MÉMOIRES D'UNE ENFANT
Lorsque, il j a onze ans, Jl. Michciel publia cet aimable petit chef-d'œuvre, i'Oiseau, il expliqua, dans une préface, commenl il avait eié conduit à l'élude de la nature, et comment ce livre était ;ié; il disait : « Ce que * je publie aujourd'hui est sorti en Li ère m en l de la fa- » mille et du foyer, c'est de mes lieurcs de repos, des » con'ersalions de l'après-midi, des lectures d'hiver, b des causeries d'été que ce livre | eu il peu est éclos, si » c'est un livre. LVux personnes laborieuses, uulurellé- » ment réunies après la journée de travail, niellaient en- > semble leur récolte et se refaisaient le cœur pur te der- » nier repus du soir. » De ce collaborateur que l'on de-
1 Uéaniru i'"«t Enfant, par M 1 "" .1. Michckt. un vnlnmi* in-U. Hicliella.
Wmr MIC H El, ET :i>7
ïinaii, !a préface elle livre donnaient un certain nombre de pages remarquables, qui annonçaient celles qui paraisse ni aujourd'hui.
ix'ous sommes dans l'intérieur d'une famille. La mère esl une Anglaise de la Louisiane, transportée à regret à Montauban, gardant un certain faible pour ceux de ses enfants qui lui rappellent son pajs, personne de solides qualités, niais sérieuse el sévère; le père est un Français du Midi, homme d'imagination et de sentiment, l'esprit cl le cœur ouvert, comme on est dans ces contrées. L'enfant, intimidée par L'altitude de sa mùrc, se porte vers son père, en qui elle devine une nature plus semblable à la =ienne, el s'attache à lui de tuute la force d'une affection ailleurs refoulée. Mais là même elle n'a que des contentements incomplets, parce que ce père ne voudrait pas prendre pour lui seul une affection qui devrait être pour deux, et craint, s'il s'abandonne, d'exciter encore une sensibilité si vive. Il circule donc à traversées .Mémoires un petit drame. Le fond est délicatement indiqué, Iïs incidents se détachent nettement-
Efl général, nous n'avons que de rares et vagues souvenirs de notre premier âge. Dans une lettre récemment publiée 1 , Lamennais raconte qu'il perdit sa mère à l'âge de cinq ans. Il n'en avait gar dé que deux souvenirs : il se rappelait l'avoir vue réciter son chapelet et jouer du violon. Nous sommes loin de là avec Mme Micbelct. Son livre est un singulier exemple delà force de la m.é-
1 Œiiriyi iuMites ■!<■ Ui.ir.i,t,iu , pitliliciM par R. Blaiïo. Corrnspondence, Hem vol. in-fi". llcntu.
J4S MKM01RB5 D'UNE ENFANT
moire cl de l'observation personnelle. Disons mieux. Les faits ne se conservent dans notre esprit qu'à condition d'y avoir marqué une profonde empreinte, et la profondeur rie celle empreinte est déterminée par ce que sont les esprits : il v en a que les événements effleurent, comme un sable léger; il y en a où lout se grave el reste, comme ces papiers sensibles, que la lumière peint. Nous ignorons les changements qu'ont pu apporter chez une enfant les années qui suivent celles où les Mémoires s'arrêtent : Mme Michèle! ne nous l'apprend pas; mais l'enfant dont elle retrace les souvenirs était évidemment une nature d'exception, de la plus vive sensibiliié. Un observateur pénétrant disait à une femme d'un grand cœur, que son ardeur a consumée 1 : « Voire > amitié ressemble à l'amour des autres. » C'esl ici la nature féminine, avec son louchant excès. Dans de telles ames, où l'amitié ressemble à l'amour, l'amour ressemble à l'adoration, et tons les sentiments sont d'un ton au-dessus des sentiments ordinaires; l'instrument est monté si haut qu'on est partagé entre le plaisir d'écouler ces étranges vibrations et la crainte que cet effort ne le brise. On éprouve la même impression en lisant les Mémoires d'une Enfant, par Mme l'ichelel : ils racontent la passion d'une enfant pour son pére, les bonheurs, les i bagri us qiti' celle passion se fait h elle-même, !■! hi dure épreuve de l'absence et de la mort. II y a aisément dans la dévotion du raffinement et de l'enfantillage ; il y en a dans U dévotion de notre petite Mlle à
