‹ Morale et politiqueChapitre 75 sur 113 · ÉTUDES STB LA LITTÉRATURE CONTEMPORAIN B · texte numérisé non relu

ÉTUDES STB LA LITTÉRATURE CONTEMPORAIN B

qui les âpres plaisirs de la science ne suffisent point. Ces diverses qualités ont attire à la parole île H. Sclierer une considération qui était très- légitime, quand même il ne s'y serait pas joint celle qui s'attache a la personne.

l es circonstances aussi lui ont élé favorables : il e-t venu a propos, au moment où la critique s'introduit en France et a encore toute sa saveur. On parle beaucoup <le la critique dans notre temps; quelques-uns même sont prels à croire qu'elle y est née. Us se trompent : la critique n'est pas nouvelle; ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on a eu l'idée de vérifier des faits, d'examiner lu réalité et la valeur des témoignages: l'érudition française, pour ne parler que de celle-là, ne nous a pas attendus pour faire se> preuves en ce genre; mais ce qui est vrai, c'est qu'après Kant, Wolf cl les exégètes allemands, la critique ne pouvait pas être ce qu'elle était avant eux. Elle avait osé mettre en doute la véracité de l'esprit lutmain, l'unité de ['Iliade et l'existence d'Homère, nier l'authenticité do pal lies considérables de l'Ancien et du Nouveau Testament, enlever à Moïse des livres qu'on lui attribue, défaire et refaire la vie de Jésus; pour appnjer ces audaces, elle avait employé la méthode d'examen à toute rigueur. A vrai dire, elle n'a été entièrement elle-même que lorsqu'elle a pris son entière liberté; au point où elle est malmenant, on peut la définir un instrument de précision qui s'applique à tout. On comprend la curiosité que ses travaux excitent et l'autorité qu'ils obtiennent; quelque opinion que l'on doive se for-

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