Cf. IDst. lifter, de la France, 1. IX, p
H. On peut! voir encore, par exemple, les Bollandistc:
■InUlct, n. p. 500 et 588, etc.-Rader, Aida saint,, passim.
etc.
92 MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
Radegoncle (vi° siècle) faisait usage dans son monastère1 de Sainte-Croix dont la succession persiste encore aujourd’hui :
« Cujus sunt epulæ quidquid pia régula pangit*
Quidquid Gregorius Basiliusque docent Aut Atlianasius, quod lenis (!) Hilarius edunt,
Quos causæ socios lux tenet una duos.
Quod tonat Ambrosius, Hieronymus alque coruscat,
Sive Augustinus fonte iluente rigat ;
Sedulius dulcis, quod Orosius edit acutus.
His alitur jejuna cibis, etc. »
Que sainte Radegonde connût la langue latine, l’époque où elle vivait suffirait à le faire croire aisément; mais le docte abbé Petit-Radel voudrait2 en outre conclure, de ces vers, que la langue d’Homère lui était bien connue, parce que, dit-il, les Pères grecs n’avaient pas encore été traduits alors. Je n’oserais pas affirmer une telle conclusion sans autres données ; attendu qu’un corps de traduction officielle, pour ainsi dire, ne paraît pas nécessaire pour expliquer comment les noms des Pères grecs trouvent place dans un compliment semblable. Il suffisait que les religieuses de Poitiers possédassent la version de quelques extraits, dans leurs lectionnaires par exemple. Du reste, l’autorité de ce savant est bien de quelque poids dans une question d’histoire littéraire de la France3; et la langue grecque, d’ailleurs, n’était point inconnue du tout parmi nos pères à cette époque '1.
Rède5 raconte que les jeunes filles des grandes familles anglaises étaient souvent envoyées dans les monastères de France : surtout à Chelles, à Faremoutier ou à Jouarre, et aux Andelys, pour y recevoir une éducation digne de leur naissance; et il ne dit point du tout que ces jeunes élèves fussent vouées exclusivement à la virginité.
Sainte Gertrude, abbesse de Nivelle (au vil0 siècle), faisait entreprendre par des gens habiles les voyages de Rome et d’Irlande pour acquérir des livres et attirer en Rrabant les savants d’outre-mer6. Sainte Liobe (Lièbe ou Léobgyte, vi 11e siècle), parente de saint Roniface, lui écrivait en un style fort tolérable 7 pour le temps; et envoyait même à ce grand évêque une
on explique toujours la règle eu langue vulgaire, après qu'elle aura été lue en latin.
Bien plus, le Chapitre général des cisterciens (en t531) défend aux religieuses de leur ordre l'usage d’aucun autre livre que ceux écrits en latin, pour les lectures publiques.... Monialibus injungendo et districte inhibendo « quatenus « nullos , præsertim in refectoriis et collationibus suis, « vernacula lingua libros conscriptos recipiant; sed latinos « tantum et ab ordine institutos legant... etc. » Ap. Marlène, Thésaurus, t. IV, col. 1643, n° 1.
1. Ven. Fortunat., Opp., Romæ, 1780. Part. 1, lib. vin, cap. I.
Pour un pays de langue latine aussi, j'ai cité ailleurs le vieux biographe de sainte Segnorine. Cf. Caractéristiques des SS. dans l'art populaire, p. 327, sv.