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5. Les soudards employés par la guerre de trente ans, et qui n’y allaient point de main morte, n’ont pourtant l>as laissé que de sauver plusieurs livres précieux devenus trophées aux mains du vainqueur. Mais qu'importait une bibliothèque aux enragés Norrainsdu VIIIe siecle, du IXe et du Xe ! Or, voici d'après M. Leicester Ambrose Buckingham ( The bible in the rniddle âge, 1853; p. 270), une notice des principaux monastères détruits dans la Grande-Bretagne par les Danois; et il y en aurait d’autres pour l’Irlande.
Bekkshihe Abingdon, Cholsey.
Cambridgeshire . . Ely, Horningsey, Soham.
Cumberland .... St-Bees, Carliol.
Derbyshire .... Repingdon.
Devonshire .... Exeter.
Dorsetshire. . . . Cern, Warham, Winburn.
Durham Ebbchester,Wearmouth.
Essex Chich (Chick?).
Gloucestershire . Boxxvell, Derehurste, Gloucester.
Hampshire Winchester.
IIerefordshire . . Leominster.
Huntingdonshire . St-Neots.
Kent Folkestone, Shepey, Thanet.
Lincolnsiure . . . Bardney, Ikanhoc, Croyland.
Middlesex Westminster.
Norfolk East Dereham.
Northamrtonshire. Bucclesworth, Bredon, Wermundsey, Bepingas (?), Dormundecastre, Poykirk.
Nortiiumberland . Ilexham, Tinmouth.
BIBLIOTHÈQUES DU MOYEN AGE
n’avait g’uère part aux pensées de ces hommes si occupés d’avenir surnaturel, ils ne s’abîmèrent qu’après nous avoir arrachés nous-mêmes au naufrage ; et l’ Angleterre de saint Augustin, puis de Bède, mit à couvert les germes de civilisation recueillis par elle, en nous donnant Alcuin et saint Boniface. Car je ne parle point de Columbkill et des moines irlandais, autre jet de la sève chrétienne, qui partout eût réalisé les mêmes prodig'es, si partout elle eût trouvé le champ libre. Mais je n’ai sur cette partie de mon sujet que des notions trop imparfaites, quoique M. le comte de Montalembert s’en soit occupé depuis avec amour; et il peut suffire, ce semble, pour en juger avantageusement, de voir ce que furent à Bobbio, à Luxeuil, à Mehrerau et à Saint-Gall (entre autres) les disciples formés par Columban, cet enfant de l’île des saints1. Lorsque Pog'g’io Bracciolini découvrit à Saint-Gall le Quintilien sur lequel s’escrimèrent les humanistes d’Italie, cela fut pris parles contemporains laïques pour une énorme trouvaille. On a pu s’apercevoir, depuis lors, que Fleury-sur- Loire, Le Bec et autres abbayes ou chapitres, en avaient aussi des exemplaires qui dataient au moins du dixième siècle.
uantité de détails, qui pourraient être rapportés ici, trouveront place plus naturellement dans la suite de ces recherches : quelques traits suffisent actuellement, d’autant que (et il importe de le remarquer) ce zèle dont nous trouvons tant d’exemples ne saurait être regardé comme le goût particulier de quelques prélats ou abbés qui se distinguassent ainsi de la foule. Il appartenait aux principes mêmes qui devaient les mouvoir, et loin que la conduite de ceux-ci puisse être prise JJ I pour une exception, c’était l’indifférence et l’incurie qui déro- (L geaient : en sorte que cette insouciance ne pouvait avoir lieu sans / qu’on eût oublié les modèles, les leçons et l’esprit qui devaient I servir de guide. Un siège épiscopal ne se fondait point sans \j qu auprès de cette chaire évangélique ne fût jetée en même temps la semence d’une institution scientifique et littéraire.
Saint Anschaire (ix° siècle) déposait à Hambourg' un noyau de bibliothèque 2 fourni par les moines de Corvey3, en même temps qu’il y élevait sa cathédrale; ces deux établissements furent l’un et l’autre détruits par les Norrains. Quand l’empereur Henri II fonde la cathédrale de Bamberg (xie siècle) il prend soin d’y commencer une bibliothèque également4. Une des plus anciennes et des plus riches de l’Allemagne rhénane était celle
OXFORDSHIRE. . . . Oxford.
Shropsiiike .... Wenlock.
Somersf.tshire. . . Bath, Froome.
Staffordshire . . . Hehanburghe, Stone.
Surrey Chertsey.
Warwickshire . . Coventry, Warwick.
Wjltshire Ambrosebury.
Yorkshire Beverley, Gilling, Lastingham, Whitby.
L’auteur ajoute (p. 280) diverses abbayes ruinées par la conquête normande, ou antérieurement à la descente de Guillaume lor. Mais ce n’étaient déjà plus tout-à-fait des fureurs de pirates païens tuant et brûlant par récréation sauvage.
1. On sait que l’Irlande, aînée de l’Angleterre dans la foi, était dès le vie siècle (moins de cent ans après sa conversion) renommée pour ses écoles monastiques et épiscopales. ■ — Cf. Ware, De scriptoribus Hibemiæ, 1. I, c. 14, et 1. II, c. 2. — Tliom. Moore, Histoire de l’Irlande , t. Ier. — Rehm , Handbuch d. Gesch. d. Mittelaliers, 1. 1 , p. 346. — Conring, Antiquitat. academ. supplcm., 31.
2. Mabillon, Annal. Bcned., t. VI. — Vita Anscharii, c. 6., ap. Klemm, Z ur Geschichte der Sammlungen far Wissenchaftund Kunst , in Deutschland. 2° édit. (Zerbst, 1838).
3. Corwey, Corbei ( Corbcia ad Visurgim, ou Saxonica), la nouvelle Corbic.