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Ubi autem illius corpus nimie iufirmitatis augore

fractum, presbitero gratura récusât ferre laboris pondus, claustro ineluditur [Tello]... Quis illius sermones moralitalis dulcedine refertos in senes... in viros... in juvenes... in pueros, quos ut diligens pedagogus et pater amandus parcendo arguebat, aliquo valeat. explicare sermone? » Anon. Vit. Tellonis archid. (Mon. Port., Scriptores, I, p. G6, col. 2).

2. « Damus et offerimus ipsi Deo et Sanctis prenominatis et monasterio Leyerensi et vobis spirituali patri et magistro nostro Domno Sanctio episcopo et monachis, etc. » Sancho el Mayor, Donat ., a. 1014, dans le Dictionnaire géographique de l’Académie de l 'histoire, secc. lra, t. I, art. Leyre. Sur le titre d’évêque, donné ici à Sancho, abbé de Leyre, voir ibid., p. 442, et Yepes, IV, p. 77, verso.

3. Conc. Tolet. II, can. 1 (a. 565). « De bis quosvoluntas parentum a primis infantiæ annis clericatus officio manciparit, hoc statuimus observandum, ut mox detonsi vel

ministerio electorum quum traditi fuerint, in domo eccle-

siæ sub episcopali præsentia a præposito sibi debeant erudiri . Àt ubi octavum deeimum ætatis suæ compleverint annum, coram totius cleriplebisque conspectu, voluutaseoruin de expetendo conjugio ab episcopo perscrutetur. Quibus si gratia castitalis, Deo inspirante, placuerit et professionem castimoniæ suæ, absque conjugali neces.sitate, se spoponderint servaturos, hi, tanquam appetitores arctissimæ vitæ, lenissimo Domini jugo subdantur, ac primum subdiaconatus ministerium, habita probatione professionis suæ, a vicesimo anno suscipiant, etc. »

4. Ansur, un des principaux seigneurs de la cour du roi Ramire III, aussi distingué par ses vertus que par les services rendus à son maître, lit à son lit de mort, en présence d’abbés et de ricos hombres de Léon, un testament verbal par lequel il léguait au monastère de Sahagun son corps pour y être enseveli; ses deux enfants pour y recevoir l’éducation monastique et y faire leur profession religieuse; enfin, tous ses biens meubles et immeubles, avec cette clause que, si ses fils ne persévéraient pas dans la vocation

ESPAGNE DU HAUT MOYEN AGE

souvent rendre au monde, outre les élèves séculiers dont l’éducation leur était confiée, un certain nombre d’écoliers à destination monastique non suivie d’effet. Parmi ces écoliers à vocation indéterminée, citons encore saint Martin de Léon, amené par son père au couvent des chanoines réguliers de Saint-Marcel, où il fît ses premières études, libre de tout engagement et revêtu de son costume laïque Ces quelques exemples suffisent, alors surtout que l’existence de cette double catégorie d’élèves dans les écoles monastiques de la Péninsule nous est formellement attestée, pour toute la durée du haut moyen âge espagnol, par un document historique de la plus haute valeur, dont j’ai déjà eu occasion de parler, Y Ordinal (Liber ordinum) de l’Eglise hispano-gothique ancienne et nouvelle. Le second chapitre de l’édition qu’en a donnée Berganza renferme deux bénédictions distinctes pour les jeunes enfants, à leur entrée dans les écoles ecclésiastiques ou monastiques, selon qu’ils se destinent simplement à l’étude des lettres, ou joignent à cette première visée l’intention plus haute de se consacrer au service de Dieu dans le sacerdoce ou le cloître. Par la première, on supplie Notre-Seigmeur d’accorder au futur écolier, avec le don de sagesse, la grâce de s’instruire parfaitement dans les sciences dont il va aborder l’étude; par la seconde, de combler de ses g’râces divines celui qui se retire de la vie du siècle. Cette dernière bénédiction est en outre précédée de la coupe des cheveux du récipiendaire, ce qui n’a pas lieu pour la première2.

