subito inventa est non quæsila... ut... tain crebræ petitioni vestræ parerem. Quocirca dictavi ut potui, et piano apertoque sermone... libellum de ejusdem sancti vita brevem conscripsi, ut possit in missæ ejus celebritate quantocius legi. » Braul. Præf. Epistolar. in
ils étaient nombreux en Espagne, possède, lui aussi, son scriptorium d’où sortent tous les livres nécessaires à la communauté. On y travaille même sur commande d’évêques amis de l’abbé ou ses supérieurs hiérarchiques, à la transcription élégante et correcte d’ouvrages, que, faute de copistes assez habiles ou assez instruits, ces prélats ne pourraient se procurer chez eux. C’est pour ce motif, sans doute, que saint Braulion envoie à l’abbé Frunimien un commentaire des Epîtres de saint Paul, avec prière d’en faire exécuter par ses calligraphes une nouvelle copie mieux ordonnée que l’ancienne , dont il se déclare peu satisfait b En pareil cas, avec le volume qu’on veut faire transcrire, l’usag’e est d’envoyer le parchemin en quantité suffisante ou l’argent requis pour l’acheter2. Peut-être, comme on le fera quelques siècles plus tard en faveur des notarii monastiques de Castille et de Léon, joint-on à cette somme le prix du travail imposé aux copistes du scriptorium ; mais les documents de l’époque n’en disent rien.
On rencontre enfin des scribes que j’appellerai indépendants ou volontaires. Ils se recrutent parmi tous ceux, clercs et laïques, auxquels leurs ressources trop limitées ne permettent pas d’acheter les livres dont ils ont besoin, et qui prennent le parti de s’en pourvoir eux-mêmes par leur travail personnel. Etrangers à toute pensée de lucre, et n’ayant en vue que leur utilité propre ou celle de leur entourage, ils écrivent leurs ouvrages et copient ceux des autres au fur et à mesure des besoins. C’est à ce labeur que saint Valère consacre tous ses loisirs dans les âpres solitudes du Yierzo où il vit caché. Livres liturgiques, saintes Ecritures, traités ascétiques ou pédagogiques, autobiographie, sa plume agile suffît à tout et ne se lasse jamais3. Il est vrai que celui qui la tient est un saint, dont le courage et le dévouement grandissent en proportion des injures, déboires et déceptions, seule récompense qu’il retire en ce monde du travail obstiné auquel il se livre4. Je me trompe, une seule fois il est contraint d’accepter, en échange des peines qu’il s’est données, la promesse d’une cape de poil de chèvre ou de chameau ; mais encore faut-il ajouter que cette promesse longtemps oubliée n’aurait jamais été remplie, si Dieu, par un miracle, n’en eût réveillé le souvenir chez les obligés de saint Valère et ne les eût contraints de s’exécuter5.
C’est vraisemblablement à ces copistes, plus riches de bonne volonté que d’argent,
Vit. S. Æmiliani. — -«Tune Ego, ni fallor, urgentibus vobis, accito notario, capitula de præmissis quæstiunculis eodem die, inpræsentiavestri, quanta potui brevitate collegi. Sed... tuæ Sanctitatis animus lenuitatis meæ vires... coegit... ut hæc ipsa quæ superius in quæstionem vénérant, et quæ digesta titulorum nobis jam formatione placebant... uno tota et brevi volumine complicanda congererem, etc. » S. Juliani Epistolar. Præf. ad Idalium ( Patrol . XCVI, p. 455- 456).
1. «Membrana nec nobis sufficient, etideo ad dirigendum vobis deficiunt. ; sed pretium direximus, unde si jusseritis comparare possitis. Istum Apostoli commentarium quem direximus diligenter legite prius, et in ordine constituite. Et quia diversorum opiniones etiamad oram (Ed. male, aurem) babet conscriptas, unumquodque... in eorpore contexite, et ita diligenter conscribite, ut per singula capita commenta sequantur, et non per paginas divisum ipsum opus habeatur, sieut istud est. » S. Braul. Epist. 14 ad Frunimian. Abb. — Au vne siècle, S. Valere mentionne avec éloge dans un de ses opuscules un habile copiste ou scribe, nommé Maxime, religieux d’un des monastères qui suivaient la règle de S. Fructueux : « Conligit, ut in quadam magnæ dispoitionis ecclesia, in qua erat plerumque congregatio
fratrum, aliquanto tempore commorassem; inter quos erat quidam frater nomine Maximus, librorum scriptor, psalmodiæ meditator, valde prudens, et in omni sua actione compositus; etc., etc. » S. Valerii opp., n. 17, p. 370, 380. (Esp. sagr., t. XVI.)