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Proinde autem, ut sanctissimus Cyprianus ait, calix

Dominicus ideo vino mistus aqua offertur, etc. » Id. contr. Elipand., n. 76. — « Iste est immaculatus, qui quoti-

die, ut beatus Andréas ait, iÂviïtare crucis sanctificatur. Cujus carnes posteaquam omnis populus credentium manducaverit et ejus sanguinem biberit, agnus qui sanctifîcatus est integer persévérât et vivus. » Id., ibid., n. 126. Comparer avec les actes de saint André dans Tischendorf, Acta Apost. apocr., p. 1 13, texte et note (Leipzig, 1831). Les actes de S. André, cités par Beatus, faisaient sans aucun doute partie du recueil de Vies de Saints ou Sanctoral, dont toute église possédait un exemplaire. — Quant à la collection espagnole des anciens canons, c'est à elle évidemment que Beatus emprunte ses citations du concile d’Éphèse. Cf. ibid., n. 21, 28, 29, etc.

4. « Velata fuit Moysi, usque ad Christum, Bibliothecæ faciès, et in line hujus Bibliothecæ revelata est... quæ tota Bibliotheca unus liber est, in capite velatus, in fine revelatus, qui liber duo Testamenta dicuntur... Quo firmato, ad Bibliothecam nostram redeamus. » Id. , ibid. , n. 99, 114, etc., etc.

ESPAGNE DU HAUT MOYEN AGE

dont la Liebana est une dépendance, échappé à la rapacité des musulmans? C’est ce que je me dispenserai d’examiner en ce moment. Il suffira de constater que, vers le milieu du ixe siècle, c’est-à-dire moins de cent ans après saint Beatus , ces montag’nes renfermaient une population chrétienne indépendante, au sein de laquelle de nombreux et florissants monastères entretenaient l’amour de la science et de la piété1. Dieu merci! la civilisation de l’islam, ou n’avait pas pénétré jusqu’en ces confins reculés de la Péninsule, ou en avait été assez promptement chassée pour n’y laisser sa trace imprimée dans aucune ruine. Aussi, lorsque le glorieux martyr saint Euloge voulut donner cours au noble dessein de ranimer l’étude trop négligée des lettres latines parmi les chrétiens opprimés de Cordoue, sa patrie, ce fut à la Navarre et à ses religieux qu’il alla demander les moyens de le réaliser. Bien que le motif de son voyag’e en cette province ait été complètement étranger au plan projeté d’une renaissance littéraire parmi les Mozarabes, le saint ne le perdit jamais de vue dans le cours de son excursion. Accueilli par les moines navarrais des diverses abbayes qu’il visita, avec une charité et une cordialité dont, après dix années écoulées, le souvenir attendri vivait encore au fond de son cœur2, Eulog’e ne craignit pas de faire appel à leur libéralité en faveur de ses frères malheureux. Les bibliothèques de ces monastères étaient abondamment pourvues d’excellents livres. Il sollicita et obtint de ses hôtes le don d’un certain nombre de leurs manuscrits, et les rapporta triomphant à Cordoue. La Cité de Dieu de saint Augaistin, l’Enéide de Virg’ile, les satires d’Horace et celles de Juvénal, les fables d’Avienus, les opuscules de Porphyre, des hymnes catholiques d’une rare élég’ance de style — celles du poète espagnol Prudence peut-être — ■, les inscriptions métriques ( Epigrammata ) d’Alclhelm, évêque saxon du vme siècle3, entrèrent pour la plus larg-e part dans le butin recueilli par Eulog’e 4. La dîme ainsi prélevée sur les bibliothèques monastiques de Navarre nous permet, on le voit, de nous faire une assez juste idée et de la générosité des religieux de ce pays, et de la richesse des collections littéraires et scientifiques qu’ils avaient formées et conservées.

1. « Ego Cordubæ positus, sut» impio Arabum gemam imperio; vos autem Pampilona locati, Christicolæ principis lueri meremini dominio. » S. Eulogii, Epist. ad Wiliesindum, n. 9 (Patrol., t. CXV). — « Clinique me lino residere loco multiplex dolor non sineret, libuit mihi loca visitare sanctorum... et maxime libuit. adiré beati Zachariæ acisterium, quod situm ad radices montium Pirenæorum, in præfatæ Galliæportariis, quibus Aragus tlumen oriens, rapido cursu Seburim et Pampilonam irrigans.amni Cantabro infunditur; quod famosissimis in exercitatione regularis disciplinæ studiis decoratum, toto refulgebat occiduo... Prius autem quam ad eumdcm locum accederem plures apud Legerense monasterium commorans dies, præcipuos in Dei timoré viros ibidem manere cognovi, etc. » Id.,î£ud.,n. I et n. 2. Au paragraphe 133 de la même lettre, saint Enloge mentionne trois autres monastères de ces mêmes contrées qu’il avait visités. La lettre est datée du 15 novembre 85t. Le voyage du saint en Navarre aurait eu lieu une dizaine d’années auparavant. Cf. Morales, not. 2 in hanc epist., ibid., col. 903.

2. Voir le magnifique éloge que le saint trace de ces religieux dans sa lettre à l’évêque de Pampelune Wiliesinde, n. 2-4 (Patrol. ubi supr., col. 846, 847).

3. Saint Aldhelm mourut en 709. Ces œuvres, publiées de nouveau, il y a quelques années, par le docteur Giles,

en Angleterre, et reproduites dans le tome LXXXIX0 de la

Patrologie, ne renferment pas (Y Epigrammata. Sous ce nom, Alvaro de Cordoue désigne les Ænigmata du saint évêque, insérés dans son grand traité de Septenario, et qui ne sont en réalité que des inscriptions pour divers objets plus ou moins curieux.

