‹ Morale et progrèsChapitre 172 sur 199 · CHAPITRE QUATORZIfeME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIfeME

plus d'influence que les idees, et les counaissances grammaticales ou scientifiques, sur la conduite de la plupart des hommes. Mais les bonues lecons, les bonnes maximes, n'ont-elles done pas pour r6sultat d'eveiller et d'entretenir les bons sentiments? Sans dpute trop souvent elles demeurent st6riles ; mais est-ce a dire qu'elles ne produisent jamais une action salutaire sur les Ames? Qu'arriverait-il d'ailleurs si elles etaient supprimees, si I'enfant ne recevait nuUe notion du bien et du mal, sous le prfitexte de la st6rilite de cet enseignement * ?

L'instruction, suivantses methodes et son esprit, suivant ses principes, suivant ceux qui la donnent, suivant qu'elle marche de pair avec Teducation on s'en s6pare, pent etre bonne ou mauvaise, salutaire oupernicieuse, mais jamais insignifiante ; si les bonnes lecons sont steriles, les mauvaises n*ont-elles done pas la plus 6vidente, comme la plus deplorable efficacit^? Ainsi, k aucun point de vue, il n'y a irrelation entre la culture intellectuelleetle sentiment moral , quoique la relation ne soitpas toujours proportionnelle et constante.

1. Stuart MiU n'est nuUement de I'avis d'Herbert Spencer; il est au contraire p6n6tr6, comme nous, du « pouvoir efifrayant » de r^ducation. « L'humanit6, dit-il, serait dans un 6tat d6plorable, si aucun principe, aucun pr6cepte de justice, de v6racit6, de bienfaisance, tt*y 6tait enseign6 aux particuliers et au public. » Essais sur la religion, 2* essai sur I'Utilit^ de la religion.

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D'ailleurs, sur ce grave sujet des dangers d'une fauss^e science, non moins grands que ceux de rignorance , nous pouvons de nouveau invoquer les temoignages de ces amis eclair6s de la d6mocratie et de la republique que d6ja nous avons cil6s. Interrogeons encore Horace Mann.

(c Si les penchants, dit-il, agissent sous Tinfluence des fausses notions que nos institutions, sans une Education sp6ciale, donnent et d^veloppent, s'ils disposent des instruments que confere notre doctrine d'6galite politique, il en resultera une energie pour le mal infiniment plus grande qu'auparavant, activ6e par des stimulants proportionnellement plus forts. Des lors nous aurons k craindre, non les dangers de Tignorance, qui seraient en comparaison tol^rables, mais ceux de la fausse science, que Timagination de Thomme est impuissante a d6crire... Un idiot est ignorant et ne fait que pen de mal ; un fou a des id6es fausses : il d6truit, briile et tue \ »

Ou done en effet sera le frein, si la moralit6 reste en arriere de la culture intellectuelle ^ ? Le frein moral ne devra-t-il pas etre d'autant

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