‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 53 sur 335 · Klemm, op. c · texte numérisé non relu

Klemm, op. c

îv. — 8

MELANGES D ARCHÉOLOGIE

de Cologne, fondée surtout par les soins de l’archevêque Hildebald 1 au vm° siècle. Lorsque l égalise métropolitaine de Milan fut la proie des flammes en 1075, on eut à y déplorer entre autres désastres la perte de la bibliothèque2; et nous avons encore le catalogne des livres que possédait, en 1135, la cathédrale de Trévise3. L’incendie des bibliothèques épiscopales de Paderborn en 1006, et d’Hildesheim en 1013, fut d’autant plus fâcheux que ces égdises avaient eu des écoles et des évêques célèbres parleur zèle pour les lettres4.

uant aux monastères, celui qui n’aurait pas possédé une bibliothèque, eût été une espèce de monstruosité dont ces temps d’ignorance avaient à peine l’idée. Baldric de Bourgneil (xie siècle), invitant Godefroi de Loudun à prendre l’habit monastique, lui représente 5 qu’il y pourrait satisfaire amplement son gnùt pour l’étude par la quantité de livres qu’il aurait à sa disposition. Un abbé de Beaug’ency, au xn° siècle, s’exprimant d’une manière générale à ce sujet6, pense qu’un arsenal n’est pas plus nécessaire à des g’ens de g'uerre , que ne l’est à des religieux une bibliothèque. Expression qui paraît avoir été comme proverbiale parmi les moines d’alors, car les écrivains semblent y faire allusion plus d’une fois à de gmandes distances de temps et de lieu. Ainsi, dans la vie de saint Bernward, évêque d’IIildesheim7, l’historien déplore en ces termes les ravagées d’un incendie qui avait dévoré les livres rassemblés par les soins du saint prélat : « Perpetuo est lug*endum quod « inexplicabilis librorum copia ibi periit, nosque spiritualium armormu inermes reliquit. » C’était l’esprit des Pères de l’ÉgJise et des maîtres de la vie monastique ; Évagre (ou Butin), dès le ive siècle, rapportait d’eux cette maxime 8 : « Conversationem monachi custodit <( scientia ; qui autem ab ea discedit, incidit in latrones. » Saint Jérôme9 faisait la même recommandation aux solitaires : « Ama scientias scripturarum et vitia earnis facile supe- « rabis. » Les mêmes maximes se retrouvent d’àg'e en àg’e dans les écrivains qui ont traité des oblig’ations de la profession religieuse; depuis les Pères du désert jusqu’à ce prieur de la chartreuse de Pruel (près de Batisbone), qui, rédigeant (à la fin du xvie ou au commencement du xvnc siècle) pour ses frères un manuel de leurs devoirs, formide ainsi la même prescription 10 : « Honesta litterarum studia nunquam deponas. Obmutescit enim animus, « indeque studium pietatis langaiescit. Intelleetu enim male feriato, voluntas sane quid « appetet? » Et il ajoute en développant cet axiome : « Docemur mentem erudire, ne

1. Cf. Hartzheim, Catalogus historicus criticus eodicum mser. bibliothecæ metropolitanæ Colonicnsis (Cologne, 1752, in-4°). — Gercken , Reisen durch Schwaben, etc., t. III, ap. Klemm, op. c.

2. Tiraboschi, Storia délia letteratura italiana, I. IV, c. I. J’avouerai toutefois que je n’eu ai pas trouvé un mot dans Arnulphus, qu'il donne comme l’un de ses garants. Quant aux autres citations qu’il indique, je n’ai pas pu les vérifier.

Sur l’ancienne bibliothèque Ambrosienne, voir Sassi, Prodromus ad histor. typograpliico-litterariam mediolanensem ; De studiis etnovis..., cap. 2.

3. Cf. Tiraboschi, /. c. - — Blume, 1t. Italie., t. I, p. 108.

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