‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 54 sur 335 · Hieronym. Ep. ad Rusticum · texte numérisé non relu

Hieronym. Ep. ad Rusticum

10. Matthias Mittner, Enchiridion cartusianorum ; Aphor. 49; ap. D. Pez, Bibliothec. ascetic., t. V. Cette collection, trop peu connue, renferme des opuscules extrêmement curieux, à mon avis, quoique peu propres à intéresser maint lecteur actuel à cause de leur tendance ascétique. Mais, tandis qu’on exhume à grand bruit de tristes rapsodies du moyen âge, j’admire qu’un homme sérieux n’ait point signalé ce recueil comme Mémoires de la vie intime chez nos pères; sujet qui mérite bien quelque intérêt aussi. Je me contenterai d’y faire remarquer un petit traité de Nicolas de Strasbourg (xve siècle), qui a plus de rapport à mon sujet. Il y indique la manière de sanctifier les études de mathématiques, d’astronomie, de littérature, etc.; t. III, particulièrement c. xi. Combien d’autres indications nepourrais-je pas joindre à tout ceci !

BIBLIOTHÈQUES DU MOYEN AGE. 59

« otio aut sensualitatibus oppressa obtundatur. Ignorantia ubique multorum malorum est « mater. »

e fait, le sort des livres fut communément le même que celui de la règde ; l’assiduité à la lecture et l’ardeur pour le travail, même de l’esprit, y marchèrent toujours de pair avec la ferveur de la discipline religieuse : faiblissant, s’éteig*nant et se rallumant avec elle, comme par une société naturelle et inséparable. Dante, ce grand peintre d’histoire, l’avait bien saisi; et dans ses magnifiques chants du Paradis, si peu appréciés du vulgaire des amateurs, il trace en quelques mots avec sa larg’e manière la décadence des études jointe à celle de la régularité L

« ..... E la regola mia Rimasa è giù per daniio de le carte. »

e soyez donc point surpris si les règles monastiques descendent parfois jusqu’à une sorte de minutie sur le soin qu’il faut prendre de la bibliothèque. Le coutumier de Gîteaux, réglant l’ordre à suivre pour le temps de la lecture, s’exprime ainsi1 2 : « Quod si quis necesse hâte buerit divertere alicubi , librum suum in armario reponat; aut si « in sede sua eum dimittere voluerit, faciat signum fratri juxta se- « denli, ut ilium custodiat. » La règle de saint Isidore3 voulait que les livres fussent rendus tous les soirs : « Omnes codices custos sacrarii4 * « babeat deputatos, a quo singulos singuli fratres accipient; quos puu- « denier lectos vel babitos, semper post vesperam reddent. Prima autem hora codices sin- « gulis diebus petantur, etc. » Celle des Chartreux (Statu ta Guigonis ) au sujet de l’ameublement de chaque cellule : « Adhuc etiam libros ad legendum de armario accipitduos, quibus « omnem diligentiam curamque adhibere jubetur, ne fumo, ne pulvere, vel aliaqualibet « sorde maculentur ; libros quippe tamquam animarum nostrarum cibum cautissime cuslodiri, et « studiosissime volumus fieri'% etc. » Paroles qui rappellent la manière dont Hariulph termine

son catalog’ue des livres de saint Riquier6 au xie siècle. « Omnes igitur codices in

« commune faciunt numerum ccu et vi. lia videlicet ut non numerentur libri sigillatim, sed

« codices , quia in uno codice diversi libri multoties habentur ; quos si numerare-

« mus, quingentorum copiam superarent. Hæ ergo divitiæ claustrales, hæ sunt opulent iæ « cælestis vitæ , dulcedine animam saginantes ; per quas in Centulensibus 7 impleta est salu bris ilia « sententia : Ama scientiam scripturarum, et villa non amabis 8. »

Page 1