LA PBESSE DANS LES DEPARTEMENTS
ment les esprits modérés que les régimes excessifs effarouchent. Quant au parti républicain, une expérience malheureuse, encore trop récente, lui a ôté de son prestige; mais il regagnerait de la faveur s'il se trouvait des successions de souverains qui eussent des vues séparées du reste de la nation, s'ils n'avaient rien de plus cher que leur pouvoir, ou si, par leur ambition personnelle, ils troublaient le monde qui voudrait se reposer.
Au premier rang des partis qui ne tiennent pas essentiellement aux formes du gouvernement, nous rencontrons le parti démocratique. Il est extrêmement nombreux, comme on sait. Là sont les amis de la révolution, qui l'aiment surtout pour avoir proclamé l'égalité, pour avoir promis d'élever les plus humbles au niveau des plus hauts. Amis jaloux de la démocratie, ils croient aisément qu'on travaille contre elle, ou qu'on ne fait pas assez vite, et, défiants envers certaines classes qui lui ont été défavorables, ils leur (Itéraient volontiers la liberté, pour leur ôter la liberté de lui nuire. Pour son compte, préoccupé d'empêcher que la révolution ne se ferme avant qu'il soit arrivé à ses fins, sans savoir toujours les moyens d'y arriver, el sans ?e confier suflisamment en sa force pour renverser les obstacles, il ne déteste pas d'avoir un maître, qui soit son œil et sa main.
IL s'est formé depuis un certain nombre d'années deux nouveaux parfis : le parti clérical , qui date de la monarchie de Juillet, el le parti libéral , qui ne fait que naître, ou du moins de prendre conscience de lui-même. Le parti clérical est un peu, dans son genre, ce que le
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parti démocratique csl dans le sien : pour les deux, il s'agit d'un principe gui est le bien par excellence, ici le progrès du catholicisme, la le progrès de la démocralie, el l'on aime les gouvernements a proportion qu'ils procurent ce hien, leur laissant beaucoup de latitude pour le reste. Le parti clérical absolu, dont t'Uniters et le Monde ont été les organes, a découvert sa politique avec une rare naïveté. Le parti libéral est antre. Selon lui, la société repose sur le droit, sur la liberté individuelle, et les gouvernements n'existent que pour assurer ce droit , pour garantir cette liberté. Qu'ils fassent cela et qu'ils s'appellent comme ils voudront : le nom est indifférent. Le parti libéral esl moins un parti qu'il n'est la sagesse de c-liacun d'eux, quand ils se résignent à accorder aux autres la liberté dont ils ont eux-mêmes besoin ; s'ils en étaient à voler, chacun se donnerait la première voix, et donnerait la socondean parti libéral : aussi il est plus nombreux qu'il ne paraît l'être, et il mérite qu'on le prenne en grande
tentent à ses intérêts cl à sn tranquillité, qui craint pour ses intérêts si, sans constiUation préalable, le gouvernement peut prendre quelque grave mesure économique
prits, le gouvernement prépare pour l'avenir quelque éclat funeste.
Nous avons tâché de représenter trés-ex acte ment l'état des partis en France: nous voudrions exprimer de même
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