Id., ibid,., pp. 19, 20, n
ESPAGNE DU HAUT MOYEN AGE
Saragosse à saint Eugène de Tolède servant d’introduction à son livre des Sentences la règle monastique de saint Isidore de Séville1 2; les Morales de saii^t Grégoire le Grand, manuscrit exécuté en 914 par le diacre Gomez, religieux de Cardena, sur l’ordre de Damien son abbé3; une Bible ou Bibliothèque, oeuvre du même copiste, avec un prologue de saint Isidore sur le livre de la Sagesse, celui de saint Jérôme sur les épîtres de saint Paul, et un recueil de quatre-vingt-dix canons extraits de ces mêmes épîtres par un contemporain de Priscillien pour réfuter les erreurs de cet hérésiarque4; un Sanctoral en deux volumes in-folio d’où Berganza tirait si à propos, au siècle dernier, pour la donner au public, l’histoire du martyre de sainte Argentée, fdle de cet Omar ibn-Hafçoun, dont M. Dozv a retracé d’après les historiens arabes les curieuses aventures, et les luttes victorieuses contre les califes Omayades de Cordoue5; l’exposition de l’Apocalypse de saint Beatus de Liebana6; les Commentaires de Cassiodore sur les Psaumes7; enfin les chroniques de Cardena, écrites dans la Bible dont il vient d’être question, et que Berganza a publiées8.
Terminons cette nomenclature des bibliothèques du haut moyen âge espagnol, dont l’existence à l’état de formation complète, ou de plein développement, nous est historiquement connue, par celle du royal monastère de Sahagun qui fut, pour le royaume de Léon, ce qu’était en Castille San Pedro de Cardena. Cette riche collection avait, comme les précédentes, subi des pertes immenses dès avant le xvie siècle. Toutefois, lorsque Morales la visita vers la fin de ce même siècle, il y trouva un exemplaire très-bien conservé de la collection canonique de l’Eglise d’Espagne, les commentaires de saint Grégoire le Grand sur Ezéchiel, la Cité de Dieu de saint Augaistin, les œuvres complètes de ce même saint docteur en sept volumes in-folio, copiées pour cette abbaye par l’ordre de son abbé dom Gutierre, dans la seconde moitié du xn° siècle, les Sentences de saint Isidore de Séville, les Scintillæ d’Alvaro de Cordoue, l’ami et l’historiographe de saint Euloge au ixe siècle, sans parler d’autres manuscrits que Morales ne put examiner parce qu’on venait de les prêter à l’évêque de Palencia, et dont faisait partie un second exemplaire des conciles et des canons de l’Egdise d’Espagne, et quelques ouvrag’es de saint Isidore de Séville9.
Monastère et maison d étude, en même temps que de prière et de travail des mains, furent des expressions synonymes, dès la naissance de la vie cénobitique, et ils le sont restés jusqu’à nos jours. Ils l’étaient plus que jamais dans l’Espagne chrétienne du haut moyen âge. Personne ne s’y trompait alors, pas plus qu’on ne s’y trompe aujourd’hui, même parmi ceux qui parlent le plus haut de l’ignorance des moines. Un monastère sans livres, c’est-à-dire