1 Je parle d'un» regrellible amla, madame Ferdinand Picard, un nom inconnu 'lu cinmde. connu des pauvres.
Mi.:- MICKM.ET 349
son père; la langue qui l'exprime esl d'ailleurs une langue qui se subtilise, pour rendre les sublililés de la pensée; le lecteur pourra donc être élonné quelquefois; mais, en somme, il sort de ces pages l'idée d'une jeune àme qui a besoin d'aimer et qui s'essaie sur tout ce qu'elle louclie, Heurs, animaux, jeune frère confié à ses soins, amie d'un moment, poupée qu'elle fabrique et anime en idée, sauf à se concentrer dans une passion exclusive qui ne devait plus la quitter.
L'enfant ne se |>asse pas impunément de caresses- De ceux à qui elles manquent, les meilleurs souffrent et se replient sur eux-mêmes ou se jettenl ailleurs avec une ardeur fébrile, ics autres désapprennent d'aimer. Les caresses n'excluent pas la discipline : elles la tempèrent, elles luiôtent son visage farouclie; il est si doux, quand on entre dans le monde, d'y rencontrer la bonlé! Un s|wctacle odieux est celui d'une maison où les enfants commandent et les parents obéissent; mais quand chaenn esl à sa place, quand la raison a l'autorité, encore faut-il que l'autoriié soit raisonnable. Que les parents maintiennent donc le respect qui leur est dû, qu'ils aient constamment en vue d'oblcnir le travail et le bon caractère, qu'ils ne prétendent pas les obtenir en un jour et pardonnent beaucoup à la légèreté de l'âge ; s'ils ne renconlrent pas dans leurs enfants d'autre résistance que celle-là, de grâce, qu'ils ne refoulent pas celle joie qui déborde. Prévoir que leurs enfants auront à traverser les temps difficiles el commencer par leur imposer des chagrins, pour les préparer à ceux qui doivent venir, c'est vraiment trop de prévoyance el de tendresse;
SBC MEMOIRES D'UNK ENFANT
autant vaudrait leur dire : « No riez pas maintenant, car » vons pleurerez plus tnrd. » Qu'ils ne soient pas si sévères, la vie le sera assee ; d'ailleurs, quand viendra l'Épreuve, il viendra aussi la force qui fail qu'on la supporte, et uae partie de cette force sera le souvenir des bonnes années passées dans la fumille, comme nn rayon de soleil dans l'existence assombrie, comme une douce chaleur au cœur. D'autres parents pèrbont par un nuire défaut; ils aiment tant leurs enfants qu'ils ne lessfivreal jamais : ils pensent pour eux, ils veulent pour eux, ils agissent pour eux ; il ne leur vient pas a l'idée que ces enfants ont grandi depuis qu'ils sont nés. et qu'il faudra bien qu'un jour ou l'autre ils marchent seuls, qu'ils seront nn jour des hommes ou des femmes, que pour apprendre à agir il n\>l rien de le! que d'agir soi-même, et que le meilleur apprentissage de la liberté est la liliertê. Il y a surtout en France de ces affections tjranniques qui, tourmentées par leurs excès, exigent une reconnaissance qui y soit proportionnée, et ne se croient jamais assez payées de ceux qui en souffrent.
