‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 51 sur 335 · Alcuin(?) De Pontif. eborac., v. 1453, sq · texte numérisé non relu

Alcuin(?) De Pontif. eborac., v. 1453, sq

7. Voici ces vers attribués à Alcuin, qui pouvait parler de cette bibliothèque, pour en avoir été le gardien (mais Lanigan doute que ce soit de lui) :

« Illic invenies veterum vestigia patrum;

« Quidquid habet pro se latio Romanus in orbe,

« Græcia vel quidquid transmisit clara Latinis;

« Hebmicus vel quod populus bibit imbre superno,

« Africa lucifluo vel quidquid lurnine sparsit.

« Quod pater Hieronymus, quod sensit Hilarius, atque « Ambrosius præsul, simul Augustinus, et ipse

MÉLANGES DARCHÉOLOGIE.

écrivant aux moines de Jarrow1, pour les exciter à ne point dégénérer de la science et de la vertu qui avaient distingué leurs prédécesseurs, leur rappelle surtout la bibliothèque formée par ces pieux cénobites, comme un éclatant témoignage de ce qu’avaient été leurs études.

■/y. 1 ne faut donc point s’étonner si, un siècle et demi seulement après la conversion de l’ Angleterre, cette île fut le foyer auquel recourut surtout Charlemagne2, pour rallumer dans ses provinces le flambeau des sciences qui menaçait de s’y éteindre. C’était vers l’Angleterre encore que se tournaient parfois les regards de l’abbé de Ferrières (Servatus Lupus, ix° siècle), ce zélateur des lettres; et, pour être plus à portée d’en recevoir les livres qu’il y demandait3, il se servait de son prieuré de Saint- Josse-sur-mer comme d’un entrepôt. Dans une de ses demandes, il emploie, pour réussir auprès de l’abbé d’York (Altsig), des expressions qui montrent combien il avait à cœur d’être exaucé. Il s’agissait, entre autres ouvragées, de ceux de Quintilien qu’il n’avait pu réussir à compléter jusque-là ; et, craignant peut-être que les hasards du trajet ne fissent balancer le moine saxon , il finit, sa lettre en ces termes : « Quod « si omnes non potueritis, at aliquos ne gravemini des tin are ; recepturi a Deo præmium « impletæ caritatis ; a nobis autem quamcumque possibilem, duntaxat cesseritis, vicem « tanti laboris. Yalete, nosque mox ut se opportunitas obtulerit, exoptabili responso lætifi- « cate. »

Les recherches empressées des moines anglais tournèrent, il est vrai, au détriment des lettres, comme l’a fait remarquer Heeren 7‘; parce que les manuscrits rassemblés de tout le continent semblèrent n’avoir été portés dans leur île que pour préparer à la barbarie danoise une satisfaction semblable au plaisir que souhaitait Caligula, quand il eût voulu trancher d’un seul coup le fil de toutes les vies5. Mais, outre qu’une pareille prévision

« Sanctus Athanasius ; quod Orosius edit avitus (Avitus?),

« Quidquid Gregorius summus docet, et Léo papa;

« Basilius quidquid, Fulgentius atque coruscant.

« Cassiodorus item, Chrysostomus atque Johannes;

« Quidquid et Althelmus docuit, quid Beda magister,

« Quæ Victorinus scripsere, Boethius, atque « Historici veteres, Pompeius, Plinius, ipse « Acer Aristote/es, rhetor quoque Tullius ingens :

« Quid quoque Sedulius , vel quid canit ipse Juvencus ,

« Alcvinus (ou Alcimus. Cf. Froben, ad h., loc.) et Clemens,

[ Prosper, Paulinus, Arator, « Quid Fortuncitus, vel quid Lactantius edunt,

« Quae Ma.ro Virgilius, Statius, Lucanus, et auctor « Artis grammaticæ, vel quid scripsere magistri :

« Quid Probus, atque Phocas, Donatus, Priscianusve,

« Servius, Euticius, Pompeius , Comminianus.

« Invenies alios perplures, lector, ibidem « Egregios studiis, arte et sermone magistros « Plurima qui claro scripsere volumina sensu :

« Nomina sed quorum præsenti in carminé scribi « Longius est visum quam plectri postulet usus. »

De Pontif. et sanctis eborac. Ecoles., v. 1535, sqq.

Cf. Lanigan (Church history of lr blond), ch. xvm, not. 105.

On peut trouver une indication sur les lectures de Théodulfe (IXe siècle) dans les publications du 1*. Sirmond {Opp., Venise; t.. Il, p. 811-814).

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