‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 289 sur 335 · Même remarque à faire sur cet article du catalogue · texte numérisé non relu

Même remarque à faire sur cet article du catalogue

ESPAGNE DU HAUT MOYEN AGE

puscules divers de saint Eugène» de Tolède. Des deux primats espagnols de ce nom, c’est vraisemblablement le second, musicien, théologien, liturgiste et poète, dont les écrits avaient contribué à la formation de ce recueil. « Saint Prosper à Julien » L Choix d' « Opuscules de divers poètes » 2. « Martyrologe romain » 3. Trois autres livres liturgiques : l’ordinal et deux antiphonaires4. Un «Glossaire»5. Un traité de «Géométrie». Œuvres poétiques de l’évêque « Alchime » ou Alcime, c’est-à-dire de saint Avit, archevêque de Vienne6, de l’évêque saint Aldhelm, de Dracontius, de Sédulius et de Prudence7. Les douze livres de l’Énéide du poète Virgile en un volume. Vie de Virgile, d’Ovide, notes et remarques sur les Livres de l’Enéide, et quelques aphorismes des Philosophes, en un volume8. Le Livre des Consolations, de Boèce, et un traité de l’Art grammatical, en un volume9. Cinq livres de Juvénal, en un volume10. Les distiques moraux de Caton. Enfin les Panégyriques de Justin le Jeune et d’Anastase 11 , tous deux d’auteurs inconnus.

Dans les années qui suivirent la confection de l’inventaire, la bibliothèque de Saint-Sauveur d’Oviedo s’enrichit d’un certain nombre d’autres ouvrages, soit par la libéralité de donateurs restés inconnus, soit par le travail des copistes du scriptorium épiscopal. Citons parmi ceux de ces manuscrits que Morales y retrouvait encore au xvi” siècle, un Nouveau Testament écrit par le notaire Juste pour son usage personnel, comme le prouve l’inscription en labyrinthe dont il est orné12. Ce manuscrit remonte aux dernières années du vin0 siècle ou aux premières du ixe13; un Sanctoral écrit pour Froila I qui régnait dans les Asturies de 757 à 768 14; les Homélies d’Origène sur le Lévitique, les Nombres et autres livres de l’Ancien Testament traduites par Rufin; les Vies de saint Martin par Sulpice Sévère, et de saint Millan par Braulion de Sarag’osse ; un très-ancien manuscrit en deux volumes contenant des opuscules de saint Ambroise et de saint Augustin ; les Sermons du second de ces deux grands docteurs; les Œuvres de saint Valère, de saint Fructueux et quelques vies de saints en un

d’Oviedo que sur le précédent. Morales signale, parmi les manuscrits existants encore de son temps dans la bibliothèque de Saint-Sauveur, un volume in-4° d’écriture hispano-gothique, renfermant quelques opuscules de saint Jérôme, auquel la présente indication pourrait bien se rapporter. Cf. Morales, Viage, p. 97.

1. Les œuvres connues de saint Prosper ne renferment aucune lettre ou traité adressé à un personnage de ce nom.

2. Cet article et les deux précédents sont ainsi rédigés dans l’inventaire : « Ex diversis opusculis Beati Eugeuii. Beati Prosperi ad Julianum. Item ex opusculis Poetarum. » Morales, p. 96, 97.

3. « Martyrologium Romense.» Suivaient dans le manuscrit quelques autres mots que Morales ne put déchiffrer. Cf. ibid., p. 96.

4. L’un de ces antiphonaires porte dans le catalogue le titre de « Antiphonarium ex quotidianis », l'autre celui de « Antiphonarium malorum ». Je lis majorum [dierum], et j’interprète « Antiphonaire des grandes fêtes », par opposition au premier qui était, je pense, l’antiphonaire des fériés ou des fêtes ordinaires.

o. « Glossematum [Liber], »

6. Sextus Alcimus Avitus, mort au commencement du vie siècle.

7. « Prudentii, iibros n (Morales, librixï) corpore uno. » Eguren, p. 89.

