COLOMBINE. — LE PÈRE LA PUDEUR
{S'avance le père La Pudeur, gracieux, tendant le verre d'eau.)
PÈRE LA PUDEUR
Voici,^ ma délicate fleur, >
La goutte de rosée Qui doit mouiller, ainsi qu'un pleur.
Ta corolle rosée 1 {A part.)
Charmant, ce madrigal I
coLOMBiNE, à part
se kusser courtiser par cet affreux bonhomme !
. . Ah ! bah!.,, ça m'est égal ! . . . me boit)
(liant.)
Mon maître, en vérité, voilà ce que l'on nomme Une galanterie aimable et de bon goût .
PÈRE LA PUDEUR, SuffliaUt
Eh ' je ne manque pas d'un naturel bagout ! Mais un bagout mondain, engendré de finesse...
{Se cambrant.)
. D'ailleurs.. . on a l'esprit, quand on a la jeunesse !....
COLOMBINE
Maître, cela se lit sur tous vos nobles traits !
PÈRE LA PUDEUR
A présent que je me suis mis en frais Et vous ai rapporté le nectar de la source, Puis-jc toucher le. . . (« M caresse le menton)
■' , . . le prix de ma course 1 . .
COLOMBINE, timide.
Maître....
PÈRE LA PUDEUR s'amma«r, et suppliant.
Oh ne me refuse pas !
■ Ce que tu m'as promis !... Par grâce sois fidèle A ta parole ! Pourais-tu taire fi d elle i. . . Charmeuse! Devant tes appas.
Tremblant du désir qui m'affole
Soumis à ton cœur bénévole,
Jïmplore, à genoux, ce baiser !...
Bel ange !.... tu vas me laisser Te le prendre.... Il n'est point en cela de gageure !.. Ce baiser !... Mon baiser!... Parle! je t'en conjure !.
COLOMBINE
Eh bien... prenez-le donc!.... puisque je l'ai promis. (Elle tend la joue.)