Sur le livre de Pélage, v. Risco, Esp. sagr ., XXXVIII
p. 109-138; Morales, ibid., apend., escr. 40; de Rozière, Introduction, p. xvii-xxi. Ce dernier, tout en reconnaissant les erreurs grossières et les infidélités de l’évêque d’Oviedo, trouve que la critique a été trop sévère à son égard. Elle aurait dû, en effet, lui tenir compte du désintéressement
dont il a fait preuve en ne s’appropriant pas, comme la plupart des chroniqueurs, les œuvres qu’il reproduisait; et aussi de ce que, dans ces altérations ou interpolations, qui ont toutes pour but de rehausse!' l’éclat du siège d’Oviedo et d’en agrandir les privilèges, il a partagé le tort commun aux écrivains du moyen âge. Je ne puis me rendre à ces raisons, et crois, au contraire, que la critique, loin
de se montrer trop sévère, a péché par excès d’indulgence, en admettant, sur la seule autorité de ce prélat, des faits et des documents qu’elle aurait dû tenir en quarantaine, jusqu’à confirmation de leur vérité ou de leur authenticité par des témoins plus dignes de foi. Lorsqu'un historien a été convaincu de mensonge, d’ignorance et de sotte crédulité, il perd, ce me semble, tout droit à être cru sur parole. Le désintéressement dont on fait honneur à Pélage était forcé. S'il n’eùt pas laissé à leurs auteurs les omvres qu’il interpolait, ces chroniques, publiées sous son nom, n’auraient eu que peu ou point de crédit. Tous les chroniqueurs espagnols antérieurs à Pélage, klace et JeandeValclara, Isidore de Séville et Julien de Tolède, Isidore de Réja et Alphonse 111, l’anonyme d’Albelda et Sampire avaient d’ailleurs donné l’exemple d’un désintéressement au moins égal; car je ne sache pas qu’aucun d’eux ait reproduit l’œuvre de ses devanciers en se l'appropriant. Je n’en connais également aucun qui ait été convaincu d’avoir sciemment altéré la vérité et supposé de fausses pièces, pour rehausser l’éclat de son siège, quand il était évêque; de son monastère, quand il était abbé; de son royaume quand il était roi. Ils n’ont donc partagé en rien les torts justement reprochés à Pélage d’Oviédo.