Cf. Eguren, p. lv
4. Cf. Eguren, p. 20, 56 et 57. De ces trois manuscrits le dernier est du ixe siècle, le premier du xii0, et le second, sorti du scriptorium de San Millan, du xc. — Dans le bas moyen âge, l’usage du vélin se généralise; je trouve dans Eguren neuf manuscrits du xiue siècle sur vélin, et dix du xive.
5. « Liber sententiarum B. Isidori , en pergamino, letra comun, mas muy antigua, en tablas coloradas... Sanctorale de mano en pergamino, letra antigua harto, en tablas coloradas : pareeiôme de los muy bûenos. Morales, Viage, p. 38; cf. kl., ibid.., p. 41.
iv. — 42
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
crits sur papier de provenance castillane ou léonaise, il n’en est. question, à ma connaissance, que deux ou trois cents ans plus tard1.
Les livres ne sortaient du scriptorium qu’après avoir passé des mains du scribe à celles de l’ornemaniste. L’illustration des manuscrits espagnols du haut moyen âge varie suivant l’importance de l’ouvrage et les exigences du destinataire. Tantôt — et c’est le cas le plus ordinaire — tout se borne à quelques lettres initiales2, dessinées et peintes assez souvent avec une simplicité presque enfantine 3, mais parfois aussi d’une façon très-fantaisiste, comme le prouvent celles que nous a fournies le manuscrit du British Muséum4. Tantôt aux lettres ornées se joignent les frontispices de caractère hiératique 5, suivis de peintures astronomiques, historiques ou symboliques semées dans le corps de l’ouvrage. Ceci a lieu surtout quand il s’agit de livres appartenant à la liturgie hispano-romaine, de la Bibliothèque sacrée, de ses commentaires les plus répandus, ou de la collection nationale des lois ecclésiastiques et civiles. J’ai signalé précédemment le Missel du vif siècle, dans lequel le canon de la messe est précédé d’une miniature de grand style représentant le Christ en croix sur le Calvaire6. Tel autre de ces manuscrits (Bible du xe siècle) s’ouvre par une série d’arbres généalogiques, dont chacun occupe une page entière, et porte à son sommet un médaillon, où est représenté à mi-corps le patriarche dont la descendance se développe au-dessous, soit en tronc unique soit en rameaux divers. Adam et Eve, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Juda et David passent ainsi successivement sous les yeux du lecteur 7. Un troisième (Bible du ixe siècle) renferme le commentaire des principales parties des quatre Evangiles, et chaque chapitre de ce commentaire est orné d’une miniature symbolique ou typique se rapportant au sujet qui y est traité8. L’ouvrage de saint Beatus de Liehana est un de ceux qui ont le plus excité la verve des peintres ou miniaturistes espagnols du haut moyen âge. Il n’y a pas lieu d’en être surpris : nulle part ailleurs ne s’ouvre un plus vaste champ à l’imagination, et celle de nos artistes inconnus s’y est donné libre carrière, à tous les siècles du haut moyen âge. C’est d’une copie de cet ouvrage exécutée au xic siècle, à ce que croit mon docte maître9, que sont tirés les dessins trop clair-semés intercalés dans mon texte. Une autre copie du xne siècle, que j’eus occasion d’examiner avant
1. Commentaire sur les Épilres de saint. Paul de Martin de Cordova écrit en 1461 (Morales, p. 9) ; Commentaire de Lira sur les mêmes Épitres, copie sur papier faite à Saint- Isidore de Léon par ordre de l’abbé et terminée le 29 septembre 1429 (Risco, Iglesias, p. 168). II serait fort possible toutefois que le manuscrit historique sur papier dont Risco fait mention (Ibid., p. 139) datât de la fin du xive siècle.
2. Le livre de la Perpétuelle Virginité de Marie, copié par les moines de SanMillan pour l’évèque du Puy, n’est orné que de deux ou trois lettres initiales. Le silence gardé par Eguren sur l’ornementation du plus grand nombre des manuscrits qu’il a décrits, me les fait supposer aussi peu favorisés sous ce rapport, que celui de la Bibliothèque nationale.
3. Simple tracé au minium relevé parfois de quelques mouchetures d’or. Voir à la fin du premier volume d’Amador de Los Rios les fac-similé de quelques initiales de manuscrits hispano-gothiques (Juvencus, Hymnaire).