‹ Morale et politiqueChapitre 86 sur 113 · LA PEBSSE DANS LES DÉPARTEMENTS · texte numérisé non relu

LA PEBSSE DANS LES DÉPARTEMENTS

pouvoir qui leur a èlé conféré par lo décret organique sur la presse de 18îiâ. Userait injuslede penser que loul journal doté des annonces judiciaires est ou sera au préfet qui les lui donne : il y a tels journaux d'une importance qui commande celle attribution ; mais ce n'est pas le cas ordinaire : en général, le choix est plus libre, et alors, si on n'est pas par trop naïf, comment s'imaginer que le préfel, qui est un agent politique, oubliera la politique, qu'il partagrra également ses faveurs entre ses amis et ses adversaires ? Comment ne pas voir que la jouissance des annonces est pour la plupart desjournaux use tentation trop forte ? Disons !a chose comme elle esi : les annonces judiciaires sont une subvention déguisée et une corruption décente.

Faut- il en revenir à la loi de 1841 V Celle loi, qui confiait la distribulion des annonces à la magistrature, sacrifiait une bien grande à une Irés-pelitc chose. La juslice, en effet, est une si grande chose, qu'il importe avant tout qu'elle ne soit pas soupçonnée. Or, nous sommes convaincu qu'elle apportait dans celle désignation une entière indépendance et une entière impartialité; mais comment persuader cela aux partis et aux intérêts blessés, et empêcher que le respect qui est du à la magistrature n'en soit atteint ? Séparons absoliimenlla justice de la politique.

La toi qu'on attend sur la presse et qui la fait juger jiar les tribunaux correctionnels, est déjà, pour la magistrature, un présent assez dangereux, et clic ne doit pas être jalouse d'en recevoir d'autres semblables.

Nous concevrons que l'on recule devant le système

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qui admet la liberté absolue des annonces judiciaires et légales, car il s'agit d'assurer la publicité de ces annonces, que des particuliers pourraient avoir intérêt à cacher dans des feuilles sans lecteurs; mais, on cherchera, on trouvera des moyens d'accorder celte publicité avec cette liberté '. Nous ne tenons à aucun système, nous tenons uniquement à voir disparaître un régime qui a tué la presse dans les départements.

Nous avons exposé l'état de la presse des départements et nous l'avons placée dans le régime général de la presse française; nous voudrions maintenant placer la presse française elle-même ;m milieu des opinions diverses qui forment comme le sol où elle croit. Ne feignons pas d'ignorer ce que nous savons, et tachons dédire ce que tout le monde se dit à lui-même. Essayons de faire, sans l'ombre de passion, une rapide statistique des partis.

' Celui-ci par oiempk. Ql voudront, mais que, de lous dans un bulletin spécial; qui bulletins soit déposé à tous los que diiiijue LiLlK'tiii <ît |jijrli']in ri de la préfeoluro. des sous -prcf< département. En ajoutant à c

vasto état de situation, qui lui forait i-osiiiailr.! nu vrai une multitude de fortunes particulières et la fortune du pays. Par ce moyeu très-simple, on aurait les avantages ds la liberté sans ses inconvé-

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Il faudrait d'abord distinguer ceux qui tiennent aux formes du gouvernement cl ceux qui n'y tiennent pas ; les premiers se diviseraient en dynastiques et en républicains. Dans les dynastiques on en trouverait autant qu'il y a eu de dynasties qui nous ont gouvernes. La dynastie actuelle revendique les suffrages exprimés lors de la proclamation de l'Empire et dans les élections survenues depuis ; les autres pariis existent à cûlé de celuilà, avec leur force et leur faiblesse.

Les Oppositions dynastiques uni peu de tidéles, parce ■ que l'attachement personnel ù une famille devient de plus en plus rare; puis il y a à toute restauration des difficultés qui eniperlitnl de l'envisager avec confiance : si des princes sont amenés par l'étranger, ils participent de la haine qui suit l'étranger ; s'ils sont appelés du dedans, encore faut-il ne pas se tromper sur le momenl précis, et, alors même que ce moment serait arrivé, il reste, dans l'exécution, des cliances et un inconnu qui inquiètent. Il y a ici, comme on sait, deux partis. L'un attaché, un peu malgré lui, au dogme du droit divin, qui a Été atilrefois sa fortune, préseule une idée de repos aux peuples tourmentés par les révolutions, mais il a contre lui les esprits qui repoussent les dogmes, et les rancunes qui poursuivent encore l'ancien régime; l'autre a contre lui tous ceux qui ne pardonnent pas à un gouvernement d'être tombé, et le reproche de s'être trop complu dans le jeu du mécanisme parlementaire, en supposant que le pays partagerait cette complaisance et en négligeant des classes qui su sont trouvées plus impatientes qu'on n'avait cru ; mais il recevrait aisé-

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