C’était là sans doute ce qui engageait Justinien (Nov
cap. TT| ç -rcapa8o9zw7)ç — Nov. 74, c. iv, § 2) a exiger qu un
exemplaire de ses lois fût conservé dans le trésor de l’Eglise, avec les vases sacrés, ou du moins parmi les meubles précieux des basiliques âv toT; ào^EÎotç sv tü èva-
yat xsip.f)'Xic(fuAaxCw. Cf. Caresmar, dans le Semanario eru-
ditûf t. XXVIII, p. 55, sgg.
3. Sous Auguste, le temple d’Apollon Palatin, et sous ses successeurs le temple de la Paix, le Capitole. Déjà auparavant, Asinius l’ollion avait placé sa bibliothèque dans les bâtiments du temple de la Liberté. A Alexandrie, le Serapeum ; à Antioche, le temple de Trajan; etc. Voyez d autres exemples dans l’ouvrage de l’abbé Petit-Hadel, intitulé Recherches sur les bibliothèques, p. 2, 4, etc. — lt. Girolamo Fabri, Sacre memorie di Ravenna ont ica (Venise, 1664, in-4°), p. 10. — Mabillon, De re Diplomatica, I. — Fontanini, Vindicte, I. — J. -F. Facius, Miscellen zur Geschichte d. Cultur und Klinst des Alterthums (Coburg, 1805, in- 12), 11,6 (p. 34-36).
Un petit mémoire (assez maigre) de F abbé de la Rue, Sur les bibliothèques du moyen âge, a trouvé place dans le Rulletin monumental de M. de Caumont, t. II. Mais cela datait probablement d'un peu loin, et M. de Caumont n’avait communément pas grand espace dans son recueil pour les dissertations qui réclamaient plus de vingt ou trente pages. Il lui fallait de la variété, ou principalement dn monumentalisme descriptif; à raison du monde qu'il enrôlait dans ses vaillantes tournées par nos provinces.
4. Cf. Mabillon, Études monastiques, lre partie, ch. 6. Comme je n'aurai à citer que la première partie de cet ouvrage, je m’abstiendrai d’en répéter l'indication désormais.
5. Par exemple, la recommandation de ne pas les laisser ouverts en quittant sa cellule. — - 6. Mabillon, l. c.
BIBLIOTHÈQUES DU MOYEN AGE
Cependant les solitaires d’alors n’avaient nullement pour objet de cultiver leur esprit par ces études que recommandèrent dans la suite les fondateurs de plusieurs Ordres : uniquement occupés de leur sanctification propre, et rarement élevés à la prêtrise, ils pouvaient passer leur vie dans une simplicité pieuse, où la prière et le travail des mains remplissaient leurs journées et leur vie1. Mais l’application à la vie chrétienne, toute restreinte qu’on la suppose, et le soin de se perfectionner soi-même, pour exclusif qu’il fût, ne pouvait être séparé de la lecture des livres saints, et des modèles laissés par les premiers héros du Christianisme2. L’élude des maîtres de la perfection, des saints Pères, s’y joignait naturellement; et l’on voit qu’à réduire ces bibliothèques au pur nécessaire, on n’en a pas moins un résultat vraiment sérieux, ne fùt-ce que pour la quantité. Si vous faites réflexion, en outre, que, malgré cet état de choses ordinaire, il s’en fallait bien que tous les moines de ce temps fissent profession d’ignorance3, vous imagineriez aisément que les écrits rassemblés par les cénobites d’alors pouvaient se recommander par quelque autre titre encore que par celui du nombre.
