Spicilegium de d’Achery (éd. in-4°), t. IV
7. 11 est bon de se rappeler que Centula était le nom de l'abbaye avant que le souvenir du saint patron eût pris le dessus dans l'usage vulgaire.
8. On voit par ces derniers mots que les moines du moyen âge avaient pris pour eux l’avis donné par saint Jérôme aux solitaires de son temps; et que la tradition s’en conservait toute vivante.
MÉLANGES d’aRCHÉOLOGIE.
es vicissitudes des bibliothèques monastiques, liées à celles de l’esprit religieux, nous sont attestées par l’histoire, bien que les chroniqueurs n’en aient point fait ordinairement la remarque expresse. Mais Trithème, bon jug’e en cette matière, ne manque pas de le faire observer1 : « Mortuo Willichone... non fuit qui monasticæ ins- « titutionis integritatem curaret, cœperuntque monachi post divi-
« sionem generalem, quilibet etiam pro se habere peculium Biblio-
« thecam a principio fundationis monasterii satis locupletem va- « riisque voluminibus refertam, turpiter destruxerunt : vendentes « pretiosa volumina pro vili pretio, ut suis comessationibus et voluptatibus satisfacere « possent. » Ici c’est avec l’esprit de pauvreté2 que se dissipe la collection des livres du monastère; ailleurs c’est bien autre dégât, quand la règle est tout-à-fait bannie. C’est encore Trithème 3, parlant de l’abbaye d’Hirsauge (Hirscliau) envahie par les séculiers (xi0 siècle) : « Monasterium..., monachis vacuum , prostibulum meretricum factum est. In- « terea si quid remansit quod Cornes 4 et ceteri fures non rapuerunt, clerici... ita paula- « tim consumentes in nihilum redegerunt, ut nec //bris, quorum ingens copia Un collecta fue-
« rat per diligentiam veterum monachorum , parcere potuissent. Nam quum illo tempore ,
« quando imprimendi libros scientia necdum fuit in usu, volumina cariore venderentur « pretio, indocti nebulones pretiosissimum ilium tbesaurum bibliothecæ in paucis annis « tam turpiter vendendo et consumendo distraxerunt, ut nec unum quidem codicem ali— « cujus ponderis et pretii reliquissent. »
Donc, selon le pieux et savant Trithème, on pouvait en quelque sorte juger dans un monastère la vie religieuse de ceux qui l’habitaient par l’état de la bibliothèque, ou du moins par l’estime qu’on y faisait des livres. Pour lui, quand, après avoir quitté sa première abbaye, il énumère à ses anciens religieux les titres qu’il croit avoir à leur reconnaissance, il insiste principalement5 sur l’augmentation de leur bibliothèque procurée par ses soins (fin du xv° siècle) : « Nemo vestrum invenit me otiosum, nemo vidit vel audivit... vagis « discursibus vel spatiationibus... inutiliter occupatum... In testimonium studiorum nos- « trorum voco citoque bibliothecam illam so/emnem quam meis laboribus, studio et impensis « comportavi, non sine vig’ilantia et fatigatione continua; voluminum in ornni varietate (( studiorum non modicam multitudinem congregans..., quorum numerus omnium duo « millia excedit. »