Eguren, p. xxm et
G. « De tantos libres como ban existido en la Iglesia de
ESPAGNE DU HAUT MOYEN AGE
La bibliothèque épiscopale d’Oviedo eut un roi pour fondateur; celle de Léon, ou plutôt de Sainte-Marie de la Regda, cathédrale monastique de cette ville, doit sa première origane à, la sollicitude éclairée des évêques de la seconde capitale du royaume fondé par Pélagie. Aux premières années du règ*ne d’Alphonse le Grand, en 874, alors que Léon n’était encore qu’un simple chef-lieu de province, Frunimius I cédait à Sainte -Marie les Questions sur la Trinité de saint Aug-ustin et le livre des Offices de saint Isidore de Séville avec quelques manuscrits liturgiques Cette collection embryonnaire s’accrut en 928 d’une Bibliothèque sacrée, des Canons de l’Egdise d'Espagne, d’un livre d’homélies, et des Collations de Cassien données à son égdise par l’évêque Frunimius II2. Grâce à d’autres donations qui n’ont pas laissé de traces dans l’histoire, et aussi, sans aucun doute , au travail assidu des moines copistes du scriptorium de la Régla , la bibliothèque épiscopale de Sainte-Marie se développa si bien, que, vers la fin du xic siècle, elle était devenue une des plus considérables du royaume. Mais si les malheurs des temps — gmerres étrangères et guierres civiles — n’avaient pu en arrêter le développement, ils y avaient rendu nécessaire un travail à peu près complet de réparation et de réorganisation .
Ce fut encore un évêque qui se chargea de cette tâche, et qui la remplit consciencieusement. Pélagie , né en Galice, sortit riche de vertus et d’érudition ecclésiastique de l’école épiscopale de Compostelle où il avait été élevé. Sa réputation, s’étant peu à peu répandue au dehors de son diocèse d’origûne, s’étendit enfin jusqu’à la capitale du royaume. Ferdinand I, instruit de son mérite, le demanda à son évêque, et le plaça sur le siég’e épiscopal de Léon, la dernière année de son règme (1065) 3. Le nouveau prélat se montra dig’ne de l’estime et de la faveur de ce prince, le plus grand et le plus saint des rois de la vieille Espagne, si Ferdinand III n’eût pas existé. Son épiscopat tout entier fut consacré à réaliser les nobles œuvres que sa foi et sa charité lui inspiraient. Mais cet évêque pieux et zélé était aussi un lettré, et de plus un bibliophile. Il ne lui suffit donc pas de relever de leurs ruines et de décorer avec magnificence la cathédrale de Sainte-Marie de la Reg*la et son monastère, de fonder et de doter l’hôpital dont nous avons parlé ailleurs, d’obtenir d’Alphonse VI, second successeur de Ferdinand, la suppression d’un péag’e également onéreux aux nationaux et aux étrangers4; il voulut employer le peu de loisirs qui lui restaient à restaurer complètement la bibliothèque épiscopale. La prise et le pillage de Léon par Almanzor, les discordes intestines dont cette ville et tout le royaume furent le triste théâtre pendant le demi-siècle qui suivit cette catastrophe, avaient réduit cette collection précieuse au plus pitoyable état. Elle était encore, à la vérité, très-considérable, lorsque Pélagœ prit possession de son siég'e, mais les volumes en nombre infini qui la composaient étaient lacérés et dispersés çà et là. L’évêque les rechercha patiemment, les réunit et les fit réparer avec le plus grand soin 5.
Oviedo, no hay sino solo uno de que diô noticia Ambrosio de Morales... que... no es en realidad sino un tumbo de testamentos antiguos. » Risco, l. cit., p. 115, 116.
1 . « Libros sex : Comicum (ou cosmicum), Manuale, Orationum, Sermonum; liber Quæstionum sancti Augustini de Trinitate, et alio Officiorum (sancti Isidori ?]. » Frunimius I (Esp. scigr. XXXIV, escr. 3).