‹ Morale des idées-forcesChapitre 45 sur 136 · LX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LX INTRODUCTION

l'idée morale à Tabri de toute atteinte. En effet, quelle que soit la genèse qu'on adopte comme la plus probable, il demeure toujours certain que Tidée morale existe et qu'elle possède, soit originellement, soit par acquisition à travers les âges, des caractères spécifiques. La morale des idées-forces ne se suspend donc pas à la question des origines incertaines, mais à la question des caractères certains et des effets certains. De quoi ridée morale elle-même est-elle ou peut-elle être l'origine? Voilà le vrai et grand problème. Ce n'est pas la cause de cette idée qui soulève la question la plus importante, mais ce dont cette idée elle-même peut être cause. Nous revenons ainsi au point de vue propre à la morale des idées-forces. Quelque énorme part qu'ait le milieu dans la formation de l'idée morale, l'individu la fait toujours sienne en la concevant, en la comprenant, en l'acceptant comme idée, non pas seulement comme fait extérieur. Or, une fois présente à la pensée, par quelque moyen que se soit produite cette présence, ridée ne reste pas inactive : elle provoque une réaction de l'individu à l'égard des notions qu'il a acquises sur son idéal personnel et sur l'idéal commun à tous. Cette réaction subsiste indépendamment des questions d'origine : elle ne concerne point le passé, mais l'avenir; elle est la force que l'idée peut désormais avoir pour réaliser son objet.

La position particulière que prend ainsi la morale des idées-forces peut s'exprimer dans ces deux propositions : l"" l'origine de l ulée morale est impossible à déterminer complètement et, en con'séquence, ne peut être invoquée contre cette idée ; T l'idée morale est elle-même l'origine de tout un ensemble d'effets qui constitue le vrai domaine de la moralité.

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