Ici . , ibid
4. Le texte donné par Florez [E. s., XIV, escr. 3) porte ici : « Parte de Morario, » ce qui me parait n’avoir aucun sens. Je lis Parte de Moraliu[m].
ESPAGNE DU HAUT MOYEN AGE
lèbres monastères de ces contrées, reçoit de sa fondatrice, cloîïa Mummadonna Diaz, en 959, une « Bibliothèque» sacrée, les « Morales» de saint Grégoire, Deux « Règles (?)», le recueil des « Canons » de l’Église d’Espagne, « les Vies des Pères et le Geronticon », un Commentaire de « l’Apocalypse» , celui d’Apringius sans doute ou de Beatus de Liebana; les « Étymologies » de saint Isidore, « une Histoire ecclésiastique », la « Décade des Psaumes », le Catalogue «des Hommes illustres, les règles du bienheureux Pacôme'... d’Ambroise, de Benoît, d’Isidore et de Fructueux reliées ensemble (su b una cortex ), le livre des Dialogmes » de saint Grégoire, « les Institutions du B. Ephrem, les Règles des Vierges », un second ou plutôt un troisième recueil de règles monastiques où ne sont comprises que celles de trois patriarches d’Occident, Benoît, Isidore, Fructueux, «la Vie du B. Martin, évêque » de Tours, par Sulpice Sévère, et le traité « de la Virginité perpétuelle de la bienheureuse vierge Marie en un volume » , plus ving’t livres liturgiques pour le service de l’Église1 2. Les dons en livres dans ces pays frontières n’étaient pas toujours aussi considérables. Aux premières années qui suivent la reconquête du Portugal et sous le règne d’Ordono II, un des conquérants de ces provinces sur les Sarrasins fonde l’église de Saint-Michel de Negrellos, dans le diocèse de Porto, et la dote de livres liturg’iques et d’un exemplaire de la passion de saint Christophe3. En 959, la noble fondatrice de l’abbaye de Lorvào dans le district de Coïmbre, D. Munia, joint aux dons de tout genre qu’elle prodigue à ce monastère celui d’un exemplaire des Saints Livres, ou d’une Bibliothèque4. Treize ans plus tard, Lorvào reçoit, de trois frères ou cousins, le prêtre Vincent, Martin, dit Ilomeir ( Omair ), et Adayzon ou Aizon, une collection de livres ecclésiastiques ou liturgiques, et une autre de livres spirituels; c’est-à-dire de livres de la sainte Écriture, et d’ouvrages des Pères et des docteurs. Car c’est en ce sens que l’expression «livres spirituels» est employée dans les chartes hispano-latines du haut moyen âge5. En Fan 1002, Godino Sandiniz, diacre, unit à l’abbaye de Vaccariza le monastère de Rocas, fondé par lui et son frère, avec ses dépendances, son mobilier et tous ses livres 6. Herménégilde et sa femme Paterne comprennent dans la donation, faite en 952 au monastère de Sobrado en Galice, le traité de la Virginité de la sainte vierge Marie et les Synonymes de saint Isidore7. Sisenand, êvêque de Compostelle, offre au même
1. Le nom de S. Pacome est suivi du mot passionarii, dont je ne m’explique pas la présence en cet endroit; car il me paraît peu probable que dans un recueil de règles monastiques, tel que celui dont il est question, on ait intercalé un Passionnaire ou Sanctoral.