Î LA PRKSSK DANS LES DEPARTEMENTS
entend encore qu'elle ne veut pas rester immobile, qu'elle veut marcher et que son gouvernement la précède ou la suive ; elle n'est pas révolutionnaire, ou elle l'est de moins en moins, si cela signifie que, tous les quinze ou vingt ans, elle a besoin de descendre dans la rue pour changer le gouvernement, les choses et les hommes. Il y a quatre-vingts ans qu'elle jone à ce jeu, qui n'a plus les charmes de la première nouveauté ; on n'est plus si naïf qu'au début; on commence à le soupçonner : les révolutions ne sont pas la panacée universelle, elles ne donnent pas tout ce qu'elles promettent: elles ne résolvent pas toutes les questions, ne suppriment pas toutes les souffrances, ne réalisent pas tous les progrès; il n'y a de parfaitement sûr que les maux qu'elles produisent; quant aux biens, ils sont douteux et il faut les acheter chèrement ; enfin les intérêts qui se sont si fort développés chez nous depuis quelque temps, le commerce et l'industrie, réclament obstinément le repos, ils repoussent pareillement la guerre et la révolution. Ce que la France demande à lout gouvernement, c'est donc qu'il dure, sachant qu'il ne peut durer que s'il s'adapte à la nation, à ce qu'il j a de plus vrai dans son esprit et son instinct.