Quant aux égdiseset au clergé séculier, dont il a été dit un mot précédemment (p. 48, svv.), certaines circonstances y nécessitaient et y facilitèrent la formation des bibliothèques. C’était par exemple la réunion des prêtres de la cathédrale en une même communauté sous la conduite de l’évêque4; mais surtout les écoles, ordinairement dépendantes des
1. Grand nombre des premiers moines d’Orient étaient des hommes simples et sans lettres, dont la rudesse et le fanatisme parfois ne fait rien du tout à ia profession monastique en elle-même. Mais quant à l’emploi que lleeren, entre autres (op. c., 1. I, 31) fait de son érudition pour montrer, par le témoignage de Libanius ( pro templis), que ces moines étaient des oisifs de profession et des emportés, c’est ce qui approche du comique, ou plutôt c'est ce qui le dépasse. Comment donc? Est-ce que I s recherches des Bénédictins de Saint-Maur, par exemple, et les plus grossières déclamations des Protestants contre l’état monastique n’ont pas été contemporaines ? Plaisante manière d’écrire l’histoire, que de puiser ses titres dans les plus décidés calomniateurs! Mais c’est une loi de notre nature et un arrêt de la Providence, que les hommes les plus savants et les plus distingués du reste, deviennent comme par enchantement les hommes les plus communs et les plus petits, quand ils tombent sous l’empire des préjugés; et surtout. des préjugés anti-chrétiens.
2. Saint Augustin raconte que des courtisans entrant près de Trêves, chez des solitaires, y rencontrèrent la vie de saint Antoine (Conf., 1. vin, cap. vi). Je parlerai plus au long (§ xi) de cette espèce d’exigence de la profession religieuse.
Ce qui pourrait faire soupçonner tout d'abord que les cénobites d’Orient n’étaient pas habituellement des hommes grossiers, c’est que dans l’énumération de ce qu’ils avaient chaque jour sous la main , des livres ou des instruments pour écrire sont les premiers objets qui se présentent à l’esprit de Cassien leur imitateur (Cassian., De instit. reniait., lib. IV, c. 13) : « ... Ne verbo quidem audeat quis dicere aliquid suum; magnumque sil crimen ex ore monachi processisse codicem meurn, tabulas meus, graphiummeum, tunicam meam, etc. » Nous retrouvons encore la trace de ces antiques usages monastiques de l’Orient vers la fin du xmc siecle. Arsene, patriarche de Constantinople, étant déposé par l’empereur Michel Paléologue (vieil usage byzantin qui persiste encore à Stamboul), prend congé de ses clercs
en leur disant (G. Pachymère, lib. IV, c. 7) : « J’emporte du palais patriarcal ce quej’y avais apporte; mon vêtement..., et trois pièces d’argent que j’ai gagnées à transcrire un psautier, suivant la règle monastique. »
3. Outre qu’on vit plus d’une fois des hommes illustres et habiles embrasser, comme saint Arsène par exemple, la vie cénobilique, 1 histoire littéraire a conservé le nom et les travaux de plusieurs solitaires : ainsi Anianus ou Annianus, moine d’Egypte, imagina, vers la fin du iv° siècle ou au commencement du vc, un cycle semblable à celui qui prit depuis le nom de Victor d’Aquitaine. Ce semble être celui que les Arméniens appellent Enanos, et dont la chronographie aujourd’hui perdue est souvent citée jusqu’au xme siècle. Cf. Ideler, Hundbuch d. Chronologie, I. II, p. 431, 453 et 278. — Syncelle, Chron., p. 35. Pour ce qui est des sciences plus spécialement ecclésiastiques, il peut suffire en ce moment de rappeler Isidore de Péluse, et avant lui les deux Macaires contemporains de saint Antoine. D’ailleurs, bien que la cléricature ne fût point nécessairement unie à I état monastique, il est certain qu’un grand nombre d’évêques distingués furent dès lors choisis parmi les moines. Cf. Fulgentii vit., cap. xiv. — Mabillon, op. c., cap.xv, xvi (fin du xic) ; et h, iii-v.
4. Les communautés de chanoines ou de clercs vivant en commun dans l’Église latine (monastères épiscopaux) remontent pour le moins au ivc siècle. On les trouve sous saint Eusèbe de Verceil (368-370), sous saint Martin de Tours (371-400); et à llippone, sous saint Augustin. Au moyen âge, leur organisation fut réglée par Chrodegand, évêque de Metz (760-760), mais cette institution ne paraît pas avoir jamais cessé entièrement, depuis les exemples donnés par le ive siècle (Cf. Lingard, Antiquit. of the anglosaxon Church.. ch. 2; et passim). Ruhkopf ainsi que Heeren conviennent que la désuétude de la vie commune parmi les chanoines, vers le xie siecle, eut une influence extrêmement fâcheuse pour les études. Cf. Nardi, De’ Parrochi, passim. — Thomassin. — -Binterim. — Ferraris. — Durr,etc.
