M UNE CIRCULAIRE DE M. DBRUY
plus lard se réveillent et décident plus d'une fois Je ce que nous sommes. Elle traite un peu trop les enfants en
plus : ee que nous appelons la partie fugitive des choses est souvent la seule qui reste, parce qu'elle produit eu nous un ébranlement qu'un souftle fait renaître. Nous le confesserons à noire honte : nous avons assiste, dans notre enfance et notre jeunesse, ii bien des distributions de prix, où nous avons entendit de Ires-beaux discours, qui nous prodiguaient tes meilleurs conseils: ingrats que nous sommes, nous les avons oubliés, mais l'odeur des chênes cl des lauriers est toujours là qui nous monte à la tête. Nos écoliers de maintenant ne connaîtront pas ces faiblesses : le papier ayant remplacé le laurier el le chfinc, ils oublieront les couronnes et se souviendront des discours.
Nous avons attendu, pour appuyer sur le point faible de l'Université, qu'elle le sentit elle-même et se mit en mesure de se corriger; qu'elle continue hardiment et nous pardonne de l'avertir encore de ce qui peut lui manquer. Elle a une tradition constante : chaque fois qu'elle veut montrer à ses élèves qu'elle les aime, elle créa un nouveau concours ; elle n de temps en temps de lels accès de tendresse; en ce moment même elle est dans une de ces crises. Assurément l'émulation est une bonne chose, elle est un puissant ressort d'éducation ; mais elle n ses inconvénients quand elle est exclusive et trop poussée : elle n'existe guère qu'entre les premiers, el a mesure que les concours s'élèvent les uns au-dessus
choies pourraient servir à corriger ce défaut : ce sent l'intérêt de l'enseignement et l'émulation avec soi-même. L'intérêt île l'enseignement rsl 1res- puissant sur les esprits et sur tous les esprits ; c'est le moyen naturel d'action, que les moyens arliliciels les plus violents ne sauraient remplacer. Nous ne savons pas précisément ce que feront pour les étoiles historiques des collèges les concours établis récemment par V. Du ni}', niais nous doutons qu'ils lassent autant que les [rai lés qu'il a composés ou conliés à d'habiles professeurs. L'intérêt est la vie des classes, la vie universelle. A joutez- y l'émulalion avec soi-même, l'amour-propre et l'honneur, mobiles du progrès. 11 n'y a guère de natures assez médiocres pour que ces mobiles n'y agissent pas quand des maîtres consciencieux s'appliquent ii les exciler, et il n'est rien de mcilleurquo d'habituer les curants à bien faire, sans compter qu'une couronne descendra immédiatement sur leur télé, leur fallûl-il être satisfaits de l'approbation de quelques-uns ou d'un seul; car lorsqu'ils seront des hommes, il leur faudra plus d'une fois être satisfaits du moins et se payer par le témoignage de leur conscience.
Puisque M. Duruy est dans les excellentes dispositions dont sa circulaire témoigne, nous lui présenterons une rciiuéte en faveur des pauvres petits cnfanls des écoles primaires qui, pendant trois heures le malin et pendant trois heures le soir, sont tenus à leur banc immobiles ' .
' Quelques jours ri|>rcs. M. Iliiruy voulait Im-u mcilin.- qu'il l'jiisail Jroit » cMtn roi|iit-tc. tt il iinunliii! nn\ ,'nianis ili's t-tuli-s primaire::
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En conscience, c'est une cruauté. Pourquoi ne pas couper ces longues classes par de courtes récréations, qui détendraient les corps et les esprits? Il y a là une réforme qui doit tenter un homme de cœur. Nous ne disons pas quelle donnera la popularité: dans deux ou trois ans, les enfants s'imagineront que les choses ont toujours été ainsi, ils oublieront sans doute le ministre qui a fait cela e! le vieux professeur qui l'a prié du le faire ; mais celle fois on sera sur qu'on a fait le bien. L'Université est paternelle, on le sait; qu'elle ose être un peu maternelle.
(Septembre 1866.]
mi i|unrt d'heure île R-iTi'iiii.in le mutin et un [[iiarl d'heurs le soir. Je l'en remercie très- virement.
INole de 1868.;