L'INTERVENTION EN ESPAGNE
M. Minsscn continue courageusement la trailuclion de ['Histoire du dix-neuvième siérli' depuis les traites de Vienne ' par M. oervinus : il nous donne aujourd'hui le neuvième volume, qui nous paraît offrir un grand at- Irail, car il Iraite de l'invasion française en Espagne en 1S23. Une note nous apprend que M. Gervinus se propose de pousser son travail jusqu'à, la chute de la seconde République française. C'est un plaisir un peu sévère, mais un plaisir pour les bons otprits, de lire, dans le livre d'nn étranger qui se préoccupe uniquement de la vérité de l'histoire, le récit des événements que nous avons vus et que nousavons sentis ; il nous seinhle alors que nous recommençons à vivre la même vie, mais avec une autre âme, plus clairvoyante et moins passionnée.
< Hinoire d'i dix-Ntuàiai siècle depuis Us Iraiifs rft Timor, par G. -G. Gervinus. traduis .],• l'allriiiimd pr J.-T. Minssen. lir.d.^tijr apSp- an h™- Wi-uillrs. pn .<V.-,--,-iir-a<ljciMit à l'École militaire do Saini-Cyr. — Ton» IX. Lacroix, Librgirie internationale.
' Lo dixième volume Tient de paraître : mie partie est consacrée un Mexique, uno uuiro i Bolivar.
C'est bien là le progrés que l'Age doit nous apporter: i! ne doit pas nous désintéresser des choses, mais enlever la part d'injustice que nous mettons dans nos sentiments quand les choses sont présentes, et que nous sommes sous leur coup.
Combien d'émotion a excitée dans son temps l' invasion française en Espagne ! Eli bien 1 que ceux qui ont passé par là consentent à y repasser : ils ont beau tout savoir, ils apprendront encore : ils apprendront l'équitable mesure d'approbation et de blâme qu'il convenait de donner à celte intervention. Rappelons-en les actes principaux. Ferdinand VII détestait la Constitution qu'il avait jurée; il n'était pas besoin que Ton encourageât sa mauvaise volonté ; c'est pourtant ce que faisaient les puissances étrangères réunies à Troppau et à Laybuch; aussi.au moment mémo où se tenait ce dernier Congrès, il se tramait à Madrid une contre-révolution qui fut dénoncée par un ouvrier imprimeur, cl dont on saisit les pièces. Les anarchistes, qui provoquent partout les réactions, étaient sccrcienient excités, et les agents étaient payés pour soulever des troubles ; on vit un individu qui avait jeté des pierres contre la voilure royale recevoir une pension t comme récompense des services rendus par » lui au roi. » Les modérés dans le pays, dans les Corlès et au ministère se sentaient sans force, entre les violents des deux partis extrêmes, ceux de la royauté absolue el de la liberté absolue, ceux iiî château et dessociélés secrètes, les servilet el les exaltés. Pendant ce temps, le clergé, travaillant pour lui-même, se révoltait contre les lois qui limitaient son indépendance. Comme dit un