L'enfant dont nous avons ici les Mémoires fut contrainte dans ses sentiments et libre dans ses actions; celle liberis.quilui a été bonne, aélébonneaussi pour le livre, dont elle varie heureusement le (on. Nous sommes jetés en pleine vie de campagne, non de campagne d'agrément, à laquelle on n'ose pas touclicr.mais de véritable ferme, où il va à s'occuper toujours. Quoique l'auteur ailun vif sentiment delà nature, elle n eu le tact de ne pas trop le montrer ici. 06 il s'agit des souvenirs d'un âge qui ne voit guère dans la natnrequelebeauou le mauvais temps, qui
Mme MICHELE? 3S1
favorise ou conlraric ses plaisirs ; en revanche, on nous Jonne (l'attachantes peintures Je la vie rustique, charmanie pour les enfants, qui aiment tant à agir el a agir comme des hommes. Aux premiers mois du printemps et de l'été, c'est le soin des vers a soie, c'e?tlacueillelte des feuilles de mûrier dés le lever du soleil :
■ Le ciel n'était pas toujours pour nous. Lorsque, après l'autan, le coté du midi se chargeait, il fallait prévoir. Que ferait-on si l'eau tombait sans écleircies? Le ver à soie meurt sur la feuille trop humide. ■ Enfanta, courei. ramassez au plus vite. ■ Mes frères, souples e: agiles, en doui bonds étaient aux arbres. Un déluge de feuilles m'inondait. Je ramasBoîs les sacs et les corbeilles. Rien de plus émouvant que ce travail sous l'orage. V» u-mpête encore suspendue nous électri.nit. nous mettait rions Plme je ne sais quelle vaillance téméraire qui Tait tout braver. Quand tombaient les premières gouUea de pluie, nous rentrions riches de vivres cl de joie. Une montagne de verdure était là toute prêta pour nos allumés. ■
En juillet In moisson :
■ Au clair île lune la jjerliière commence. C'est là le monument du paysan et son orgueil. Il faut que l'édifice, snlide de ùase. monte, s'il se peut, a la cime des arbres, et qu'on le voie do loin se détacher sur le ciel. Un enfant seul a le droit de le couronner, de poser la derniers gerlio. Soutenu dans l'air, il semhle l'ange qni fait descendre sur la moisson la bénédiction de Dieu. •
En septembre, la récolle des fruits, des figues, des poires d'hiver, des gros raisins noirs qu'on fait sécher sur lés claies, laconfection du raisiné et lachasseaux champignons embaumés. En octobre, on gaukil les noix, on ramassait les feuilles sèclics pour faire on bon terreau, on recueillait et on faisait sécher lis graines; on dé-
iittï MÉMOIRES D'UNE KNFANT
pouillait le maïs, on récoltait le miel. N'oublions pas les longues courses :
dm. A la fin île ce beau rouis, la campa jin.' sYsiveliippe dï silenci et de mélancolie. Les feuille* I huIhtjI, non île froid, mais des fatigues d'un loua La terre vient de recevoir les pluies lourdes cl chaudes de l'équinoxe.
■ On voit errer sur le? pris, le long des ruisseaux, des l>rumei indécises. Quand le soleil n'a plus esseï de force pour les élever au matin, elles se concentrent eu brouillards sur notre vallon. Nous nous échappions, heureux de nager, presque invisibles à nous-mêmes, dan> cette mer de blanches vapeurs. Que restait-il du monde'?... A peine quelrjues lils de la Vierge et le bruit de nos pas. Vers midi, tout changeait. Un vif rayon |i''r',<ul IV-jiaif rideau. Le soleil, de tel entassement de nuage» se ioisuil une jointe, fuis, lunl cédait, partout le ciel bleu, une douce lumière, et dans l'air le calme, le repos du som-
Pendant ce lemps, le paysan fait les labours cl les semailles :
■ Le malin, avec joie, nous regardions fumer le champ sous les pas des grands bœufs. Vers la soir, aux derniers rayons, nous suivions l'ombre immense do la vieille merc jclunl le groin sur le sillon. Elle ne nous voyait pas, allait, venait, comme un esprit. Son geste grave, plein de grandeur, faisait abandon ù la destinée. 11 semblait dire n la terre : ■ Recois, je lu lo livre. ■
La campagne n'a pas seulement ses tableaux, qui allaclient si fortement, elle a aussi chants qui l'aniinent, clianls naïfs, d'une inspiration simple el touchante. Mme ïliclielet en a recueilli quelques-uns, avec les paroles qu'ils accompagnent; l'un d'eux, la chanson de l'agnel, a fourni l'air d'un cantique que loul le monde
connaît; nous avons entendu la farandole sur les muselles; la chanson du laboureur est grave, rêveuse; le chant de l'épousée est d'une grande beauté.
