LES MÊMES, — PIERROT
(Le père La Pudeur embrasse Colombinc. Pierrot à ce moment sort de sa cachette et sépare le père La Pudeur et Colombine en les prenant par Voreille.)
PIERROT, indignation bruyante Un baiser ! ... En public ! . . . Horreur ! . . . Est-ce permis ?
COLOMBINE, à part Voyons, que va-t-il faire ?
PIERROT, digne, s' avançant vers le père La Pudeur stupéfait Monsieur ! Je suis . . . son frère ! . . .
(Il désigne Colombine.)
Son frère ! . . .
pÈKE LA PUDEUR, H reculc, tremblant
coLOMBiNE, à part Mon frère?... Que dit-il là?
PIERROT, même jeu
Je serai plus féroce encor qu'un Attila !
Mon baiser était pur !.. . Le vûtre est une injure
PÈRE LA PUDEUR, reculaiit encore Mais... j'ignorais... Monsieur Pierrot... je vous le jure !
Ah ! la voilà donc, vieux menteur, Tartuffe ! ta conduite !
Et je la connais, ta pudeur ! . . .
Attends ! vieil hypocrite !
PÈRE LA PUDEUR, à çenotix Monsieur Pierrot ! j'implore mon pardon !...
COLOMBINE, compatissante, à Pierrot Le pauvre vieux ! Il sied sur un chardon ! . . .
PIERROT, faisant un pat
Parce que j'ai bon caractère Et suis un aimable garçon.
Je veux bien, cetttî fois, me taire...
Mais... il faut payer la leçon !...
{À Colombine.)
Ma sœur, je fais grâce à sa frime, A condition, — c'est décent —
Qu'il rachète aussitôt son crime En l'épousant !
0 trahison!...