4. « Occasione fratrum suorum, qui ipsis diebus in Franciæ flnibus exulabant, indeptam viam arripuit (. Eulogius ), et in Pampilonensium territoria ultro progrediens, monasterium sancti Zachariæ ingressus, et aliorum cœnobia ipsarum regionum gliscenti voto percurrens, multorum Patrum est amicitia dulcoratus... In quibus locis multa volumina librorum reperiens... inde secum librum Civitatis Beatissimi Augustini et Æneidos Virgilii, et Juvenalis metricos itidem libros, atque Flacci satyrata Poemata, seu Porphyrii depicta opuscula , vel Adhelelmi Epigrammatum opéra, neenon Avieni Fabulas metricas, et Hymnorum catholicorum fulgida carmina, cum multis minutissimarum causarum ex sanctis quæstionibus multorum ingenio congregatis, non privatim sibi, sed communiter studiosissimis inquisitoribus reportavit. » Alvaro de Cordoue, Vit. de Eulogii, n. 9 (Esp.sagr., X, apend., 6). — Par Opuscula depicta Porphyrii, Alvaro, sans doute, entend les Dialogues de ce philosophe traduits et commentés par Boèce. La mise en couleur des quatre ou cinq figures intercalées dans le texte aura, je suppose, valu ici à ces opuscules le qualificatif joint à leur nom.

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

Gomme les monastères auxquels elles appartenaient , les deux bibliothèques dont nous venons de parler se rattachaient très-probablement par la date de leur création aux siècles antérieurs à l’invasion arabe. Il n’en est pas ainsi de celle d’Oviedo. Pélagie s’était soulevé contre les Mores, les avait vaincus et était mort entouré d’une auréole de gloire dont aucun échec n’avait terni l’éclat; son gendre Alphonse I avait doublé l’étendue du royaume des Asturies et porté au loin la terreur des armes chrétiennes; et cependant le terrain où devait s’élever un jour la capitale de ce royaume naissant était encore désert, hérissé de ronces et de broussailles. Lorsque Froila I, fils et successeur d’Alphonse le Catholique, vint y jeter, vers la cinquième année de son règne (762), les fondements de la cité royale, les choses n’avaient guère changé de face : deux moines, l’oncle et le neveu, et leurs serviteurs, défrichant le sol autour de l’humble chapelle qu’ils avaient édifiée en l’honneur de saint Vincent martyr, étaient les seuls habitants de cette solitude *. Délaissée par quelques-uns des successeurs de Froila, en partie ruinée par les Arabes, sous le règne de l’usurpateur Mauregat, ou au début du règne d’Alphonse le Chaste", Oviedo fut magnifiquement restaurée par ce dernier prince, qui l’orna de palais, de hains publics splendidement décorés, et rebâtit de fond en comble sur un plan plus vaste la célèbre cathédrale de Saint-Sauveur aux douze autels 3. Nonseulement Oviedo doit à ce roi sa splendeur nouvelle, et sa dig’nité de capitale qu’elle devait garder un siècle entier; mais c’est à lui qu’elle est redevable du premier noyau de sa bibliothèque épiscopale. Dans la charte de dotation de la basilique de Saint-Sauveur, Alphonse le Chaste, entre autres dons de sa libéralité vraiment royale, mentionne, en effet, celui d’une bibliothèque de livres, c’est-à-dire d’une bibliothèque proprement dite, et non d’un exemplaire de la sainte Ecriture, comme le prouvent les quelques lignes laissées en blanc, qui, dans la copie dont Iiisco se servait, suivent immédiatement, et devaient recevoir les titres des divers ouvrages contenus en cette collection4. Soit oubli, soit négligence, ce vide n’a jamais été rempli. Nous serions donc réduits à de vaines conjectures sur le nombre et la valeur des livres légrnés à Saint-Sauveur d’Oviedo par Alphonse II, si, en 882, un des notaires de cette basilique n’avait eu l’heureuse pensée d’en dresser l’inventaire, et de l’écrire sur la dernière pag’e d’un des manuscrits de cette bibliothèque. Ambroise de Morales, dans le voyag’e bibliographique entrepris par ordre de Philippe II, retrouvait, en 1572, à Oviedo, ce précieux

) . « Non est dubium, sed multis manet notissimum, quod istum locum quem dicunt Oveto, tu, jam dicte Maximus, prias erexisti et aplanasti ilium una cum serves tuos ex squalido, nemine possidente et popularité de monte, et sic postea conjunctus pariter cum eodem predicto tio tuo Domino Fromistauo abbate, fundastis inisto loco jam dicto Oveto, basilicam Sancti Vincentii levite et martyris Christi... Et ego jam Fromista abba, qui jam viginti annos sum quod simul cum meo sobrino Maximo presbytero hune locum squalidum a nemine habitante irrumpimus, etc., etc. » Fromista etalii (a. 779). Esp. sagr., XXXVII, escr. C.

2. Risco (Esp. sagr., XXXVII, p. 192, n. 30o, 306) croit que l’Eglise de Saint-Sauveur, bâtie par Froila, fut détruite et profanée par les Arabes dans la bataille qu'ils livrèrent à Mauregat, aux portes d’Oviedo, et d’où ce prince sortit vainqueur. Il interprète dans ce sens un passage des actes passablement suspects du premier concile d’Oviedo (Conc. Ovet., I, n. 9). M. Dozy place en 794 la prise et la ruine d’Oviedo par Abdalmelic, général d’Hichâm I ( Recherches , I, p. 141). Quels que soient les doutes sur le règne et l’année, le fait en lui-même est certain. Il est affirmé dans une ins-

cription commémorative d’Alphonse II reproduite dans la note suivante.

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