‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 234 sur 335 · Alphonse I était de la lignée de ce roi · texte numérisé non relu

Alphonse I était de la lignée de ce roi

« Vir magnæ virtutis,

Filius Pétri dueis Ha semine Leuvigildi,

Et Recaredi reguin progeniti (Ed. progenitus.)

Alph. III, c. 10.

De Pélage, nous savons seulement qu'il était de race royale :

« Pelagium fdium quondam Fafilani ducis ex semine regio elegerunt. » Id. , ibid., n. 8. Cf. Chron. Anonym., Silens. u. 27 (Berganza, Antigûedades II, apend.).

2. Au début toutefois, l'élection ainsi que l'hérédité avait sa part dans le choix du roi, en ce sens que l’élection, devant porter sur un des membres de la famille royale, pouvait tomber sur des collatéraux , de préférence au fils du roi défunt. Alphonse le Chaste, par exemple, fils de Froila I et petit-fils d’Alphonse le Catholique, est exclu du trône au profit de Bermude I, cousin de Froila. En règle générale, scrupuleusement gardée jusqu'à latin du xe siècle, l’enfant mineur est incapable de régner. A sa place, on proclame roi et non tuteur (remarquons-le bien) un des agnats de la famille royale arrivé à l’àge d’homme. S’il n’en existe pas, la couronne est donnée à la parente la plus rapprochée, offrant cette garantie de raison et de maturité. Voir les actes du concile de Léon de l’an 974 (Esp. sugr., xxxtv, escr. 20), et Risco, Reyes de Leon, p. 213, 214.

3. Ces conciles étaient de vrais conciles, célébrés en présence du roi et des grands, de la même façon que ceux de l’Église hispano-gothique. Les plaids, assemblées politiques et judiciaires, n’étaient pas plus une innovation que les conciles. L’assemblée qui élut Wamba, celle qui jugea le îebelle Paul et ses complices (cf. Julian. Tolet., Hist. Wumb., n. 2, 33-37), étaient de véritables plaids. L’usage de promulguer dans un concile des lois ou des privilèges royaux

qui restaient annexés aux actes, existait déjà sous les anciens rois, comme on le voit par ce qui s’est passé au huitième concile de Tolède. J’y reviendrai plus bas.

4. Voir, en ce qui concerne l’application 1° des canons, les actes des assemblées politico-religieuses tenues à Léon en 880 et 915 (Esp. sagr.,x\ i, escr. 1; xix, escr. 14, n. 2, p. 330) ; et le concile tenu dans la môme ville en 974 (ib., xxxiv, escr. 20, p. 466), etc. ; — 2° du Code wisigoth, Esp. sagr., xvjii, escr. 2; xxvm, escr. 19, p. 313 ; Risco. Reyes de Leon , c. 26. Voir aussi le Concile de Coyanza.

b. Cf. Garcia Fernandez, fuero de Cobarrubias, a. 978 (Muhoz, Fuer. munie., p. 49); Concile de Léon, can. 12, can. 18 (ibhl., p. 63), etc.

6. Gaton était comte d’Astorga en 886 (Esp. sagr., xvi, escr. 1); Vigila Ximenez, d’Alava; Diego Rodriguez, de Castille en 882 (Anon. Albeld., n. 68, 69); Gonzalo Tellez de Cerezo en la même province, l’an 913 (Berg. Antigüed. II, escr. 1 1); Sisenaud II, évêque de Compostelle, est chargé de l’administration du comté de Cornato par Ordono 111 en 932 (Esp. sagr., xix, escr. 22, p. 364); les districts de Carioca et de Cartejo en Galice sont confiés aux comtes Don Gutierrez et Don Froila par Aphonse IV et Ramire II, en 929 et 942 (Ibid., xvui, escr. 14 et 15). Etc.

7. Cf. Steph. Vit. S. Rudesindi, lib. I, c. 1 (Esp. sagr., xviii, p. 375), et le fragment d’une donation où le caballero Hcrménégilde mentionne sa corte de Léon (Esp. sagr., xxxiv,

8. Sur cette résidence habituelle des évêques dans leurs diocèses, voir ce qui est écrit de Gomade, évêque de Coïmbre, dans une donation d’Ordono H, en 922 (Mon. Port., escr. 25), et ce qui est ordonné par rapport à cette même résidence dans le concile de Léon de l’an 915 (Esp. sagr., xix, p. 350, n. 2).

9. « Placuit ut pro reverentia Principis ac regiæ sedis honore vel metropolitanæ civitatis ipsius consolatione, convicini Toletanæ urbis episcopi... singulis per annum

ESPAGNE DU HAUT MOYEN AGE. 249

ditions en pays more , ou dans ses pacifiques pérégrinations à travers les provinces du royaume 1 .

11 n’est plus question dans ces mêmes provinces, à l’époque où nous nous sommes transporté (810-1050), des privations de tout genre que Pélage et les siens durent s’imposer au début de leur insurrection2. A Léon, en Castille, en Galice et dans les Asturies, régnent au contraire la richesse dans les classes supérieures; et chez le peuple, cette aisance qui assure le bien-être ou du moins écarte le besoin. Le tableau des splendeurs de l'Espagne gnthique tracé deux siècles auparavant par Isidore de Beja3 n’exig'e pas de notables changements pour s’appliquer à l'Espagne nouvelle. Comme sa devancière , celle-ci a ses architectes qui lui construisent de nombreuses basiliques et des oratoires, chefs-d’œuvre de goût et d’élégance, dont les échantillons encore subsistants près d’Oviedo excitent la légitime admiration des connaisseurs4; de somptueux palais de ville ou de campagne, avec leurs thermes et eurs prétoires". Elle a ses peintres ornemanistes qui décorent les murs de ses édifices de peintures dont l’éclat se marie harmonieusement avec celui des colonnes et des arceaux de marbre précieux qui en soutiennent les voûtes, de l’or et de l'argent qui s’y trouve prodigné sous toutes les formes6. Elle a ses orfèvres et autres habiles ouvriers

mensibus, in eadem urbe debeant commorari. » (Conc. Tolet. vu, can. 6).

1. Voyage d’Ordono II, de Porto à Crcstuma, avec ses évêques en 922 (Mon. Portug. Diplom. et Chartæ, escr. 25) ; de S. Gennade avec Alphonse III qu’il assiste à ses derniers moments au retour d’une expédition contre les Arabes (Esp. sagr., xix, p. 332, 333) ; des deux évêques accompagnant Ordono II, et faits prisonniers à la bataille de la Junquera perdue par ce prince et son allié le roi de Navarre (Sampir., Chron., n. 33, recens. Monach. Silens. dans Berganza, Antigüed. II, p. 333), etc.

2. « Territimetu récalcitrant, ad montana, tenti iterum efl'ugientes , famé et diversa morte périclitant. » Isid. Pac. Chron. c. 37 (Berganza, Ferreras convincido, p. 466).

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