Cf. vit. Fulgentii, c. vin, xiv, xix, xx, xxvii
4. Possid., Vit. S. Augustini, lib. VIII , cap. xi (Opp., t. XI, col. 491). Saint Benoit Biscop, mourant, insistait sur deux avis
solennels : conservation de la régularité monastique, et soins vigilants pour la bibliothèque. Cf. Bed., Vita BB. abbat. wiremuth. (Opp., cd. Giles, t. IV, p. 378).
5. Gregor.JMagn., Ep. x, 14 (ed. venet., 1768-76, in-4°), alias 15.
6. Dans une miniature anglo-saxonne, que je reproduirai ci-dessous (§ xxiv) et qui passe pour être due à saint Dunstan lui-même, je pense que les deux petits personnages prosternés aux pieds de saint Grégoire le Grand sont saint Augustin de Cantorbéry (portant le pallium) comme fondateur du siège primatial; et Dunstan lui-même, qui par humilité ne se serait donné que le costume de simple moine.
7. Lingard, Antiquities, ch. x. — Godwin. De præsul. Angliæ (1743), page 41.
8. On peut déjà présumer par ce trait et par plusieurs autres qui se rencontreront dans cet article, que les bibliothèques ecclésiastiques ne renfermaient pas seulement des livres de liturgie ou de dévotion. (Cf. supra, p. 48.) Une autre partie de ce travail doit être exclusivement consacrée
BIBLIOTHÈQUES DU MOYEN AGE
éri tiers de l’esprit qui avait animé ces propagateurs de la foi, leurs disciples continuèrent à suivre la voie frayée par eux. Saint Benoît Biscop (vers 674), qui avait été sur le continent étudier au sein des anciens cloîtres le véritable esprit monastique \ fonda en son abbaye de Weremouth une sorte d’établissement modèle pour la civilisation de sa patrie, dans les arts et dans les sciences2 aussi bien que dans la piété. Ces mêmes vues lui firent entreprendre cinq voyages outre-mer, avec des recherches infatigables, afin de former à son monastère une bibliothèque énorme pour ces temps-là, dont il s’occupait avec une sollicitude touchante sur son lit de mort; rendant ses disciples responsables devant Dieu des pertes qu’elle pourrait éprouver par leur négligence3. Ceolfrid, successeur de saint Benoît Biscop dans le gouvernement des abbayes de Jarrow (ou Gyrve) et de Weremouth, prit encore à tâche d’augmenter la bibliothèque commencée par ce saint qui avait été son maître, et dont il avait partagé les voyag’es et les recherches sur le continent4. Alcuin nous montre dans son maître Ecbert 5 le même zèle des expéditions scientifiques et des recherches littéraires 6 :
« Non semel externas peregrino tramitc terras Jam peragravit ovans, sophiæ cluctus amore;
Si quid forte novi librorum aut studiorum Quod securn ferret, terris reperiret in illis. »
Aussi l’espèce de cataloguie en vers de la bibliothèque d’York qui lui est attribué, annonce-t-il une collection assurément extraordinaire pour le vin0 siècle7. Le même Alcuin,
à ce point ; il ne s’en trouvera d’exemples ici, que ceux qui se présenteront d’eux-mêmes.