8. u Vita Virgilii, Ovidi Nasonis: in libris Eneidarum et quedam sententie philosophorum , corpore uno. » Eguren, ibid.

9. « Liber Consolationum (Mor. Collaiionum), Artis Grammat ice. » Eguren, ibid.

10. « Juvenalis Iibros V, corpore uno. » Eguren, ibid. Morales omet Iibros V. Livre est ici, je pense, synonyme de satire, dont cinq seulement auraient été contenues dans le manuscrit.

1 1. « In laudem Justini Minoris. In laudem Anasthasii. » Mor., p. 93.

12. Id. ib. — « Justi liber ». Voici à peu près la façon dont ces deux mots étaient écrits en labyrinthe, à en juger d’après le spécimen d’inscription analogue publié par Risco et Hühner :

REBILIBER EB I LILIBE B I L 1 T I L I B I LITSTILI LITS VS Tl L I T S VI V STI LITS U ST IL I L I T STI L 1 B I L I TI L I B EBI LU, I BE REBILIBER

13. On lit à la fin de ce manuscrit la note suivante : « Obiit Justus notarius die xii kal. Ianuarii, era DCCCL » (21 décembre 812). Cf. Morales, p. 93.

14. Morales, Viage, p. 96, 97. Ce manuscrit portait l’inscription Troylani Principis sum, tracée dans l’intérieur de la grande lettre initiale de la vie de saint Alexandre.

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

volume; un magnifique exemplaire des Homélies de saint Grégoire le Grand terminé le 18 juillet de Tan 901, et distinct par conséquent de ceux dont il a été précédemment question; les Sentences de saint Isidore en double exemplaire; recueil de vies de saints écrit ou possédé par un certain Valérius, que Morales serait tenté d’identifier avec saint Yalère du viie siècle1 ; Exposition du Cantique des Cantiques suivie de la traduction du traité de JReparaiione lapsi de saint Jean Chrysostome , manuscrit antérieur à l’invasion arabe, d’après Morales. Le Livre de Pélage d’Oviedo, en double exemplaire, contenant les anciennes chroniques d’Alphonse 111 ou de Sébastien de Salamanque, de saint Julien de Tolède, d’Isidore de Séville, de Pélage lui-même; les lettres du roi Sisebut, un formulaire wisi gothique2, et un certain nombre d’autres pièces, entre autres un traité fort court des sept arts libéraux. Ce recueil compilé dans les premières années du xuc siècle seraitd’un très-grand prix, si l’auteur eût bien voulu nous transmettre les vieux chroniqueurs asturiens, tels qu’il les avait reçus, au lieu de les défigurer et de les déshonorer tout à la fois par de ridicules ou d’absurdes interpolations3. Composé pour le roi Alphonse VI, ce manuscrit portait en tête la croix d’Oviedo suivie du chiffre de ce prince 4. Le Cartulaire de l’Eglise d’Oviedo, compilé par les ordres du même évêque Pélag’e. Mentionnons enfin, pour compléter ce qui précède, un exemplaire des Étymologies du docteur de Séville, écrit dans les Asturies en 733, entré dans , la bibliothèque de Saint-Sauveur après 882, puisqu’il ne figure pas sur l’antique inventaire, absent d’Oviedo lors du voyage bibliographique de Morales, et qui fait aujourd’hui partie de la riche collection de l’Escurial, où il a failli périr dans un incendie; et le Traité du baptême des enfants par saint Augustin. Ce manuscrit lombard de la tin du vie siècle ou du commencement du vu* siècle a passé comme Je précédent de la bibliothèque d’Oviedo à celle de l’Escurial 5. De tous ces manuscrits précieux, encore si nombreux au temps de Morales, il n’existait plus au siècle dernier dans les archives de la cathédrale de Saint-Sauveur que le cartulaire de cette église, qui aujourd’hui, sans doute, en aura disparu pour devenir aux mains des agents du fisc révolutionnaire un instrument de spoliation0.

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