J’ai parlé tout à l’heure de l’entrée des enfants dans les écoles ecclésiastiques ou monastiques : c’est que, en effet, à côté des écoles ouvertes dans les abbayes et monastères proprement dits, auxquelles je réserve exclusivement la seconde de ces épithètes, il en existait d’autres, en grand nombre, épiscopales et presbytérales, qui demandent une qualification moins restreinte, parce que les maîtres qui les dirigeaient n’appartenaient pas toujours à l’ordre monastique3. L’ouverture d’écoles épiscopales ordonnée parle concile de Tolède, dont je transcrivais naguère le canon , devient dans le concile de Gompostelle l’objet d’un nouveau décret, rendu en 1056, que les malheurs, guerres ou désordres de plus d’un demi-siècle avaient rendu nécessaire4. C’est dans une de ces écoles, celle de Coïmbre, que saint Martin de Saure alla terminer les études commencées dans un bourg’ du territoire de cette ville5. Saint Théotonio eut aussi pour premiers maîtres Cresconio, son oncle, évêque de

où il venait de les engager, ils ne pussent, en quittant le monastère, réclamer quoi que ce soit de l’héritage paternel. Ce testament, couché par écrit, fut ensuite présenté au roi pour être confirmé. Mais ce prince, de l’avis de sa mère, la reine Térèse, de tous les évêques et de tous les grands du royaume réunis àNumance (. Zamora ), modifia cette dernière clause, et décida que, dans le cas prévu par le testateur, les deux enfants d’Ansur reprendraient la moitié des biens de leur père. Ceci se passait en 976, et prouve évidemment que, dans l’opinion alors universellement reçue, l’oblation absolue d’un enfant à un monastère ne le liait pas d’une façon irrévocable à la vie religieuse. Cf. Escalona, lib. I, c. vm, p. 45, et escr. b I .

1. « Pater... cum aliis omnibus quæ possidebat et filio ecclcsiæ sancti Marcelli martyris, quæ in urbe sita est Legionis, sub B. Augustini régula se Deo contulit serviturum, fllio tamen propter puériles annos permanente in habit u sæculari. » Luc. Tudens. Vit. S. Martini Leg., c. m.

2. « Oratio super parvulum quem parentes ad doctrinarn offerunt. Domine Jesu Christe, qui os mutorum aperuisti et Jinguas infantium fecisti disertas, aperi, quæsumus, os

famuli tui ill. ad percipiendum sapientiæ tuæ donum, ut in doctrina qua[m] nunc inchoat, perfectissime doceatur, etc. » — ■« Benedictio super parvulum quem inecclesia ad ministeriumDei detunditur. Deus, qui cordium arcana cognoscis... te supplices petimus et precamur, ut præsentem servum ill. a te ex sæculari vita conversum divinitatis tuæ bencdictione l.ocupletes, etc., etc. » Berganza. II, p. 628.

3. La cathédrale de Pampelune resta monastique jusqu’en 1023, la cathédrale de Léon fut pendant près de deux siècles desservie par des religieux; aussi s’appelaitelle Santa Maria de Régla (Régula). V. Risco ( Esp . sagr., XXXIV, p. 262-266).

4. « Adjuogimus, ut per omnes dieceses taies (al. Sacerdotes) eligantur abbates, qui... in divinis Scripturis et sacris Canonibus sial eruditi. Il i autem abbates per proprias ecclesias canonicas faciant scholam, et disciplinam componant, ut taies defera[n]t ad episcopos clericos. » Concil. Compost, can. 2, Esp. sagr., xix, p. 398.

. b. « Dum in hoc mundo vixerunt , hune pre ceteris filium, Martinum videlicet, nimio affectu nutrientes, a primevo infancie suc tempore eum litterarum rudimenta docue-

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MÉLANGES ü’ ARCHÉOLOGIE.

