‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 32 sur 335 · Severian., De Crecitione, or · texte numérisé non relu

Severian., De Crecitione, or

Baronius voyait si peu un saint Père dans Sévérien de Gabala, qu'il raya du martyrologe (25janvier) saint Sévérien de Javols (Gévaudan) par antipathie contre son homonyme de Palestine. Que ce fût une bévue du docte cardinal , soit; elle prouve toutefois ce qu’il pensait de l’évêque syrien.

6. Sur ce Théodore, alambiqueur vaniteux de la Bible et publiquement anathématisé par l'Église, il n’est pas besoin

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

Diodore de Tarse! désigné par saint Cyrille et par Photius 1 comme le précurseur de Nestorius, et qui paraît avoir poussé la passion de l’interprétation littérale jusqu’à nier les prophéties de l’Ancien Testament sur Jésus-Christ, ce qui n’était pas fait pour lui mériter une place parmi les interprètes orthodoxes 2 ; et quand Photius parle de ce Diodore qui veut établir sa cosmographie sur l’Ecriture, nous y voyons qu’il n’est ni clair ni exact3.; que ses citations n’ont nulle valeur 4; qu’il est aussi pauvre par la logique, que pieux par les intentions5 peut-être.

« Voilà, voilà les Dieux! et nous les adorons! »

on vraiment, ce n’est point là du tout ce que nous appelons les Saints Pères. Libre à qui voudra de décrier ces hommes à son aise ; nous ne tenons nullement à leur réputation et nous ne verrons pas, sans quelque plaisir, ruiner le crédit de pareils docteurs. Aussi ne prendrai-je même pas la peine de vérifier s’ils ont dit tout de bon ce qu’on leur attribue.

Cependant pourquoi ne citerait-on pas ces auteurs, tout insignifiants qu’ils soient par eux-mêmes, si leur doctrine physique a été jugée admissible, ou s’ils n’étaient en cela qu’organes des idées communes? Passe, s’il en était ainsi, mais il en va tout autrement. Cosmas ne s’appuie assurément pas de l’enseignement commun, quand il nous annonce, avec une emphase pleine de bonhomie, qu’il est redevable de sa science aux leçons du grand Patrice (Abba) Chaldéen, qui promenait cette doctrine parle monde6. Sans cet aveu désintéressé, Cosmas courait risque de passer pour l’inventeur de la pieuse doctrine, tant elle était peu connue; mais il s’en défend avec une modestie trop juste7. Ce qui montre qu’au vi* siècle la topographie chrétienne était encore une merveille dont lui, Cosmas, se trouvait le dépositaire privilégié. Lien plus il nous apprend que les théories auxquelles il déclare la guerre (sphéricité de la terre, etc.) sont enseignées par des chrétiens ; scandale qu’il ne peut supporter ( de Manda, lib. I), et qui lui paraît impliquer une apostasie formelle. Mais, quoi qu’il en soit de sa susceptibilité, son témoignage dépose pour l’existence de la théorie ptolémaïque parmi les docteurs qui faisaient profession du christianisme.

Pour Diodore de Tarse, on soulig’ne ce qu’en dit Photius8 que ses idées « ont bien quelque « connexion avec les livres saints » : mais on ne soulig’ne pas cette autre phrase qui suit :

« On lui accordera difficilement qu’il ait fait preuve de sens dans sa prétention de s’attri- « huer l’appui de l’Ecriture9; » ni cette autre expression, « qu’il se figure avoir l’Ecriture « pour lui ».

Les idées attribuées à ces écrivains et à Sévérianus de Gabala, ainsi qu’à Théodore de Mopsueste, sur la forme du monde et le mouvement des astres, sont désignées par Pbilo-

de recourir à des textes peu connus. Que l’on se contente de consulter Bossuet (in Psalmos, supplenda), le Dictionnaire historique de Feller, ou la Biographie universelle de Michaud. Le moins qui se puisse dire à sa charge, c'est qu’il fit preuve d’un caractère ou d’un esprit bien tortueux; comme le pensèrent ses plus graves contemporains et successeurs.

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