Alcuin, Inscriptiones, t. Il, p
« Ilic sedeant sacræ scribentes famina legis,
« Necnon sanctorum dicta sacrata Patrum;
« Hic interserere caveant sua frivola verbis,
« Frivola nec (ne?) propter erret et ipsa manus.
« Correctosque sibi quærant studiose libelles,
<i Tramite quo recto penna volantis eat. u Est decus egregium sacrorum ( sanctorum ?) scribere libros, n Nec mercede sua scriptor et ipse caret. »
4. Liber ordinis S. Victoris : « Quicumque de fratribus « intra claustrum scriptores sunt, quibus officium scribendi i< ab abbate injunctum est, omnibus iis armarius providere « débet quid scribant, et quæ ad scribendum necessaria « sunt præbere; nec quisquam eorum aliud scribere, quain « ille ’præceperit.... Loca etiain determinata ad ejusmodi (( opus seorsum a conventu, tamen intra claustrum præpa- « randa sunt, ubi sine perturbatione et strepitu scriptores » operi suo quiet i ns intendere possint. Ibi autem sedentes « et opérantes, silentium diligenter servare debent, nec ii extra quoquam otiose vagari. Nemo ad eos intrare débet, « excepto abbate et priore et subpriore, et armario. » Ap. Du Cange, l. c.
Bien d’autres textes ont été réunis, depuis mon premier travail, par E.-G. Vogcl dans une série d’articles sur l'em-
ploi de Y armarius des communautés latines (Serapeum, 1843 ; p. 17-29, 33-43, 49-55); et M. Duffus Hardy est revenu sur cotte question dans son Descriptive catalogue of Materials... t. III, introduction. Mais je n’avais pas affiché la prétention de ne rien laisser à dire, car il ne manquait déjà pas de critiques qui trouvassent mon mémoire trop escorté de pièces justificatives.
5. Martène, Thésaurus anecdotor., t. III, 1291-92; et Mabillon, op. c., X. De là vient que le mot scriptorium finit par signaler un lieu retiré et solitaire. Témoin ce passage de la chronique d’un monastère du Brabant (ap. Martène, l. c.). « Quum autem desiit (Arnulphus) abbatizare, adeptus « est scriptorium quod est in auditorio prioris... In scripte torio continue laborabat, aut legendo, aut orando, aut « meditando, aut confessiones audiendo. »
De même on désigna souvent par ce nom de scriptorium une pièce que se réservaient certains abbés, usage proscrit par les statuts des cisterciens. Cf. Martène, Thésaurus, t. IV, p. 1335.
6. Trithem., Chronic. Hirsaug. ad A. 1070. — Cancellieri, Dissert.... sopra Cristoforo Colombo... e Giov. Gersen, p. 305
Veut-on savoir, à peu-près, de quoi se composait le mobilier indispensable d’un antiquarius ? Cf. supra , p. 72. On a pu en trouver quelque specimen à propos des Évangélistes, dans nos Nouveaux Mélanges: supra, h. t., p. 51 ; et t. II, pl. u, pl. ni ; et p. 88, 99, etc. Voici ce qu’exigeaient les coutumes de la Chartreuse, où l'on ne tenait pas à s’éloigner d'une simplicité presque sévère (Cf. Tromby, Storia... del patriarca san Brunone , etc., t. Vlll , p. 269) : « Ad scribendum. .. scriptorium, pennas, cretam, pumiees duos, cornua duo,
BIBLIOTHEQUES DU MOYEN AGE
dans les monastères du pays , fournissant toujours de livres ceux qu’il envoyait au loin pour former les monastères. Un des douze, plus instruit, présidait au travail des autres, choisissait les ouvrages qu’il fallait copier, et corrig*eait les fautes des copistes. L’historien de l’abbaye ajoute qu'outre ces douze copistes régulièrement occupés à la transcription, plusieurs autres s’y employaient au besoin; mais il semble que, pour l’ordre commun, ce nombre fut consacré par l’usage. Ainsi, à Saint-Martin de Tournav (xi° siècle) : «Si claustrum ingre- « deris, videres plerumque xii monacbos juvenes in catbedris sedentes, et super tabulas « diligenter et artifîciose compositas cum silentio scribentes, etc. b » A Fulde, douze moines encore occupés au même office2. Ce nombre assez généralement adopté, ce semble, nous montre que les grandes abbayes avaient plus de ressources que la bibliothèque même de Constantinople, sous les empereurs du iv° siècle, puisque Valens3 n’y entretenait que sept copistes : quatre grecs et trois latins.
Certains faits donneraient à penser d’abord que cet office était le partage des jeunes gens4; mais on ne voit pas que cette mesure ait été générale, et plusieurs ordonnances prescrivent5 au contraire que les livres les plus importants soient donnés à des copistes d’un âge mûr. Nous voyons d’ailleurs des hommes gTaves, des vieillards , des ahbés s’employer à ce travail. Alcuin y avait été appliqué, comme il le dit lui-même à Charlemagne6, en se plaignant de n’avoir plus à sa disposition les livres dont il s’était servi en Angleterre. Saint Eustase (vne siècle), abbé de Luxeu, ne croyait point déroger à sa dignité en consacrant à la transcription 7 une grande partie de son temps. Le bienheureux Notker le Bègue (ixc siècle), moine de Saint-Gall, homme dont la vertu et les connaissances font honneur à son siècle, consacrait ses moments libres à copier des livres, et continua de le faire jusqu’à la mort, qui ne l’atteignit que dans un âg’e avancé8. Saint Dunstan (xe siècle) corrigeait de sa main les livres, et en peignait les enluminures9. Sigon (xi° siècle), abbé de Saint-Florent-de-Saumur 10 , et Lanfranc, soit avant, soit même pendant son épiscopat", consacraient à ce travail leurs heures de loisir. Saint Pierre Damien dit aux religieux de Fonte Avellana, qu’il a pris soin pour eux de revoir un bon nombre des manuscrits rassem-
scalpellum unum; ad radenda pergamena novaculas sive rasoria duo, punctorium unum, subulam imam, plumbum, regulam ; postem (sic) ad regulandum, tabulas, graphium. »
Ce plumbum pouvait ne pas être du tout ce qui s’appelle aujourd’hui mine de plomb (sans garantie des minéralogistes) ; car, dans ses trouvailles sorties du sable de la Seine, M. A. Forgeais a constaté que le moyen âge employait des crayons en plomb fondu.
1. Narratio restaurationis abbatiæ S. Martini Tornac. ap. D’Achery, Spicil., t. XII.