Un autre caractère de la v ie rustique est qu'on y est en vie commune avecles animaux. On a ici un échantillon de la création. Voici, chez la nourrice, ta vache et l'àne; à la maison, les chiens de toute sorte, parmi lesquels le sauvage Tombo, et Muquo, le souffre-douleur, les dissent chats, de divers caractères et de diverses fourrures, les lapins, les poules, les pigeons, les colombes, la pie effrontée, les oiseaux qui entrent familièrement dans la maison, le moineau franc, qui ne croit pas aux manne- . quins et les pille. Nous ne connaissons plus cela. Enfermés dans les villes, comme nous sommes, nous connaissons de moins en moins celle vie commune avec les animaux. Chaque maison qui se hiltit, comptez qu'elle leur sera interdite par les concierges impitoyables ; les chiens et les chats spnl proscrits; les oiseaux, encore tolérés, deviennent rares, à mesure que l'espace où nous logeons diminue; nous en sommes réduits à conlempler les allées cl venues, le bâillement cl l'œil fixe du s tupi de poisson dans son bocal. Les brames vont bien loin dans leur respect des animaux, el il fallait être saint François d'Assise pour appeler le loup « mon frère ; s mais, sans aller jusque là, et essayer ce dangereux commerce, on ne peut se défendre de voir que les animaux ont de l'instinct, de l'intelligence, du sentiment, qu'ils nous entendent, nous parlent et nous répondent, qu'ils ont donc une certaine parenté avec nous, sans que nous puissions deviner le mystère qui, en leur donnant ce qu'ils ont, leur a
SGt MÉMOIRES D'UNB ENFANT
imposé la limite fatale. Ce qui est assuré, c'est qu'ils souffrent, el la souffrance excite la pitié. La nécessité, l'habitude nous endurcissent contre elle, mais il a fallu un effort pour la vaincre, et elle revient aisément.
Hasarderons-nous un souvenir qui fera rire les chasseurs en ce moment déchaînés? C'est celui d'un ami de notre jeunesse. Chasseur médiocre, réduit aux pciils oiseaux, qui chantent ou lissent leurs plumes dans les feuilles, les attendant quelquefois avec un livre, au pied de l'arbre, lorsqu'ils ne tombaient pas morts, et cela lui est arrivé souvent, il lui fallait les clou (Ter de ses mains; jamais il ne put voir de sang-froid leur épouvante, sentir le frémissement de leurs membres et le battement de leur cœur; ne pouvant jiourtant pas emmener quelqu'un pour achever les oiswu\ qu'il avait blessés, il renonça de bonne heure à un plaisir qui ne valait pas le mal qu'il faisait à de pauvres créatures. \ous avons vu encore quelqu'un que l'on mettait au déli de tirer une hirondelle; il tira, elle tomba à ses pieds ; elle n'était pas morte ; il ne pouvait se consoler de l'avoir blessée; il la baignait dans l'eau fraîche, la déposait dans un nid de mousse, tant il est vrai qu'il v a en nous un fonds de sympathie pour ces vies innocentes.
Les Mémoires d'une Enfant se terminent par une vive et attachante biographie du père à qui ils sont dédiés ou plutôt consacrés à toutes les pages. La main tremble, la plume paraît lente el impuissante quand on essaie de rendre sur le papier les traits que l'on porte présents au dedans de soi : on craint de trahir ceux qu'on a voulu servir, et on n'achève pas sans un grand courage.
