L. Delisle, le Cabinet des mss...., t. II, p. 239, sv
4. Martène, Thés., m, 498. — Mabillon, De re diplomati'ca, vi. N° 199.
5. Par exemple, Geoffroi, comte d’Anjou, en faveur de Notre-Dame-de-Saintes (1047). Ann. Benedict. ap. Lebeuf, Dissertations, Le. — Bulletin du bibliophile belge, t, IV, p. 85. — Dehaisnes, op. cit., p . 34. — Biblioth. de l'École des chartes, inp série, 1. 1, p. 447, note 3 ; et ve série, t. III, p. 40, sv.; 447.
6. Annal. Bened. ad A. 1145, 1156, etc. ap. Lebeuf, 1. c. Cf. Hist. littéraire de la France, t. IX, p. 140. — Même chose pour Fleury-sur-Loire, au xne siècle. Cf. Serapeum, 1844, p. 23 — 25.
BIBLIOTHÈQUES DU MOYEN AGE
l’augmentation de la bibliotliecjue, le gctrdiun des livres disposait de certaines rentes assi g>nées par le couvent et confirmées par le pape (Cf. supra , p. 87j. Il lecevait annuellement dix sous de chacun des grands officiers du monastère, et cinq sous des officiers d’un ordre inférieur; il touchait en outre une rente de trois muids de grains, due par les religieux de Clairfai, et les revenus de la terre de Branlères1.
s voici bien un autre expédient, et qui n’était pas nouveau pourtant au moyen âge. Lebeuf2 raconte qu’un abbé Prémontré des Pays- Bas (xnic siècle), après avoir copié, avec l’aide de son frère, tout ce qu’il avait trouvé dans ses voyages de livres sur les humanités, la théologie et le droit, imagina d’avancer sa tâche en recourant à des religieuses qu’il chargea de lui transcrire différents livres de l’Ecriture sainte et des Saints Pères. Cette idée, d’appliquer à la transcription la dextérité patiente des femmes, n’était point de son invention précisément; car, bien longtemps avant cette époque, Eusèbe3 parlait de jeunes vierges employées comme copistes par les docteurs ecclésiastiques; et la littérature des femmes chrétiennes avait déjà au temps de Tatien4 (n° siècle) allumé la bile des satiriques païens, qui ne savaient par où aborder le christianisme. Au v° siècle, sainte Mélanie la jeune est louée par son biographe 5 pour la célérité, l’exactitude et la beauté de son travail calligraphique. Il est probable qu’ayant fondé plusieurs monastères, elle transmit à ses imitatrices l’estime et la pratique de cet exercice, si toutefois elle ne l’avait pas elle-même emprunté aux communautés qui l’avaient précédée. Du moins voyons-nous depuis lors, presque constamment, des scriptoria en réputation dans les couvents. Sainte Césaire, Césarie ou Gésarine (vic siècle) et ses religieuses avaient acquis en ce genre une renommée6 toute spéciale à leur communauté (le grand monastier d’Arles). Sainte Harnilde (ou Harlinde) et sainte Renilde, abbesse de Maes-Eyck, en Limbourg (ix° siècle), s’occupaient également de transcrire les livres saints7; et saint Boniface8, apôtre de la Germanie, écrivant à une abbesse, la prie de lui faire copier en lettres d’or les épîtres de saint Pierre. Parmi les plus anciens manuscrits de Fulde, une antiquaria, que Schannat soupçonne être la fille ( Rathrucle ) de Rachis, roi des Lombards (vme siècle), termine ainsi son ouvrage : « In honore Domini nostri Jesu Christi, ego Ra- « gyntrudis ordinavi librum istum; quicumque legirit (sic) conj uro per Deum vivum ut pro « me orare dignimini (sic) 9. »