cette même ville de Coïmbre, et l’archidiacre Tello qui fonda, comme nous l’avons dit ailleurs, le monastère des chanoines réguliers de Sainte-Croix, dont notre saint devait être le premier prieur. L’archidiacre fut chargé d’instruire Théotonio dans la musique et le chant; Cresconio s’occupa seul de l’éducation littéraire de son neveu, éducation qu’il avait commencée àGanfey près de Tuy, résidence de leur riche et puissante famillle, et qu’il acheva à Coïmbre après avoir été promu à l’épiscopat l. Si du xn° siècle nous remontons au xi° d’abord, puis au xe, nous retrouvons trois de ces mêmes' écoles en plein exercice. L’une à Compostelle, où fut élevé le saint évêque de Léon, Pélage, l’ami de Ferdinand I et d’Alphonse VI2; l’autre, celle de Dume-Mondonedo, compta parmi ses élèves le fds aîné d’une des plus grandes familles de l’Espagne chrétienne, saint Rosendo. Confié par ses parents à Saharic II, évêque de cette ville, Rosendo conserva le plus tendre souvenir de celui qu’il appelait toujours du doux nom de père, et dont, par son testament ou donation, il ordonna de célébrer solennellement l’anniversaire chaque année, le jour de la fête de saint Romain3. La sainteté de Rosendo, sa science théologiquei la pureté et l’élégance relatives de son style font un égal honneur à l’école d’où il sortit, et au maître qui le forma4. Plus heureuse encore, l’Egdise de Tuy voyait peu après, vers 917 ou 918, prendre place parmi les plus jeunes élèves de son école épiscopale, deux neveux de l’évêque Hermoygius, dont l’un, Vimara ou Vimaraise, monté en 936 sur le siég’e de Tuy, d’où son oncle était descendu dix ans auparavant pour embrasser la vie religieuse, mérita, paraît-il, les honneurs d’un culte public, d’ailleurs assez restreint5; l’autre, célèbre dans tout l’Occident chrétien au moyen âge, est l’héroïque martyr saint Pélage, qui mourut dans les plus cruels tourments pour la défense de sa foi et de sa chasteté, par l’ordre et sous les yeux du calife Abderrame III, en 926. Il était entré trois ans et demi auparavant dans les prisons de Cordoue, où son oncle Hermoygius, pris à la bataille de la Junquera, l’avait laissé en otage0. Si jeune encore,

nmt; atque diebus omnibus eum Domino serviendum promiserunt... Accidit autem... ut prefate urbis [Colimbrie] venerabilis vite antistes... adveniens, per supra memoratum vicum contigit habere transitum. Quem parentes ipsius... Martini hospitio ovanter suscipientes... ilarc obsequium... ministrarunt , dicentes sese in litteralibus studiis clericulum filium habere, quem tanti presulis arbitrio obtemperare desiderabant... Episcopus... in sui episcopatus sedem puerum deferri precepit... iu numéro canonicorum puerulum Martinum... canonicavit. Qui in juvenilibus adhuc positus annis... grammatice profession’! operam dédit, etc.» Salvat., Vit. S. Martini Saur., n. 4 et 3.

1. « Cum ad etatem discipline congruum pervenit, spiritualibus litterarum studiis eruditus est. Deinde, intervallo temporis exacto, cum jam inter pueritiam adolescentiamque médius esset, cum avunculo suo Col imbrie nsi episcopo, Domno Cresconio, qui magister ejus fuit, Colimbriamvenit, ibique sub Tello archidiaeono... legendi simul et cantandi usum ecclesiasticum... memoriter et plenarie didicit. » Anou., Vit. S. Theoton., n. 2. L’auteur de cette vie ne se fait connaître que par le titre de disciple du saint.

2. « Ego enim Pelagius... in Gallccia provincia ortus, adolevi in sede sancti Jacobi, ibiqué doctrinis ecclesiasticis adprime eruditus, ad gradum usque levit ici ordinis promotus sum. » Pelage (a. 1073), Esp. sagr., XXXVI, eser. 28.

3. « Villa Cercebre quam mihi concessit pi us pater Doniinus Sabaricus episcopus... Omni tempore, studeant in

memoria sancti patris mei spiritalis Sabarici episcopi, festa sancti Romani monachi persolvere. » S. Rudesindi Testamentum. (Yepes, V, escr. 1). Cf. Florez, Esp. scigr., XV11I, p. 69, n. 7.

4. L’éminente sainteté du grand évêque de Mondonedo éclate dans toute sa vie à laquelle je renvoie le lecteur. Mais il me paraît bon de donner ici le début de son testament, en confirmation du jugement que j’ai porté sur la doctrine et le style de saint Rosendo : « O Lumen verum a vero Lumine ineffabiliter oriens, et omnem hominem in hune mundum venientem illuminans! O Ver[b]um ex ore Patris plénum gratia et veritate progrediens, qui cum eo et Spiritu sancto sic personaliter in singulis mânes, ut unus adoreris, lauderis atque confitearis; qui ita te nobis misericorditer ostendisti, ut quod celorum mi[ni]steria nesciebant, nostro in tempore revelares; quod illi (1. ilia) in enigmate, nos cerneremus in veritate ; qui Israclitico populo per prophetas, nunc nobis per te, Filius Dei, loqueris; dum illis Deus videbaris in rubo, nunc [nobis] appares ex Virgine homo, etc., etc. »

3. Cf. Florez, Esp. sagr., XXII, p .41, n. 23; p. 43 et 46; et p. 32, n. 36, 37.

6. Cf. Florez, ibid., XXIII, p. 106 sgg. — A propos de Pélage et d’Hermoygio, Florez (p. 106, n. 3) affirme qu’au x°siècle, les évêques qui accompagnaient le roi dans les expéditions ( fonsados ) contre les Arabes, non-seulement encourageaient l’armée de leur présence et de leur parole, mais aussi commandaient les milices, tant de leurs domaines personnels et

il était déjà assez avancé dans la connaissance des lettres humaines, pour lire avec goût et étudier avec fruit les épîtres de saint Paul, durant les loisirs de sa captivité, ce qui prouve à la fois la pénétration de son esprit et la solidité de sa première éducation1.