Mme Uicbelel l'a eu : elle a aimé son pere, elle a montré combien il était digne d'être aime ; elle lui a consacré un livre qui, de sentiment et de langue, est quelquefois trop subtil, mais peut être corrigé aisément el fera durer la mémoire d'un homme qui méritait bien de n'être pas oublié.
Chers absents, dont le souvenir est à la fois notre lotiraient et notre joie, vous nous voyez sans doute, mais vous voyez plus loin que nous, qui sommes absorbés par l'heure présente; vous nous voyez sortir de toutes ces épreuves que nous croyons éternelles, entrer dans votre société et dans voire repos ; vous souriez à nos chagrins, comme nous sourions aux grands chagrins des petits enfants; pour nous, quand nous souffrons, nous sommes eonlenis que vous no soyez pas là, alin que nos douleurs vous soient épargnées; mais notre regret se réveille plus amer lorsqu'il nous arrive quelque grand bonheur, parce que nous vous cherchons vainement pour vous le dire et que nous ne pouvons en jouir sans vous.
(Janvier 1867.)
LA PRESSE DANS LES DÉPARTEMENTS EN janvier 1867
Au moment où se prépare une loi sur 1j presse, nous croyons utile de publier l'élude suivante, destinée à montrer quel est le vrai mal qu'il faut guérir. Si la loi répond à nos espérances, cet écrit restera comme le léraoiu d'un étal de choses disparu.
On lit dans V E.rpose ila In situation de l'Empire, présenté aa Sénat et au Corps législatif en janvier 1868 : « Le nombre des journaux politiques était do 330, dont » 63 imprimés à Paris et 26" imprimés dans les déparb lements. Dans le cours de l'année (865-1866, le gou- » reniement a accordé les autorisations pour ta création » de nouvelles feuilles politiques, dotii 2 ù Paris et en » province, j 11 nous a semblé curieux de rechercher quels sont ces journaux de départements, à quelles opinions ils appartiennent et comment ils se répartissent à la surface de la France. Nous aurions craint d'être indiscret en demandant cela à l'administration, et nous avons
dû nous livrer à une enquête assez longue et difficile, dont nous donnons ici les principaux résultats.
Nous appellerons go nv crue me nia ux les journaux d'une cerlaine catégorie, pour marquer simplement l'altilude prise, sans marquer les causes qui l'ont fait prendre. Noussavonsqueces causes sont diverses. Il y a des journaux qui appartiennent entièrement a l'administration; d'autres appartiennent à des amis dévoues du gouvernement et sont moins i.ombreux, car le dévouement vrai est toujours rare, il est toujours un peu indépendant et parfois incommode; d'antres enoire. malgré la tentation qu'ils en auraient, ne -contrarient jamais l'administration, qui les lient par la faveur et la crainte ; par la faveur des annonces judiciaires et la crainte des désagréments qui peuvent tomber sur une feuille indépendante, en complant parmi ces désagréments la suspension et la mort.
Nous appellerons les journaux contraires à ceux-là journaux d'opposition. Les appeler indépendants eut été hlesserceux dont nous venons de parler. Nous entendons par Opposition le libre examen appliqué à tous les actes iiu gouvernement; aussi nous aurions du exclure les feuilles qui appartiennent à des partis qui, n'usant qu'un objet en vue, comme certaines feuilles démocratiques ou cléricales, ne sont sensibles que sur ce point, et qui, quand on les contente lu-dessus, livrent le reste; mais il a bien fallu =e départir do cette rigueur, quand leur opposition, quel qu'en fût le motif, a eu quelque mnsislonce. Nous aurions du peut-être aussi ne nommer, dans l 's journaux d'opposiliun vraie, que ceux qui
se son! signalés par leur courage; mais la liste eut été trop vile finie, et nous avons tenu compte même de la bonne volonté. Si, malgré notre désir d'être juste avec tout le momie, nous avons commis quelque erreur, nous ne demandons pas mieux que de la réparer. En ce qui concerne l'Opposition, on comprendra la discrétion qui nous a empêché de noter la couleur et la nuance.
