SÎ LÀ PRESSE DANS LKS DÉPARTEMENTS
fois la semaine; six cents habitants de Nnrbonne ont désiré avoir une feuille où ils pussent défendre librement leurs intérêts, feuille peu politique, caria première clause était qu'elle ne représenterait aucune opinion, et les actionnaires étaient de toutes les nuances ; feuillequi devait être nécessairement modérée, car parmi ses actionnaires se trouvaient des conseillère généraux, des conseillers il 'arrondissement, des magistrats, des conseillers municipaux, des commerçants, intéressés à l'ordre ; le directeur, M. Capelie, présentait assez de garanties aux plus exigeants; rien n'y a servi. Dans l'Aisne, à Laon, où il ne subsistait qu'un journal gouvernemental, ce ne sont plus six cents, ce sont six mille personnes qui sollicitent inutilement la création d'une autre feuille, t/adminislration, si avare en fait d'autorisations, se relâche pour elle-même de cette rigueur. Ainsi, depuis quelques mois, elle a autorise, à Besançon, le Courrier franc-comtois et ses deux éditions, un journal absolu ment dévoué, destiné ii combattre la l'ranclie-Comlè, dont le propriétaire. 11. Lutour Du Moulin, a donncquclques mécontentements. Mais ici se présente un nouvel ordre de mesures administratives : entre les journaux qu'on empêche de naître et ceux que l'on lue de mort violente ', il y a la suppression par accident. A Laon, c'est un marché : \a Journal de l'Aisne, feuille d'opposition, se fond dans l'Observateur, journal administratif.
' Voir Martyrologe de la prise «, 1789-iSSi, par A. Germain, un
prias, avec un appendice : les averti ssomenls, suspensions et suppressions encourus depuis 1848 jusqu'à nos jours, par Léon Ying-
Dans les Kasses-Pyrénécs, qui n'ont aujourd'hui qu'un seul journal politique, il y en avait deux autrefois; le gérant du Mexxttger de Dmjoiim- est venu à mourir; le journal a été acheté par M. Portes; mais l'autorisation de le publier lui a été refusée, et le journal du gouvernement est resté seul maître terrain. Ces deux fails suscitent des réflexions assez pénibles ; on se dit à quoi tient CO qui reste de la presse d'Opposition dans plusieurs départements : à un peu d'argent qui lente des propriétaires, à une pleurésie ou a une apoplexie qui frappent les gérants. On peut encore croire que le patriotisme fera assez de progrès pour que les propriétaires soient incorruptibles, mais on ne peut raisonnablement espérer que les gérants deviendront immortels. Puis, il y a des apparitions et des disparitions qui cachent des mystères. C'est l'Indicateur de, Itocheforl, qui cesse d'appartenir à l'Opposition; dans le llas-Kliiu, r Alsacien, journal clérical, parfois libéral, vient, par un événement élrange, de se perdre dans le journal officiel, le Moniteur du Bas-Rhin, qui a échangé son nom contre le nom meilleur d'Impartial du Bas-Rhin. Ainsi, naissance el décès . tout est favorable à l'administration.
Tel est l'état de la presse dans les départements. Celui qui soutiendrait que la presse parisienne suiiit àcouiblerles vides que nous avons signalés, se tromperait. Sans doute, à la rigueur, la presse parisienne, arrivant dans les départements, peut y représenter les diverses opinions politiques; mais elle n'a souvent qu'une influence bien restreinte sur les élections au Corps législatif, surtout de la façon, souvent étrange, dont les