‹ Morale des idées-forcesChapitre 15 sur 136 · XXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXIV PREFACE

pourvue de tout élément représentatif ? L'idée est elle- TTiême une virtualité d'action pour l'avenir, une réalité d action pour le présent. Au point de vue psychologique, elle exprime une direction de la volonté sous Tinfluence de la représentation et du sentiment. Au point de vue physiologique, elle exprime Pindissolubilité du changement interne et du changement externe, je ne dis pas leur parallélisme, mais leur solidarité ou leur liaison, que Ton a vainement contestée par des arguments qui ne sont valables que contre Thypothèse de deux mondes parallèles. Au point de vue philosophique, ridée exprime la nature de la véritable activité, qui est la volonté tendant à une pleine conscience de soi et d'aulrui. La volonté ne nous a jamais paru indéterminée, inintelligible. Sa raison est une loi interne d'expansion vers le plus grand bien conscient pour l'individu et pour le tout. Cette loi n'est pas imposée du dehors, mais résulte de la spontanéité même, si bien que la volonté, en prenant la conscience de soi, finit par s'unir à la conscience d'autrui pour constituer l'ordre moral.

IV. — Considérée sous le rapport des relations mutuelles qui relient les sujets conscients, la philosophie des idées-forces apparaît comme une doctrine de l'association libre, conciliée avec les lois du mécanisme organique. Dans la sociologie comme ailleurs, nous avons montré le côté actif des idées, comment elles transforment les relations vitales en relations intelligentes et volontaires, conséquemment contractuelles ou quasi-contractuelles. L'organisme social devient un organisme d'idées-forces et la solidarité vitale devient une solidarité morale. De plus, nous avons fait voir comment la conception psycho-sociologique peut s'étendre au monde entier et permet de s'en former une représentation par analogie (1).

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