‹ Morale et progrèsChapitre 174 sur 199 · CHAPITRE QUATORZIfeME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIfeME

plus fort que le trein religieux se sera relach6 davantage dans un grand nombre d'Ames? Sans entrer dans aueune discussion theologique ou religieuse, nous croyons pouvoir dire que Tinfluence des idees religieuses a diminu^, dans les classes 6clair6es et dans le peuple, comme tous en conviennent, non moins les croyants, les pretres et les fideles qui en gemissent comme du plus grand des mans, qui nous afflige, que les libres penseurs qui s'en r6jouissent au contraire comme d*un progres de la raison publique. Que deviendra done la morality dans toutes ces 4mes, oil elle avait les dogmes religieux pour principal, sinon pour unique appui * ? Les philosophes les moins suspects de penchant pour les religions, les plus convaincus de Timpossibilit^ de ranimer la foi ancienne, avouent, non sans tristesse, leurs inquietudes ; ils signalent m^me ce danger comme le plus grand de tous. « La religion, dit M. Vacherot, laisse un vide dans toute society d'ou elle s'est retiree, vide qu'il est urgent de combler sous peine de mort. Notre civilisation

afin qu'un ordre indispensable protege suffisamment le vrai progres social contre Teffort continu d*ambitions mal dig6r6es ligu^es par des conceptions yicieuses. » Philosophic positive^ 58« lecon-

i. (( II est indubitable, a dit Rousseau dans VEmile^ que des motifs^de religion empSchent souvent les homines de mal faire- »

en est la..A Si T^ducation de T^cole ne remplace pas celle de TEglise, qui devient de plus en plus impuissante, e'en est fait du sentiment moral, chez le peuple surtout qui n'a pour guide de ses imp6rieux instincts ni les traditions de famille ni les convenances du monde ; e'en est fait de Tavenir des soei6t6s ijaodernes qui retournent k la barbarie par le chemin d'une civilisation toute materielle. N'oublions pas que sans le christianisme le monde ancien aurait eu sans doute cette destin6e, malgre ses sciences, ses arts, sa litterature, ses monuments, sa belle legislation et sa savante administration imperiale *. »

Voila ]a verite, h I'encontre de Buckle, a I'encontre de tous ceux qui, positivistes ou non, meconnaissent I'influence des id6es morales et religieuses sur les progres de I'humanit^. Est-il done d'un sage, est-il d'un ami veritable de I'humanite, du progres, de la democratic, de vouloir violemment les bannir de I'instruction du peuple et des 6coles?

Empruntons encore au meme philosophe la reponse a cette question : « Tant qu'une soci6t6 n'est pas milre, au moins dans la grande majorit6 de ses membres, pour le male et severe enseignement de la science, les croyances religieuses

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