Au-dessous de ces écoles supérieures où les enfants recevaient une instruction complète, il en existait d’élémentaires ou primaires dans presque tous les villages. Elles étaient tenues par les prêtres réguliers ou séculiers chargés du soin des âmes dans chaque bourgade. C’est ainsi que saint Martin reçoit dans celle d’Auranca, où il est né, la première teinture des lettres humaines2. C’est ainsi encore que, plus tard, ce même saint Martin, installé à Satire, joint à ses nombreux travaux d’apôtre, de constructeur et de défricheur, l'instruction religieuse et littéraire de la jeunesse. Ce dévouement lui vaut un historien; car Salvado, qui nous a laissé le curieux récit de sa vie, avait été formé par ses soins 3. C’est ainsi, enfin, que, dans la Rioja, au commencement du xi° siècle, lorsque saint Dominique de Silos veut échanger le soin des troupeaux contre la clergie, il n’a qu’à changer d’habit, et trouve à Canas même, sa patrie, qui n’était alors et n’est encore aujourd’hui qu’un très-petit village , l’école et le maître dont il a besoin pour atteindre le but qu’il se propose4. Les sources d’instruction ouvertes par l’Eg’lise d’Espagne étaient donc, à la dernière période du haut moyen âge, aussi nombreuses, aussi variées qu’à la première. Toutes les classes de la société pouvaient aussi facilement, plus facilement peut-être qu’autrefois, y puiser la science dont

de ceux de leurs églises, <jue des villes épiscopales. Acceptant cette affirmation dénuée de preuves sur le pied d’une démonstration catégorique, le récent auteur d’une excellente histoire d’Espagne, le regretté Cavanilles, termine le récit de la déroute de la Junquera par cette réflexion (. Hist . de Esp., Il, p. 9) : « Ces évêques guerriers nous étonnent aujourd’hui. Nous les rencontrerons à chaque pas dans tout le moyen âge et dans toute l’Europe, soit à titre de sujets, soit comme seigneurs de vassaux. Ne les accusons pas, accusons le temps où ils vivaient. » N’allons pas si vite! Avant de condamner de ce chef et l’Espagne duxe siècle, voire du xi° et du xue, et ses évêques, il faudrait : 1° citer un seul chroniqueur, un seul document du temps qui nous montre les évêques, attachés suivant l’antique usage à la personne du roi, amener avec eux des troupes sur le champ de bataille et combattre à leur tète; c’est ce qu’on n’a jamais fait, et ne fera pas davantage à l’avenir; 2° produire une donation de la même époque, consentie en faveur d’un évêque ou de quelque autre ecclésiastique, avec obligation pour le donataire de prendre les armes et de guerroyer au service du donateur; ou bien encore, indiquer quelle loi, quels fueros obligeaient, contrairement au droit canon espagnol toujours en vigueur, un ecclésiastique quelconque à porter les armes; 3° prouver enfin, sur pièces, que les colons ou pobladores des domaines ecclésiastiques, exempts par leurs fueros et cartas-pueblas de tout, ou presque tout service militaire, devaient, dans les circonstances extraordinaires et très-nettement déterminées où ils étaient tenus de prendre les armes, guerroyer sous les ordres de leur évêque ou de leur abbé, et non du comte ou du mérino chargés par le roi du gouvernement civil et militaire de la province, ou du district dont ces domaines faisaient partie. En attendant ces preuves absentes, faisons grâce à l’Église d’Espagne de nos excuses; elle n’en a nui besoin. La promptitude avec laquelle ses évêques, réunis en concile au xie siècle, renouvelèrent les anciens canons de Tolède,

interdisant aux clercs le port des armes (v. plus haut, p. 272, not. S), nous est d’ailleurs un sur garant que, si elle fut témoin de quelques abus en ce genre, elle ne les laissa pas dégénérer en coutume.

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