La presse opposante parait exister surlout à la circonférence du pays: suivons-la. Voici ce que nous trouvons : datis le département de la Gironde, la Gironde. te Courrier de la Gironde, avec son annexe le Journal du Peuple, et lu Guienne,qu\ paraissent à Bordeaux; nous avons trouvé dans l'Espérance de Btaye une recommandation du tiers-parti. Dans la Charente-Inférieure, le Courrier de la Rochelle. l'Indépendant delà Charente-Inférieure, ii Sainies; dans les Deux-Sèvres, le Mémorial des Deur-Skre.i, à Niorl ; dans la Vienne, le Courrier de la Vienne et des DtUT-Sèvres, à Poitiers; à Nantes, te Phare de la Loire et l'Espérance du Peuple ; à Angers, l'Union de l'Ouest et son annexe VAmi du Peuple; au Mans, l'Union de la Sartlie et la Chronique de VOuett; dans la Mayenne, l'Indépendant de l'Ouest; dans l'Illeet-Vilaine, le Journal de Rennes; dans le Morbihan, à Vannes, le Courrier de Bretagne; dans le Finislére, l'Uri'im lit l'Impartial de Ouuaper: dans U's Côtes-du-Noril, lu Foi bretonne; dans la Manche, la Vigie de Clicrbourg; dans le Calvados, l'Ordre et la Liberté, de Caen, F Indicateur, de Bayous, et le Normand, de l.tsieux; dans la Seine-Inférieure, le Journal de Rouen, le Journal du Havre et le Journal de l'arrondissement du Havre; dans
LA PRESSE DANS l.KS DÉPABTBHKN1S 3N9
le Nord, l'Écho du Nord, le Propagateur du Nord et du Pae-ds-Calais, à Lille; l'Écho de la frontière, k Valencicnnes, et f 'Émancipa leur, à Cambrai ; à Troyes, l'Aube; dans la Moselle, à Metz, k Courrier de la Moselle, F Indépendant de la Moselle et le Vœu national; à Nancy, la Journal de laMeurlhe et l'Espérance; dans' le Bas-Rhin, le Courrier du Bas-Rhin ; dans l'Yonne, ta Constitution, d'Auxerre, et 1e Se'nonaù; dans ta Côle-d'Or, le Journal de Beaune; dans le Doulis, V Union franc-comtoise, avec son annexe la Feuille hebdomadaire, la Franche-Comté, avec son annexe te Conservateur; dans le Rhône, le Progrès de Lyon et le Salut public. Ajoiiliv. dons le centre, ta France centrale, à illois ; le Mémorial de l'A Hier; dans le Midi, le Journal de Toulmv.^, le Sémaphore et la Gazette du Midi, à Marseille ; dans le Var, le Toulonnais ; à Grenoble, l'Impartial dauphinois; à Chambérv, le journal Irès-cifrical, te Courrier des Alpes. Voilà donc trenteet-un départements dans lesquels nous trouvons environ 56journaux li'op^osilion, en déduisant les annexes, □ i.II reslecinquanle-buit dé[wi tcinenlsqni n'en ont pas, qui n'ont que des journaux gouvernementaux, ou même qui n'ont aucun journal politique*.
1 Reprenant le chiffre général 'In .1cm cent saiiantc-sept jour-
rOcrsf avec fÂmi d„ Peuple; dans, le Doulis, i'f/n/mi f--anieemttiu et ta FrantU-CnnU ont chacune dcui éditions différanlos ; enfin dans lu Morne, où le Cixrntr de la Clamptpu, le Mestoj.-r di la Ckamjmm et VÀbtUli r/mnise snnt irnis formes d'un seul al mCmr journal.