ÉTUDES SUR LA I.1TTÉBATURI-: CONTEMPORAINE
écrivains qui se mettent a exécuter [oule espèce de « va- • riations brillantes sur le premier tiième venu; » il pouvait les railler, car il n'es! pas lie leur école : on sent, il chaque ligne, le sérieux de l'homme pour qui le fond est tout, l'ardeur qui se conlient pour serrer la vérité de plus prés, le goût sévère qui n'esl conlent que lorsque la forme s'applique à l'idée avec justesse. Lisez, comme modèle de sagaeiié dans l'analyse psychologique, Châteaubriand et le congrès de Vérone; lisez aussi, dans l'article sur M. de Sacy, la comparaison qu'il fait entre l'ancienne critique littéraire et la nouvelle; dans l'article sur M. PreYosl-raradol, le passage où il dit ce que c'est que la langue française, ce qu'elle était el ce qu'on en a fait; nous ne résistons pas à prendre, dans l'étude sur madame du Deffand, celle belle page : qui est d'un maitre :
■ L'ennui prend ilps formes diverses. L'fi B e surtout y fait de grandes différences. L'ennui de la jeunesse est celui qui provient
objet, dos efforts confus. L'espèce est là si veste, les rt™ qui descendent dos régions du l'inconnu soûl si brillent», que la réalité en soullre nécessairement. U arrive aussi parfois que 1'adolesceiil n'attend déjà plus rien : il est curumo dûsesiiéré d'avance, comme blasé sans avoir joui encore- l'ennui, dans son âme, n'est autre chose que
lir. A l'en ira) Dément de la lutte a succède une sorte de résifruam froide ou de dtVjiuapwnl dérlaijînnnt. Le succès n'esl pa9 ■ur le plu* digne. L' amour, la gloire
qui est faut 1 ? ] J 'cïri''rienrf E:iis.sc- 1- c!9<? un j>r:m.ipe debout'.' C'est ainsi que l'Iionuur, parvenu nu milieu de la vin. la mesure une dernière fois u l'échcllu de l'idéal, lit ne peut réprimer un sourire d'amertume en comparai]', le rive de sa jeunesse avec l'eïpérieneo do sa maturité. Mais déjà les années s'ajoutent aux anodes. Les ombres s'allongent sur la plaine. Noua pouvons compter ce qu'il nous ruais de jours. La vie n'est plu? devant nous, elle est déjà derrière. Le terme en est trop rappuidiê puur pcnnellfe envnre de ces illusions d'optique qui lu faisaient fuir dans- un lnintam iucomuLeusuraljle. Nous ™ enilirufsons le cours. Nous en louchons ta lin. C'est dire que nous u'avuus pins rien ,i lui demander. iClli- est vide, nous le savons, et elle ne lo serait point pur elle-même, qu'elle le serait pour nous. Il vaudrait la peine de vivre, que nous ne sommes plus à temps pour le foire. I. ennui de la vieillesse, c'est le sentiment que rien n'est réel, parce que rien ne dure. C'est le retour que l'ait le néant sur lui-même en s' avouant sa propre vanité. ■
Mêliez sous l'écrivain une raison vigoureuse etsouple, (|ui est à l'aise dans la métaphjsique, se reconnaît dans les abstractions d'Hegel el saisil sans effort les délicatesses de la morale et de la littérature; metlez aussi beaucoup d'esprit, quand il lui plait d'en avoir, et il n'en a qu'où il convient ; une érudition Irès-sùre, qui lui a permis de relever à l'occasion bien des fautes et de pas donner prise sur lui ; en liisluire religieuse, une compétence très-rare dans ce pajs; sur toutes les questions une critique Ires-ferme, sans engagements ni ménagements et singulièrement pénétrante; puis, avec celle critique souvent terrible, de touchants mouvements d'une ame !i