RAPPORT DES SUJETS ENTRE EUX
1. — Une fois fondée sur la nature et la valeur de la conscience, la morale des idées-forces aura l'avantage de réconcilier, comme la conscience même, le point de vue individuel et le point de vue social ou même universel. Nous n'accorderons ni que la morale future doive être, en son essence, purement individualiste, ni qu'elle doive être exclusivement sociale. D'une part, la vie raisonnable et rationnelle est la vie universelle, qui ne peut se réaliser pleinement dans l'individu comme tel, mais se réalise dans la société avec d'autres êtres. D'autre part, la vie universelle et vraiment sociale ne peut se réaliser dans une société comme telle sans individus conscients et « raisonnables » pour la concevoir et la vouloir. La morale est donc à la fois psychologique et sociologique. Nous croyons que l'avenir mettra de plus en plus en lumière le côté social'de Tindividu, mais nous admettons en même temps, — sans la moindre contradiction, — que son côté individuel et son côté universel iront en s'accusant. Toutes les vertus ont une valeur pour la société, mais ce qui est vraiment moral dans la moralité sociale, c'est la moralité personnelle, l'intention de procurer le plus grand bien à tous. Justice et charité sociales impliquent donc avant tout sagesse, tempérance et courage individuels ; elles sont moralement