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
églises1 non-seulement épiscopales, mais d’un ordre inférieur. Il serait hors de propos de s’étendre ici sur l'origine ancienne et l’universalité de ces deux institutions, qu’il suffise de les avoir rappelées avec une indication sommaire des monuments qui nous les attestent.
Mais ce qui aurait pu n’etre d’abord que le moyen d’une pieuse occupation, fut une nécessité lorsqu’après l’invasion des barbares, les égalises et les cloîtres se trouvèrent devenus le seul refuge des ouvrag’es de l’antiquité sacrée ou profane. En outre on sait qu’à la manière romaine, les cloîtres voulaient avoir dans leur enceinte tout ce qui était nécessaire ou même simplement utile à la consommation quotidienne. Nos villageois, il y a cinquante et quelques années, conservaient encore cette coutume pour ce qui pouvait être absolument exécutable dans un petit ménage sans recourir à aucun industriel intermédiaire ; sauf meunier ou boucher. Jadis, la meule même était un meuble domestique.
Le grand Gassiodore (vie siècle), malgré tous les soins qu’il se donnait pour civiliser les conquérants de l’Italie, avait bien compris que là seulement était la semence d’une vie nouvelle pour la société; et, tout en intéressant les princes g’otbs pour les restes de la civilisation romaine, c’était à des solitaires qu’il remettait le dépôt de la science mourante2. C’était aussi à préparer minutieusement dans l’ombre et le silence des monastères, ces démiurges du monde moderne, qu’il consacrait les derniers efforts d’une main accoutumée au gouvernail de l’Etat, et d’une activité que n’avait pu décourager la chute de l’Empire. En même temps, les évêques travaillaient au même but par des moyens tout semblables3; l’unique testament de saint Augustin (430) fut de recommander à ses prêtres le soin des livres qu’il leur avait rassemblés à Hippone4; et saint Grégoire le Grand ne croyait pas dérober à l’Eglise des moments trop précieux, ni compromettre en rien la dignité du vicaire de Jésus-Christ, en s’entremettant auprès d’un officier public 3 pour faire restituer à un monastère des livres qui en avaient été détournés (598). Aussi voit-on les missionnaires envoyés par cet homme de Dieu dans la Grande-Bretagne, porter aux Anglais le flambeau de la science en même temps que celui de l’Evangile. D’anciens documents donnent le détail des ouvrages que l’Angleterre tenait de ses Apôtres, y compris saint Théodore de Cantorbéry qui fut envoyé au vnc siècle6; et ceux qui ne savent pas, ou ne veulent pas croire que le Christianisme marche toujours accompagné des lumières même profanes, ne verront point peut-être sans quelque surprise que l’un de ces livres fût Homère7 dont le manuscrit était d’une beauté remarquable8.
t. L'histoire des écoles ecclésiastiques, et des écoles cléricales surtout, n'a pas été traitée, que je sache, d’une manière complète; quoiqu'il existe des ouvrages utiles sur ce sujet. Cf. Thomassin, Làunoy, Joly, Ruhkopf, Meiners, Savigny, Thciner, Nardi, Thiersch, Dei Giovanni, Masdeu, Binterim, etc., passim. Mieux vaut indiquer cette question importante, que de la traiter superficiellement. On s’en est occupé d'une manière utile depuis quelque douze ans, et je crois que le gouvernement libéral de Louis-Philippe n’y aura pas nui par l’étroitesse opiniâtre avec laquelle il poursuivit de son mieux les moindres traces d’institutions ecclésiastiques dans l’enseignement; peut-être pour qu’on entendit bien que libéral et catholique ne marchent pas ensemble. Salutem ex inimicis nostris.
2. Cassiodor., de musica, dernières lignes. — De institut, divin, scripturarum, præf. — Præf. ad libr. de orthographe, etc.