‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 233 sur 335 · La trop grande confiance donnée par Florez aux do · texte numérisé non relu

La trop grande confiance donnée par Florez aux do

cuments apocryphes ou interpolés d’Oviedo, lui a fait révo-

quer en doute plus d’une fois la prise de possession réelle et la colonisation chrétienne de la Galice méridionale et du Portugal jusqu’au Mondego par Alphonse 111. L’une et l'autre cependant sont attestées en termes formels par le second des deux chroniqueurs contemporains cités dans la note précédente (Chron., Albeld. n. 61 et 62) que Florez a lui-même édités :

« Conimbriam ab inimicis possessam eremavit,

Et Gallæcis postea populavit.

Ejus tempore Ecclesia crescit et regnum ampliatur,

Urbes quoque Bracarensis, Portucalensis, Aucensis, Eminensis, Visensis atque Lamecensis A Christianis populantur. »

Or voici que ce témoignage dont Florez refusait de tenir compte, se trouve confirmé par plus de cent chartes ou contrats récemment publiés à Lisbonne ( Monumenta Portug. Diplom. et Chartæ, t. I, in-f°, 1868).

4. Les chroniqueurs chrétiens et arabes du ixe siècle ou des suivants (AIpli. 111, Chron., c. 8 ; les compilateurs de 1 ’Akhbar madjmoua cité par Dozy, Recherches, 1, 58) s’accordent sur l'origine gothique des émigrés aux Asturies, et plus spécialement de Pélage et d'Alphonse I (Alph. 111, L c. Anon. Albeld., Chron., n. 161, édit. Berg.). Il faut en outre tenir compte des fils de Suèves et de Goths ramenés dans son royaume par Alphonse I, car on ne poussera pas Y hispanisme jusqu’à supposer que tous les Suèves de la Galice et les Wisigoths des champs gothiques s'étaient faits musul-

gouvernée par des rois issus du sang de Récarède1, mais qui tiennent leur pouvoir de l’hérédité et non plus de l’élection2. Ces rois, comme ceux de Tolède, sont et doivent être à la fois généraux d’armée, administrateurs et juges souverains. Les prélats réunis en conciles, le roi et les grands dans leurs plaids, traitent les causes majeures3, et, suivant la nature de ces causes, prennent pour règle de leurs sentences et de leurs décrets les canons de l’Eglise d’Espagne ou le Gode wisigoth4. Les causes de moindre importance sont jugées par des magistrats d’ordre inférieur, soit royaux, soit populaires : d’après les mêmes lois ou d’après les fueros octroyés aux villes, aux bourgs et aux simples villages par le souverain, les évêques et les propriétaires du sol5. Les cités, les districts, parfois des provinces entières sont confiées à des comtes chargés par le roi d’y exercer en son nom et sous sa dépendance, avec l’aide de juges et d’agents subordonnés, le triple pouvoir militaire, administratif et judiciaire dont lui-même possède la plénitude6. Sauf les cas de guerre et de convocation aux plaids ou aux conciles qui rendent momentanément nécessaire leur présence auprès du roi, les seig’neurs et les nobles habitent leurs villas de la campagne ou la corte qu’ils possèdent dans la capitale7. Il en est de même des évêques, qui résident habituellement dans leur diocèse, et ne le quittent que pour assister aux assemblées politiques ou religieuses auxquelles ils sont convoqués8. Toutefois, conformément à l’antique usage9, quelques-uns de ces prélats vivent à la cour, et suivent le monarque dans ses expé-

mans pour le plaisir d’ètre, avec les Mores leurs oppresseurs, passés au fil de l’épée par le roi catholique.

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