Salvat., Vit. S. Mart. Saur., n
3. « Duna suit disciplina illius olirn tenerer ego ipse, utpote rudis et magis lascivie quam doctrine deditus, de ejus actibus probitatisque moribus, ut puerulus, paucorum rem b niscor. » Id., ibid., n. I .
4. << El santo pastorziello, ninno de bnenas mannas, Andando cou su grey por termino de Cannas,
Asmo de ser clerigo, saber buenas fazannas,
Por vevir honesto cou mas limpias compannas.
Plogo a Ios parientes quando lo entendieron, Cambiaronle el habito, e otre rneior le dieron, Buscaronle maestro el meior que podieron,
Levaronle a la eglesia, a Dios le ofrecieron,
Dieronle sus cartiellas a ley de monaciello,
Assentose en la tierra, toi iôsse el capiello,
Con la mano derechapriso su estaquicllo...
Venie a su escuela el infant grant mannana,
Non avie a decirgelo, nin madré, nin hermana...
Bien Icie e cantaba sin ninguna pereza,
Mas tenie en el seso toda su agudeza...
El obispo de la tierra oyo deste christiano...
Mandol prender las Ordenes, diogelas de su mano, elc. » Gonzalo de Berceo, S. Domingo de Silos, copl. 34-43.
MELANGES D ARCHÉOLOGIE
elles avaient envie ou besoin. Le péon, artisan ou cultivateur, n’en était pas plus exclu que le caballero, l’infanzon ou le fils du roi. Ils s’y rencontraient pêle-mêle, et s’abreuvaient des mêmes eaux. C’est le spectacle dont l’antique abbaye de Samos fut témoin au temps où, jeune encore, Alphonse le Cbaste en fréquentait l’école ; et celle de Leyre, quand elle comptait Sancho de Navarre parmi les élèves qu’elle instruisait dans la vertu et dans les lettres. Nul doute aussi que le noble Hermégilde et le saint comte Osorio, dont il a été question ailleurs, n’aient acquis, côte à côte de fils d’ouvriers et de colons, dans quelque école monastique ou épiscopale, les connaissances qui leur permirent d’embrasser, sans nouvelles études préparatoires, l’état ecclésiastique et monastique, après de longues années passées à pourfendre de leur bonne épée les crânes rasés des musulmans, dans les guerres d’Ordono II et de Ramire II. Il faut toutefois ajouter que, en ce qui concerne les princes du sang* royal, ceux surtout des Asturies et de Léon, il n’est pas certain que l’éducation leur ait toujours été donnée dans ces écoles ecclésiastiques. On voit, en effet, au xie siècle, Ferdinand I établir dans son propre palais une école, tenue sans doute comme les autres par des clercs ou des moines, mais uniquement destinée aux enfants de ce saint et vaillant roi. C’est là que, sous sa surveillance, et recevant les leçons des mêmes maîtres, ses trois fils, Sancho, Alphonse et Garcia, et ses deux filles, Urraca et Elvire, étudiaient ensemble ies sept arts libéraux. Mais leur père avait trop de sens chrétien ou de bon sens pour s’en tenir là. L’Espag*ne avait alors besoin d’autre chose que de princes lettrés et d’infantes bas-bleus. Ferdinand ne l'ignorait pas; il voulut donc que, ces études littéraires terminées, et même concurremment avec elles, ses fils s’appliquassent à tous les exercices du corps nécessaires à la formation d’un parfait caballero, et ses filles aux travaux propres de leur sexe L Ses intentions furent suivies et ses désirs satisfaits. Les infantes ne furent pas celles qui retirèrent le moindre fruit de la sag*e et virile éducation qu’elles avaient reçue; l’aînée surtout de cette héroïque lig’née , doua Urraca, si elle a vraiment, comme je le crois, écrit elle-même le préambule de sa donation à l’Eglise de Tuy, joignait à la sainteté des mœurs, au ferme courage, à la haute prudence dont ses contemporains les plus dig’nes de foi lui font honneur1 2, un esprit élevé, sachant exprimer de nobles et grandes pensées en un style qui est loin de les déparer3. De pareils exemples d’éducation privée se retrouvent dans F histoire des riches familles espagnoles de ce temps-là. C’est ainsi que, au début du x° siècle, les nobles parents de sainte Senhorine de Basto en usèrent avec leur fille, qui, de leur consentement, s’était dès son plus bas âge vouée à la vie monastique. Ils lui choisirent pour gouvernante ( nutrix ) une sainte religieuse chargée de l’instruire des devoirs de sa vocation, par ses leçons, par ses exemples, par l’explication des livres saints, des traités de saint Ambroise et des autres
1. « Rex vero Fernandus filios suos et filias ita censuit instruere, ut primo liberalibus disciplinis, quibus et ipse studium dederat, erudirentur. Dein, ubi ætas patiebatur,
more Hispanorum equos cursare, armis et venationibus
lilios exercere feeit ; sed et lilias, ne per otium torperent, ad omnem muliebrem honestatem erudiri j ussit . » Monach. Si 1 . , Chron., n. 81 (Berganza, II, p. 541). Le moine de Silos, écrivain contemporain, est d’autant plus digne de foi dans tout ce qu’il raconte de l’éducation des enfants de Ferdinand I, qu'il avait personnellement connu doua Urraca et traité souvent avec elle. Parlant de cette princesse, il dit en effet (n. 14) : « Pollebat namque et cousilio et probitate, quippe quod magis experimento, quam opinione didicimus. »